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Cyberdémocratie


Offensive de charme pour le vote électronique genevois







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Depuis 2003, Genève a utilisé avec succès le vote électronique lors de 102 scrutins publics sur des questions locales, cantonales et nationales. (Keystone)

Depuis 2003, Genève a utilisé avec succès le vote électronique lors de 102 scrutins publics sur des questions locales, cantonales et nationales.

(Keystone)

Dans l'espoir de séduire davantage de cantons suisses pour son système de vote électronique, le gouvernement du canton de Genève a lancé une campagne de promotion. La course avec l'autre système développé par la Poste suisse est entrée dans sa deuxième année.

Actuellement, seuls six des 26 cantons suisses proposent le vote en ligne à un nombre limité de leurs citoyens. Le développement du vote électronique a subi un grave revers l'an dernier, après l’abandon par le gouvernement suisse d’un système américain pour des raisons de sécurité.

Depuis lors, l’affaire se résume à une compétition entre deux technologies accréditées par la Confédération: CHvote, un système mis au point par les autorités du canton de Genève et un système développé par la Poste suisse avec l’entreprise espagnole Scytl.

Genève partage déjà sa technologie avec trois autres cantons (Bâle-Ville, Lucerne, Berne), tandis que celle de la Poste a été adoptée par les cantons de Neuchâtel et Fribourg. Au moins trois cantons supplémentaires ont fait part de leur intérêt pour l’introduction du vote électronique.

Pierre Maudet, chef du département de la sécurité et de l'économie du canton de Genève, n'a pas caché que son passage dans la capitale lundi 12 septembre constituait une offensive de charme pour CHvote.

Les autorités genevoises ont invité ce jour-là les parlementaires suisses, des représentants d'autres cantons et les médias pour une présentation de leur système. Des participants qui ont pu tester ce système avec leur propre ordinateur, tablette ou smartphone.

Sécurité, transparence

Les raisons de choisir l’équipement genevois ont été alignées comme un collier de perles par Pierre Maudet et la chancelière de Genève Anja Wyden Guelpa. 

Pierre Maudet et Anja Wyden Guelpa à Berne lundi dernier. (Keystone)

Pierre Maudet et Anja Wyden Guelpa à Berne lundi dernier.

(Keystone)

«Nous offrons le meilleur niveau de sécurité disponible, a déclaré Anja Wyden Guelpa. Notre système est 100% public et 100% suisse.»

Autres arguments avancés: la garantie de transparence du système, une solution qui prend en compte les électeurs ayant une déficience visuelle et l’expérience pionnière de Genève avec 13 ans au compteur.

Pierre Maudet a aussi mis en évidence l’obligation de «vérifiabilité universelle». Cette exigence de sécurité fixée par la Confédération pourra être remplie d'ici fin 2018, grâce un crédit de 4,7 millions de francs suisses que vient d’adopter le parlement de Genève.

Genève prévoit également d'introduire progressivement un système open source: «Les premiers éléments du code de CHvote seront disponibles sur Internet fin 2016. L’entier du code source sera consultable dès 2019.»

«Un haut degré de transparence pourrait aider à décourager les pirates de pénétrer dans le système, a déclaré la Chancelière. L'enjeu relève de la confiance envers les autorités et de la réputation de la Suisse en tant que démocratie. D’autant qu'il y a des votes au niveau local, cantonal et national jusqu'à six fois par an, sans compter les élections.»

Anja Wyden Guelpa n’a pas caché qu’il demeure un risque d’intrusion malgré toutes les précautions de sécurité prises, tout en relevant que le vote par les urnes n’est pas infaillible non plus.

Une concurrence inégale

Les représentants de Genève ont souligné que leurs ambitions sont modestes et qu'ils se battent contre un concurrent tout puissant - La Poste - avec des intérêts principalement commerciaux et davantage de moyens financiers.

«Nous n’avons rien à vendre. Nous sommes intéressés à partager notre technologie avec d'autres», a déclaré Anja Wyden Guelpa. Elle a toutefois reconnu que l’adoption du système par d’autres cantons permettait de répartir une partie des coûts de développement.

Pierre Maudet s’est montré prudent en la matière: «Nous avançons à petits pas. Nous trouverons trois, quatre ou cinq cantons supplémentaires. Peut-être.» Et d’invoquer la situation difficile des finances publiques, ce qui peut empêcher les cantons d'investir dans le vote électronique.

Mais il a fait valoir qu'il pourrait être payant pour un canton de proposer un système de vote en ligne, non seulement pour ses citoyens vivant à l'étranger, mais aussi grâce à la baisse des coûts et la rapidité des opérations de vote, si le vote électronique est introduit à large échelle.

Feu vert pour les Fribourgeois de l'étranger

Le gouvernement suisse l’a autorisé pour tous les scrutins jusqu'à la fin de 2018: les Fribourgeois de l'étranger pourront à nouveau utiliser le vote électronique pour participer aux votations fédérales dès le 27 novembre.

Quelque 4900 électeurs sont concernés. Les scrutins cantonaux ne sont pas soumis à l'autorisation de la Confédération.

Les Fribourgeois résidant hors de Suisse avaient déjà pu voter par Internet aux scrutins fédéraux des années 2010 à 2015. Mais les neuf cantons ayant testé ce système ont décidé en automne 2015 de ne pas poursuivre leurs efforts et de dissoudre leur consortium, d'où la suspension des essais fribourgeois.

Outre Fribourg, les cantons de Zurich, Glaris, Soleure, Schaffhouse, Saint-Gall, l'Argovie, les Grisons et la Thurgovie avaient misé sur un système développé avec la filiale suisse du groupe américain Unisys.

Premier canton du consortium à reprendre les essais, Fribourg a opté pour le modèle neuchâtelois qui utilise un système de La Poste suisse. Il permet à chaque électeur de vérifier si son vote a été correctement transmis. Aux autorités de contrôler la chaîne entière du processus, tout en respectant le secret du vote.

ATS


Traduit de l'anglais par Frédéric Burnand

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