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Politique des médias


Les sénateurs veulent un service public fort



Par Peter Siegenthaler




Pour la ministre de la Communication Doris Leuthard, un média public indépendant est essentiel dans un pays caractérisé par sa démocratie directe et ses nombreux scrutins.  (Keystone)

Pour la ministre de la Communication Doris Leuthard, un média public indépendant est essentiel dans un pays caractérisé par sa démocratie directe et ses nombreux scrutins. 

(Keystone)

La Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) est sous pression. Les éditeurs et surtout les politiciens des partis de droite s'en prennent à son statut de monopole. En juin, le gouvernement avait publié un rapport sur le service public dans l’audio-visuel, qui avait ensuite été critiqué par différents parlementaires. Lundi toutefois, les sénateurs ont soutenu ce rapport. 

Le gouvernement veut grosso modo maintenir le modèle existant. Celui-ci garantit des prestations journalistiques de haute qualité, estime-t-il. Mais son rapport n’est pas parvenu au Conseil des Etats (Sénat) sans critiques. 

Trop peu innovant et trop peu tourné vers l’avenir, ont indiqué Hannes Germann et Werner Hösli. Ces deux sénateurs de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) estiment que le rapport n’apporte pas de réponses aux mutations technologiques. A l’ère de la numérisation, il n’est pas possible de se reposer uniquement sur un média financé par une redevance qui lui évite toute pression financière et lui permet de l’emporter sur tous ses concurrents, a argumenté Werner Hösli. 

Les représentants de l’UDC ont déploré en particulier que le rapport s’attache trop peu à la question de savoir quelles sont les prestations que la SSR – dont swissinfo.ch fait aussi partie – doit impérativement fournir et quelles sont celles qui peuvent être laissées aux médias privés. «Cette discussion doit être menée», a déclaré Hannes Germann. La population, qui paye pour le service public, y a droit. L’UDC souhaiterait ne soutenir avec l’argent de la redevance que les programmes qui ne peuvent pas être fournis par les prestataires privés. 

Hannes Germann et Werner Hösli ont donc demandé que le rapport soit renvoyé au gouvernement, afin qu’il revoie ces points essentiels. 

«Plus de confiance dans les institutions» 

Mais cette proposition a été clairement refusée par la majorité des sénateurs qui ont préféré suivre les arguments de la ministre de la communication. Doris Leuthard leur a notamment déclaré que le modèle actuel a fait ses preuves dans une Suisse qui se caractérise par ses différences culturelles et linguistiques. 

«Nous avons observé plusieurs modèles en Europe. La plupart n’ont qu’une langue. Nous sommes plurilingues et nous avons la démocratie directe, avec de nombreuses votations. Chez nous, l’indépendance est un élément important», a déclaré la ministre en faisant référence à différents pays où la politique intervient plus ou moins dans les médias. Selon elle, un prestataire de service public doit être indépendant, ce qui n’est pas obligatoirement le cas pour des prestataires privés. 

Doris Leuthard a encore souligné que la SSR était ancrée dans toutes les régions linguistiques et qu’elle garantissait une offre de haute qualité. «Des études scientifiques montrent qu’un service public fort garantit une meilleure information des citoyens et davantage de confiance dans les institutions», a-t-elle encore argumenté. 

Meilleur accès pour les jeunes 

Le gouvernement ne sanctifie pas pour autant la SSR. Le service public soit être constamment adapté et amélioré, principalement en ce qui concerne l’accès des jeunes à ses programmes. Mais il faut aussi mettre des limites à la SSR, a reconnu Doris Leuthard. Le montant de la redevance – 1,2 milliard de francs par an – est suffisant pour remplir ses tâches.


(Traduction de l'allemand: Olivier Pauchard)



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