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Cinquième Suisse


Un réseau pour faire entendre la voix des jeunes Suisses de l’étranger







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Ils ont des exigences communes, mais sont dispersés aux quatre coins du globe. Pour faire valoir leurs revendications, les jeunes Suisses de l’étranger ont déjoué la distance en créant un «parlement en réseau», dont les instruments de travail sont Facebook, skype et le vote par Internet.

Les initiateurs signent la Charte par laquelle ils s’engagent à fonder le Parlement des Jeunes Suisses de l’étranger, le 13 août 2015 à Genève.  (zVg)

Les initiateurs signent la Charte par laquelle ils s’engagent à fonder le Parlement des Jeunes Suisses de l’étranger, le 13 août 2015 à Genève. 

(zVg)

La première résolution du Parlement des jeunes Suisses de l’étranger (PJSE) a été d’élire un comité qui représente leurs intérêts, promeut leurs revendications et coordonne leurs activités. Les nouveaux élus sont au nombre de 13, vivent dans différents pays du globe et ont été choisis sur une liste de 17 candidats.

Le PJSE les a désignés le 18 octobre grâce au vote en ligne. Une date symbolique, puisque c’est le jour même où ont eu lieu les 50es élections fédérales en Suisse. Elle a été choisie pour mettre en évidence le sentiment d’appartenance à la patrie d’origine, explique Davide Wüthrich, l’un des initiateurs de cette démarche et qui fait partie des nouveaux élus au PJSE. 

Le Parlement des Jeunes Suisses de l’étranger (PJSE) est non partisan et ouvert à tous les citoyens helvétiques âgés de 15 à 35 ans qui vivent à l’étranger ou qui ont vécu à l’étranger pendant au moins dix ans.

Selon ses statuts, «l’association s’engage pour les intérêts des jeunes Suisses de l’étranger. Elle a pour but le soutien à la formation politique de ces derniers, ainsi que l’encouragement à leur participation aux processus politiques et à la vie sociale.»

Le comité du PJSE est composé de 13 personnes, élues par les membres du parlement pour un mandat de deux ans.

Chaque personne disposant du droit de vote peut exprimer deux préférences: une pour un candidat de son continent et une pour un candidat d’un autre continent.

En principe, des représentants de tous les continents devraient être représentés au comité. Lors des premières élections, aucun candidat n’a toutefois été trouvé en Asie.

Les 13 jeunes élus le 18 octobre 2015:

Europe: Timothy Foreman, 17 ans, République tchèque, Marie Lingl, 17 ans, France; Guido D’Auria, 21 ans, Italie-Suisse; Davide Wüthrich, 27 ans, Italie-Suisse; Edoardo Trebbi, 22 ans, Italie; Lis Zandberg, 19 an, Pays-Bas; Wanja Kaufmann, 19 ans, Suède.

Amérique du Nord: Samuel Cremieux, 16 ans, Etats-Unis; Michael Valente, 16 ans, Canada.

Amérique du Sud: Laura Derrer, 19 ans, Chili; Francisca Espinoza, 17 ans, Chili.

Afrique: Najib Bourkhis, 20 ans, Tunisie.

Océanie: Ryan Cooper, 19 ans, Australie. 

Un lien fragile qui menace de se rompre. Parmi les jeunes de la Cinquième Suisse, beaucoup ont en effet l’impression de ne pas être suffisamment pris en considération. Les plus de 750 associations de Suisses de l’étranger dans le monde ne répondent pas toujours aux besoins de la jeune génération, qui souvent les désertent.

Réseau sur mesure

L’idée a ainsi germé chez certains jeunes de prendre en mains leur destin et de créer une association qui satisfasse les besoins de leur génération. L’objectif est de créer un réseau qui permette aux jeunes suisses éparpillés dans le monde d’échanger des idées et des informations, de partager des expériences et de réaliser des projets. «Grâce à cette mise en réseau, il est possible d’unir des gens qui très probablement ne se seraient jamais rencontrés», observe Davide Wüthrich.

Ce parlement a naturellement pour objectif de développer des politiques spécifiques à la jeunesse, mais sans étiquettes partisanes. «Nous ne voulons absolument pas que cela devienne une plateforme de propagande pour les partis», souligne Davide Wüthrich. Au contraire, ce parlement permettra aux «jeunes Suisses de l’étranger de se tenir informés sur les modalités de vote et d’être sensibilisés à la démocratie helvétique», affirme ce Suisse d’Italie qui prépare actuellement une thèse de doctorat à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

Organisme géré de manière autonome par les jeunes, le PJSE n’a pas l’intention de s’opposer aux clubs helvétiques et à l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE), mais bien de collaborer étroitement avec ces institutions. «L’objectif est d’avoir notre représentant au Conseil des Suisses de l’étranger», considéré comme le «parlement de la Cinquième Suisse», précise Davide Wüthrich.

L’Italie pour exemple

L’exemple a été donné en Italie, où est né l’année dernière le premier «parlement des jeunes expatriés»: l’Unione Giovani Svizzeri (UGS). «Ils sont vraiment bien organisés, ont des représentants dans toutes les régions d’Italie et font un travail fantastique, avec beaucoup de dévouement, de sérieux et d’enthousiasme», relève Daniel Bijsterbosch, responsable du Service des jeunes de l’OSE.

La qualité de leur travail a également convaincu le Collegamento Svizzero, l’organisme qui réunit tous les cercles helvétiques d’Italie. Ce dernier a non seulement reconnu l’UGS mais également nommé le président des jeunes au sein de son propre comité.

Les résultats obtenus dans la Péninsule ont ensuite incité les jeunes Suisses d’Italie à lancer cette initiative au niveau mondial et également convaincu leurs pairs établis dans d’autres pays de la faisabilité du projet. Le PJSE a ainsi vu le jour au mois d’août de cette année, à l’occasion du Congrès annuel des Suisses de l’étranger qui se tenait à Genève.  

Croissance stimulante

L’une des tâches du comité du PJSE sera de créer des parlements de jeunes dans différents pays. En novembre, c’est la Grande-Bretagne qui tentera l’expérience, suivie du Chili en janvier. Les prémisses semblent prometteuses. Lancé sur Facebook le 17 août avec une quinzaine de membres, le PGSE enregistre une croissance continue des adhésions de jeunes suisses répartis aux quatre coins du globe. Actuellement, le nombre de membres frôle les 300.

La progression constante du nombre de participants est un signal positif qui renforce la motivation des initiateurs du projet et des nouveaux élus, assure Davide Wüthrich. Car une des grandes difficultés est précisément de trouver des jeunes Suisses dans le monde entier.

Facebook et skype permettent aux membres du Parlement et de son comité de communiquer et de se réunir tout en étant très éloignés géographiquement. Mais il est d’abord important que les participants potentiels aient connaissance de l’existence de cette plateforme.

C’est loin d’être évident, reconnaît Davide Wüthrich, qui se veut néanmoins optimiste. Les activités menées en parallèle du PJSE et du parlement dans les différents pays permettront à ses yeux d’accélérer la croissance.

Coopération à domicile également

La clé du succès réside dans la mise en œuvre de «projets durables, non d’actions occasionnelles», souligne pour sa part Daniel Bijsterbosch, qui se dit certain que le comité mènera son travail avec cette philosophie.

Les nouveaux élus n’ont pas perdu de temps avant de retrousser leurs manches. Une délégation prendra part cette fin de semaine aux travaux de la Fédération des parlements des jeunes. A la mosaïque des parlements de jeunes qui existent dans les communes, les régions et les cantons de toute la Suisse s’ajoutera ainsi une composante internationale, qui permettra de faciliter les échanges et de renforcer les relations entre les jeunes générations au pays et à l’étranger. 

 (swissinfo.ch)
(swissinfo.ch)


(Traduction de l'italien: Samuel Jaberg), swissinfo.ch

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