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Système de milice en crise


Un cadeau pour participer à l’assemblée communale? Non merci!



Par Alexander Haus, Philippe E. Rochat, Daniel Kübler, CDA




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Les citoyens suisses se font de plus en plus prier pour participer aux assemblées communales. Que faire pour lutter contre cette tendance? Offrir des cadeaux ne semble pas être la solution, selon une étude du Centre pour la démocratie d’Aarau (CDA).  (RDB/ATP/Hgin)

Les citoyens suisses se font de plus en plus prier pour participer aux assemblées communales. Que faire pour lutter contre cette tendance? Offrir des cadeaux ne semble pas être la solution, selon une étude du Centre pour la démocratie d’Aarau (CDA). 

(RDB/ATP/Hgin)

En Suisse, seul un citoyen sur dix participe encore aux assemblées communales, et la tendance est à la baisse. Les communes se creusent la tête pour amener davantage de personnes à s’impliquer. Une idée serait de les récompenser par un cadeau, mais elle ne passe pas bien du tout, comme le montre notre enquête.

Cet article fait partie du dossier #DearDemocracy, la plateforme pour la démocratie directe de swissinfo.ch.

Offrir des cadeaux n’est pas une mesure appropriée pour soutenir la démocratie directe au niveau local. Il est également contreproductif que des associations incitent activement leurs membres à participer aux assemblées communales. Ce sont deux des résultats surprenants qui se dégagent du premier sondage représentatif des citoyens sur la participation aux assemblées communales, mené à Richterswil, dans le canton de Zurich, par le Centre pour la démocratie d’Aarau (CDA).

Les assembles communales sont-elles encore d’actualité en tant qu’institutions démocratiques? La question se pose de plus en plus. Dans de nombreuses communes suisses, c’est une petite minorité qui décide des affaires du village, et ceci depuis des années. Dès lors, ne serait-il pas légitime d’introduire un peu partout des parlements communaux?

Enquête à Richterswil

L’enquête à Richterswil, sur la rive sud du lac de Zurich, a été menée au début de l’année 2016 dans le cadre d’un travail de Master en Sciences politiques au Centre pour la démocratie d’Aarau (CDA). 5000 citoyennes et citoyens de cette commune de près de 13'000 habitants ont été choisis au hasard et contactés. 1638 ont répondu, ce qui constitue un taux de retour de près de 33%.

Non, estime la majorité des citoyens de Richterswil. Seul un quart des sondés qui prennent régulièrement part à l’assemblée communale et presque un tiers de ceux qui n’y vont pratiquement jamais seraient en faveur d’un parlement communal.

Satisfaction générale quant à la gestion de la commune

Les habitants de Richterswil sont satisfaits de la démocratie dans leur commune et font largement confiance aux autorités communales – indépendamment du fait qu’ils fréquentent ou non l’assemblée communale. Mais il y a néanmoins des différences entre ceux qui y participent et ceux qui s’en tiennent à distance.

Comparés à ces derniers, les citoyens qui participent sont en moyenne plus âgés, habitent la commune depuis plus longtemps et se rendent aussi plus souvent aux urnes. S’agissant du sexe, du niveau de formation, du revenu et des opinions politiques en revanche, on ne note pas de différences significatives entre les deux groupes.

Les sujets, la durée et le jour sont décisifs

Ce qui décide les gens à participer ou non à l’assemblée communale, ce sont avant tout les sujets abordés, la durée de la séance et le jour de la semaine où elle se tient. Plus le week-end approche et plus la disponibilité à se pencher sur des affaires politiques au cours d’une assemblée diminue. La brochure imprimée qui présente les projets est majoritairement appréciée. Par contre, l’idée de la remplacer par une publication en ligne ou par une vidéo sur Youtube ne soulève que peu d’enthousiasme.

Pendant ce temps, certaines communes recourent déjà à des petits cadeaux pour stimuler la participation. Par exemple, la commune argovienne de Sisseln offre aux personnes présentes à l’assemblée un rouleau de sac à ordures (surtaxés), et d’autres communes du canton distribuent des bons d’achat ou invitent à manger. Mais ces cadeaux n’incitent pas les non participants à se rendre à l’assemblée. Et pour les participants, ils ont plutôt un effet déconcertant.

Les non participants se laisseraient plus facilement convaincre par un proche de venir à l’assemblée, tandis que les participants s’y rendent avant tout de leur propre chef.

Pas de panacée

Comment motiver aujourd’hui les citoyennes et les citoyens en général, et les plus jeunes en particulier, à participer à nouveau activement à la vie politique de leur commune? L’étude montre que les possibilités sont limitées.

La transmission du savoir nécessaire à la prise de décision et des débats politiques animés sont plus efficaces que l’activisme sous forme de vidéos ou de distribution de cadeaux. Ainsi, la politique communale pourrait être incorporée dans l’éducation civique en tant qu’illustration pratique, par exemple en collaboration avec les autorités communales ou avec les acteurs politiques locaux et lors de visites de classe dans les assemblées communales.

De plus, il appartient aux autorités des communes et aux acteurs politiques comme les partis et les associations d’éveiller l’intérêt des citoyens pour la politique communale et de leur expliquer les options de décision de telle manière à ce qu’ils les comprennent et puissent se forger une opinion. 

Cet article est paru le 29 septembre 2016 sur DeFacto, la plateforme suisse pour les sciences politiques. 

L’étude complète

Haus, Alexander; Rochat, Philippe E.; Kübler, Daniel: «La participation aux assemblées communales. Résultats d’une enquête représentative sur les citoyens de la commune de Richterswil», Rapports d’enquête du Centre pour la démocratie d’Aarau, No 8, septembre 2016 (en allemand).


Et vous? Participez-vous aux assemblées de votre commune et pourquoi? Votre témoignage nous intéresse.


(Traduction de l’allemand: Marc-André Miserez), swissinfo.ch

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