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30. novembre 2009 - 08:17
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Le vote de la peur

L'interdiction des minarets fait bien évidemment les gros titres de la presse nationale.
Légende: L'interdiction des minarets fait bien évidemment les gros titres de la presse nationale. (swissinfo)

La presse suisse de lundi est unanime à dénoncer la décision du peuple d'interdire la construction de minarets. Les éditorialistes estiment que ce vote traduit avant tout un sentiment de peur et de méconnaissance. Ils reprochent aux responsables politiques de ne pas s'être suffisamment engagés pour éviter cette issue.


La lecture des titres de la presse donne immédiatement le ton: les journalistes suisses sont à la fois surpris et insatisfaits du vote de dimanche. C'est ainsi, par exemple, que l'on peut lire «Le oui de la peur» dans la Tribune de Genève ou encore «Le coup de massue» dans Le Temps.


Une peur diffuse

Les éditorialistes n'ont aucun doute sur le fait que la décision des Suisses est fondée sur la «peur», un mot qui revient dans presque tous les commentaires et dans les trois langues nationales.

Il règne une «peur diffuse» de l'islam, juge ainsi la Südostschweiz, pour qui «les initiants sont parvenus à jeter un éclairage sur les côtés sombres de l'islam». Pour le quotidien La Liberté, les Suisses ont été motivés par «des craintes liées à l'islamisation du pays et à un brassage de populations qui va trop vite».

Cette analyse est partagée de l'autre côté des Alpes. C'est ainsi que La Regione Ticino écrit: «Le vote exprime un malaise qui va plus loin que le thème spécifique de la construction des minarets. Il exprime et fait la somme de sentiments d'insécurité et de peur. On y lit la crise d'identité à laquelle sont confrontés aujourd'hui les citoyennes et les citoyens suisses...».

Mais pour certains commentateurs, la peur de l'islam n'explique pas tout. Ce vote peut aussi être perçu comme un vote de protestation contre toutes une série de facteurs: la crise économique, les changements de société, l'affaire Kadhafi et les actions contestées du président de la Confédération pour la résoudre, etc.

«A ces sentiments diffus – de peur envers le fondamentalisme islamique – s'est ajouté ces derniers mois pour les Suisses l'arrogance d'une tyran musulman comme Kadhafi qui retient deux de nos concitoyens en otages et a demandé de rayer la Suisse de la carte du monde», note ainsi le Corriere del Ticino.

Et pour la Tribune de Genève «certains, polytraumatisés de la crise, ont glissé dans l'urne un vote de protestation et de méfiance plus que de haine et de défiance».


Paix des religions

Quoi qu'il en soit, les faits sont bel et bien là; en interdisant la construction de minarets, les Suisses ont choisi de stigmatiser une religion. Or pour les commentateurs, cette attitude ne cadre pas avec la Suisse qui a toujours recherché la paix entre les religions.

Les éditorialistes comprennent d'autant moins cette attitude que les musulmans de Suisse ne sont globalement pas intégristes et qu'ils s'intègrent bien dans la société. «Les musulmans de Suisse ne méritent pas l'injustice de ce vote sanction inspiré par la peur, les fantasmes et l'ignorance», juge ainsi Le Temps.

Pour les commentateurs, cette remise en cause de la paix religieuse pose en tout cas la question de la volonté de former une nation (Willensnation). Pour la Südostschweiz, ce concept doit donc être redéfini, car «les préjugés et une image romantique de soi-même sont plus forts que la réalité».

Un travail donc que les Suisses devront faire. Mais les musulmans ont aussi un effort à fournir. «Ils doivent résoudre leur problème d'image avec une ouverture accrue», juge ainsi le Bund.


Campagne trop timide

On l'a dit, le résultat de dimanche a constitué une surprise pour bon nombre de commentateurs. Cette surprise passée, d'aucuns, surtout en Suisse romande, tentent d'expliquer les raisons de ce vote.

Pour certains éditorialistes, le résultat s'explique par la campagne trop timide du gouvernement, des partis politique ainsi que des milieux économiques et religieux. «On ne les a pas beaucoup entendus», remarque ainsi La Liberté.

Les critiques fusent également dans plusieurs autres journaux romands. «Plutôt que de compter sur l'impossible sagesse populaire, le Conseil fédéral et le Parlement auraient mieux fait de prendre leurs responsabilités et de récuser une telle initiative», écrivent par exemple L'Express et L'Impartial.


Quelles conséquences?

Pour conclure, les éditorialistes s'inquiètent des conséquences possibles de ce vote. Pour l'heure, il n'est pas facile de déterminer qu'elle en sera la nature. Sanctions économiques, problèmes juridiques, voire même attentats?

En revanche, une chose est sûre. Ce vote ne peut que ternir l'image de la Suisse dans le monde. «Sa crédibilité risque de s'écrouler à la faveur d'un coup de gueule, certes de portée symbolique, mais aux conséquences incalculables», estime ainsi Le Temps. Et 24heures de rajouter: «l'interdiction de construire des minarets vient s'ajouter à une liste déjà embarrassante d'affaires économiques et politiques, qui place notre pays en position de faiblesse sur l'échiquier international».

Et, conséquence logique, l'autre chose de certaine, c'est que la Suisse aura désormais beaucoup à faire pour redorer son blason. «Nos diplomates auront beaucoup à faire», conclut la Neue Zürcher Zeitung.

Olivier Pauchard, swissinfo.ch



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glardon georges, France

Si le vote contre les minarets traduit une certaine "islamophobie", effectivement cette attitude me paraît condamnable. Mais si, comme je croyais l'avoir perçu, et apparemment je m'étais "planté", cette position était en grande partie architecturale, je comprends parfaitement le NON qui a été émis par les 52% de citoyens. Je vis en partie au Maroc dans un village qui abrite 2 mosquées. Sincèrement si on me demandait mon accord pour y implanter un clocher je serais contre. Comme je ne vois pas une tour plus ou moins pointue se dresser au milieu de maisons cubiques ocres jaunes et rouges, je ne vois pas un minaret se dresser au milieu de chalets en bois. A moins que les communes aient la possibilité de refuser pour des raisons architecturales l'implantation de ce genre de construction. Mais si c'est le cas il n'était nullement besoin de légiférer là dessus... Si les Suisses ont peur de l'islam, ils devraient se méfier tout autant des religions catholique ou protestante... mais ça c'est une autre histoire.

Razin' , Tunise, -

"Le jour où les Musulmans laisseront les Chrétiens construire leur lieux de culte en terres musulmanes alors peut-etre nous les laisserons construire des minarets en Suisse." cela me chagrine de voir autant d'ignorance arrogante chez certains qui se font des opinions hélas dangereuses sans prendre le soin de vérifier la validité de leurs propos. Je suis de Tunisie, un pays MUSULMAN de 10 millions d'habitants. La communauté chrétienne compte 20.000 personnes environ qui disposent d'une vingtaine d'églises/cathédrales sur le territoire, soit à peu près une pour 1000 personnes. La communauté juive, elle, compte 1500 personnes: 4 ou 5 synagogues. Ma ville: 60.000 habitants, 99% de musulmans, 4 mosquées! Alors quand il s'agit de droits de l'homme, on n'est peut être pas les meilleurs mais entendre des concentrés de propos pareils comme quoi on serait moins tolérants pour les autres religions est tout simplement une aberration inacceptable. Le jour ou il y aura chez moi un référendum pour interdire les croix de david sur les façades des synagogues ou les statues du christ dans les églises, venez donner des leçons aux pays musulmans en matière de liberté de culte. Oh et une dernière chose: c'est triste de voir des suisses comparer leurs pays à des dictatures stupidement bêtes et intégristes en disant: si eux le font, alors nous on peut tout aussi bien le faire..

Nathalie , Suisse, -

Réponse à Mouna "Je suis une femme qui porte le voile j'ai suivi une formation ou j'ai eu la meilleure note, le jour de la remise des attestations aucun Suisse n'est venu me féliciter et on me reprochait toujours d'avoir des 6, il y en a même qui ont arrêté de m'adresser la parole."" Franchement je ne vois pas pourquoi tu ecris ça sur le vote de l'interdiction de la construction de minarets . Selon tes dires : "Les Musulmanes voilées malgré leur niveau d'étude qui dépassent de loin celui de certains Suisses qui n'arrivent même pas à lire une phrase correctement. » N'est ce pas du racisme de dire ça sur des Suisses qui n'ont pas la capacité que tu as toi t'étudier ? As-tu entendu parlé la semaine passé de Silva Kashif jeune soudanaise de 16 ans, de confession CHRETIENNE qui a reçu 50 coups de fouet pour avoir porté une jupe jugée "indécente". AU NON DE LA CHARIA .Elle n'est pas musulmane pourtant ! Elle subit la même chose que les femmes soudanaises Musulmanes. Elles n'ont aucun droit. Quelles pays CHRETIEN, quelles journaux occidentaux a parler de cette affaire en première page en criant au scandale ?AUCUN. Vous avez la chance de vivre dans un pays démocratique .. Avez-vous besoins d'une construction architecturale pour parler à Dieu ? Moi mes plus belles messes sont celle que j'ai fais dehors dans la nature.

mouna , Suisse, -

Vote ou pas!, les Suisses n'ont jamais accépté les musulmans dans leur "terre* ils ont toujours manifesté de la discrimination, de l'intolérance et du mépris à l'égard de cette minorité, ce vote n'a montré que ce qu'ils pensent vraiment malgré les efforts déployés pour les insiter à coahabiter avec les Musulmans, ils restent arrogant et hautain. J'habite à Bienne et j'ai remarqué que le chômage frappe du plein fouet les Musulmans à cause de leur nom arabe, et les Musulmanes voilées malgré leur niveau d'étude qui dépassent de loin celui de certaines suisses qui n'arrivent même pas à lire une phrase correctement. Je demande à la tribune de Genève de réagir pour montrer la discrimination dans le domaine de l'emploi surtout pour les femmes qui portent le voile beaucoup d'entre elles vivent dans la pauvreté à cause de l'intolérance. Je demande aussi aux riches arabes de cesser de dépenser leur fortunes dans des futilités : montres, bijoux... etc. et d'investir dans des secteurs interessant et encourager les Musulmans doués à travailler chez eux. Ils faut que les arabes de Golf se reiveillent et pensent à la situation désastreuses des Musulmans dans le monde . Je suis une femme qui porte le voile j'ai suivi une formation ou j'ai eu la meilleur notes, le jour de la remise des attestations auccun Suisse n'est venu me féliciter et on me reprocher toujours d'avoir des 6 ,il y en a même qui ont arrêté de m'adresser la parole .

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La Suisse a interdit la construction de nouveaux minarets. Estimeriez-vous des mesures tels qu'un boycott ou des condamnations internationales justifiées...

Oui 28%
Non 66%
Partiellement 6%

Ce sondage s' est terminé le: 11.12.2009



Les résultats du vote

57,5% des Suisses ont accepté dimanche l'initiative anti-minarets.

Le taux de participation a été inhabituellement élevé (53%) lors de ce scrutin.

Seul un canton alémanique, le demi-canton de Bâle-Ville, a refusé l'initiative.

Trois cantons romands ont également dit non: Genève (59,7%), Vaud (53,1%) et Neuchâtel (50,8%).

Avec un taux d'approbation dépassant les 70%, Appenzell Rhodes-intérieures (71,5%) se pose en champion du oui à l'initiative, suivi par Glaris (68,8%) et St-Gall (65,9%).

Le Valais, le Jura et Fribourg figurent aussi dans le camp des anti-minarets, bien qu'avec des scores plus modestes (respectivement 58%, 51,2% et 55,9%).


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