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#WeAreSwissAbroad «J’ai trouvé ici des opportunités professionnelles plus intéressantes qu’en Suisse»

Mann mit Sonnenbrille vor schneeweisser Moschee

Stephan Buser devant la Grande Mosquée d'Abu Dhabi (Mosquée Sheikh Zayed) en janvier 2017.

(zVg)

Après avoir passé dix ans au Brésil, Stephan Buser et sa famille ont planté il y a peu leur tente aux Émirats Arabes Unis. À Abu Dabi, la capitale qui compte plus d’un million d’habitants, ce Suisse de l’étranger âgé de 45 ans apprécie la coexistence des nombreuses cultures.

swissinfo.ch: Pourquoi avez-vous quitté la Suisse? 

Stephan Buser: J’ai émigré avec ma famille au Brésil en août 2006. Je voulais savoir ce que cela signifiait de vivre et de travailler dans le pays où est née ma femme. Malgré plusieurs voyages antérieurs et une bonne préparation, la vie au Brésil a été pleine de surprises. La culture brésilienne est à juste titre réputée proche de celle de l’Europe occidentale, mais les différences restent importantes. 

Par exemple, ce qu’on dit ne reflète pas toujours ce qu’on pense. On ne dit pas volontiers ‘non’ dans ce pays où on préfère donner une autre réponse qui constitue malgré tout un refus ou une négation. Il faut en faire l’expérience pour le comprendre. 

Nous voulions de toute façon émigrer. Mais nous étions déjà quatre dans la famille et je souhaitais le faire en étant sûr d’avoir un emploi. Je travaillais dans la restauration aérienne mais mon employeur n’avait rien à m’offrir pour le Brésil. 

La recherche d’un job n’a pas été facile malgré ma maîtrise du portugais et mon autorisation de travail. J’ai finalement tout de même eu la chance de pouvoir partir avec un contrat dans la poche. 

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Une sélection de ces photos sera présentée sur notre page Instagram.

(swissinfo.ch)

swissinfo.ch: Vous avez vécu dix ans au Brésil. Quel souvenir gardez-vous de cette période? 

S.B.: Pendant les huit dernières années, j’ai travaillé comme directeur à la Chambre de commerce suisse-brésilienne. J’étais sans cesse en déplacement, entre la Suisse et le Brésil et également à l’intérieur du pays. J’ai beaucoup apprécié. 

Le Brésil a réalisé des progrès économiques considérables, surtout si l’on considère la situation de départ. Dans mon travail pour la chambre de commerce, j’ai pu constater que de nombreuses entreprises suisses envisageaient pour la première fois d’exporter vers ce pays. Les représentants du gouvernement suisse y ont effectué de nombreuses visites. Nous avons à chaque fois pu les saluer dans le cadre de rencontre impliquant la chambre de commerce. Cela montre combien le Brésil est important pour la Suisse. 

J’ai découvert durant cette période l’importance des marchés internationaux pour les entreprises suisses et j’ai pu me faire une idée des interdépendances complexes entre l’économie et la politique. Je suis aussi devenu plus ouvert au monde grâce à une meilleure compréhension de ceux qui pensent autrement. 

Mann in der Bordküche (Galley) eines Flugzeugs

Selfie dans la cuisine d'un A380 d'Etihad Airways au Dubai Air Show en novembre 2017.

(zVg)

swissinfo.ch: Envisagez-vous de retourner en Suisse? 

S.B.: En principe, j’envisage assez bien de revenir une fois en Suisse. Pour le moment, nous avons décidé que les Émirats Arabes Unis seraient notre prochaine étape. On verra ce que l’avenir nous réserve. 

Mann mit Fahrrad auf Radweg vor Wolkenkratzern

En plus des larges boulevards d'Abu Dhabi, des pistes cyclables bien aménagées comme celle de la Corniche-Road vous invitent à pédaler.

(zVg)

swissinfo.ch: Pourquoi avez-vous quitté le Brésil pour les Émirats Arabes Unis? Quelle est la plus grande différence? 

S.B.: Au cours des dernières années au Brésil, j’étais vraiment préoccupé par la sécurité dans les grandes villes telles que São Paulo où nous habitions. Avec le temps, les nouvelles sur les agressions s’accumulaient et plusieurs connaissances ont fait des expériences désagréables. Aux Émirats arabes unis en revanche, je me sens vraiment en sécurité et je peux sortir dans la rue à deux heures du matin sans m’inquiéter. 

Toutefois, je peux dire que ces pays sont tous deux très ouverts à l’égard des étrangers: pour des raisons historiques au Brésil et parce que les étrangers représentent plus de 80% de la population des Émirats Arabes Unis. Les différentes cultures cohabitent et vivent très bien ensemble. 

Ehepaar und zwei Kinder auf zwei Kamelen in der Wüste

La famille Buser en excursion à dos de chameaux dans le désert entre Abu Dhabi et Al Ain, en mars 2017.

(zVg)

swissinfo.ch: Quelles est aujourd’hui votre occupation? 

S.B.: Je travaille comme manager opérationnel dans le catering pour Etihad Airways à l’aéroport d’Abu Dabi. J’ai très bien repris pied dans la restauration aérienne, le secteur où je travaillais avant mon départ de Suisse. J’ai aussi la satisfaction de pouvoir y apporter l’expérience que j’ai acquise dans d’autres domaines. 

C’est l’une des plus grandes entreprises de restauration collective que j’aie vue jusqu’à présent. Dans les périodes de pointe, nous produisons plus de 75'000 repas par jour. Elle emploie 2500 collaborateurs de nationalités très différentes. 

Mann vor Flugzeug

Stephan Buser devant l'entrée d'un A380 d'Etihad Airways en novembre 2017.

(zVg)

swissinfo.ch: Où vivez-vous actuellement et comment y trouvez-vous la cuisine? 

S.B.: Je vis à Abu DabiLien externe, la capitale des Émirats arabes unis. La vie y est très agréable, on trouve tout ce dont on a besoin, il y a différentes plages à proximité et le désert n’est pas loin si vous voulez y faire une excursion. Quand il fait très chaud, on cherche à passer le plus vite possible de l’appartement à la voiture ou du bus au bureau, exactement comme on le fait en Suisse quand il fait froid et humide. 

L’éventail culinaire reflète la composition internationale de la population. D’après ce que j’ai pu constater jusqu’à présent, la cuisine locale est fortement inspirée de celle du Moyen-Orient, mais avec certaines particularités indigènes. Je recommande particulièrement le dessert Oum Ali ou Umm-Ali (mère d’Ali). Il s’agit d’une spécialité originaire d’Égypte à base de pâte feuilletée, de lait, de sucre et de raisins. 

Mann und Fahrrad in Sao Paulo auf einem Fahrradweg im Grünen, weit im Hintergrund Hochhäuser

Stephan Buser en février 2012 sur une piste cyclable à Sao Paulo.

(zVg)

swissinfo.ch: Qu’est-ce qui est plus attractif aux Émirats Arabes Unis qu’en Suisse? 

S.B.: Pour ma part, j’ai trouvé ici des opportunités professionnelles plus intéressantes qu’en Suisse. J’ai aussi l’impression qu’en général on s’accommode ici plus facilement de la nécessité d’accueillir et d’habiter avec des travailleurs étrangers.

Dans le domaine de l’e-gouvernement et de la numérisation, beaucoup de choses sont ici très simples: il suffit souvent de scanner un document et de l’envoyer par mail. Et il est non seulement possible de payer les taxes de stationnement avec un App, mais aussi les amendes routières. 

swissinfo.ch: Avec la distance, que pensez-vous de la Suisse? 

S.B.: Les valeurs suisses restent très importantes pour moi et je me suis efforcé de les conserver durant toutes ces années à l’étranger. Mais j’ai aussi compris qu’il fallait faire un pas vers la culture du pays d’accueil sans quoi on ne s’intègre jamais vraiment.

Je m’intéresse toujours beaucoup à ce qui se passe en Suisse. Lors des discussions sur les relations entre la Suisse et l’étranger, je souhaite parfois que davantage de Suisses aient une expérience de l’étranger de manière à ce qu’ils puissent voir la situation sous un angle différent.

swissinfo.ch: Vous intéressez-vous à la vie politique de votre pays d’accueil? 

S.B.: Bien sûr, je cherche à comprendre ce qui se passe. On trouve ici des médias locaux en anglais qui me permettent de me tenir au courant. En revanche, les questions liées à la politique internationale n’ont pas d’incidence directe sur mon quotidien. Le gouvernement se préoccupe fortement du bien-être de la population et s’efforce de renforcer l’indépendance du pays à l’égard du pétrole et de ses revenus. 

Zwei Männer in Anzügen schütteln sich die Hand

En juin 2011, Stephan Buser (à gauche) a participé au Forum pour les investissements à Sao Paulo avec le gouverneur de l'époque, Geraldo Alckmin (à droite), qui était candidat aux élections présidentielles de 2018.

(Cris Castello Branco/Governo do Estado de SP)

swissinfo.ch: Participez-vous aux élections et aux votations suisses? 

S.B.: Je participe régulièrement aux élections et aux votations, depuis un certain temps grâce au vote électronique qui est évidemment très pratique et rapide – peut-être qu’il sera bientôt possible de voter de cette manière en Suisse même. Pourquoi pas? 

Au début au Brésil, il était parfois impossible de voter par correspondance. Le matériel de vote mettait tant de temps à arriver qu’il était alors trop tard pour le renvoyer à temps en Suisse. 

swissinfo.ch: De la Suisse, qu’est-ce qui vous manque le plus? 

S.B.: D’abord certainement ma famille et mes amis, mais je me réjouis aussi chaque fois que je peux revoir les différentes régions de Suisse. Peut-être qu’une fois ou l’autre, on pourra à nouveau faire un peu de ski ou de la luge. Quant à la nourriture, on trouve ici une quantité étonnante de produits qui viennent de Suisse et d’Europe.

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(Traduction: Olivier Hüther), swissinfo.ch (interview réalisée par écrit)

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