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Une commission a ouvert la voie pour que le Sénat prononce la destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff. Elle dénonce un coup d'Etat institutionnel (archives).

KEYSTONE/AP/ERALDO PERES

(sda-ats)

La présidente brésilienne Dilma Rousseff est poussée inexorablement vers la sortie. A la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques de Rio, une commission spéciale s'est prononcée jeudi pour qu'elle soit mise en procès de destitution devant le Sénat.

"Le résultat est de 14 voix contre cinq" en faveur de la destitution de Mme Rousseff, a déclaré à Brasilia le sénateur Raimundo Lira, qui dirige les travaux de la commission spéciale. La présidente de gauche est déjà suspendue de ses fonctions depuis le 12 mai. C'est son ancien vice-président devenu son rival, Michel Temer, 75 ans, qui assure depuis l'intérim à la tête de l'Etat.

Le vote ouvre la voie au jugement final de la présidente par l'assemblée plénière du Sénat. Il devrait intervenir fin août, quelques jours après la clôture des JO. Selon la plupart des analystes, Mme Rousseff a peu de chances d'inverser la tendance et de sauver son mandat.

Coup d'Etat

La présidente, réélue pour un second mandat de quatre ans fin 2014, est accusée de maquillage des comptes publics ainsi que d'avoir signé des décrets engageant des dépenses non prévues au budget sans avoir demandé au préalable l'accord du Parlement.

Mme Rousseff conteste formellement avoir commis un quelconque "crime de responsabilité" et dénonce un coup d'Etat institutionnel ourdi par M. Temer et la droite brésilienne. Sur le plan strictement juridique, le parquet brésilien lui a donné partiellement raison en estimant que les tours de passe-passe budgétaires qui lui sont reprochés n'étaient pas constitutifs de crimes.

Dauphine du père des JO

Mme Roussseff est la dauphine politique de l'ex-chef de l'Etat Luiz Inacio Lula da Silva, grâce auquel les JO ont été attribués, en 2009, à Rio de Janeiro. Refusant d'être reléguée au "second plan", elle a choisi de boycotter la cérémonie d'ouverture vendredi à 20h00 heure locale dans le mythique stade Maracana.

Son mentor Lula, qui reste à 70 ans l'icône de la gauche brésilienne et caresse des espoirs pour la présidentielle de 2018, n'assistera pas non plus à l'inauguration de "ses Jeux".

Les JO seront déclarés ouverts par Michel Temer en présence de 45 chefs d'Etat et de gouvernement. Celui-ci, qui n'est pas épargné par le scandale Petrobras, a prévu de faire un discours éclair et s'est "préparé" à être hué.

Telenovela

Cette telenovela politique a plongé le Brésil dans sa pire crise institutionnelle depuis des décennies, alors que ce géant d'Amérique latine s'achemine vers sa plus forte récession en un siècle, au milieu du gigantesque scandale Petrobras.

Le contraste avec le Brésil émergent triomphant qui avait décroché l'organisation des JO sept ans auparavant est saisissant. L'économie était au beau fixe et Lula extrêmement populaire. Mme Rousseff semble "payer les erreurs du PT", a résumé la sénatrice de droite Ana Amelia (Parti progressiste, PP).

sda-ats

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