samedi 21.11.2009
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L'Etat ne pourrait sauver ni UBS, ni Credit Suisse

Réunis à Zurich Paradeplatz, Credit Suisse ou UBS seront peut-être un jour appelés à intervenir pour sauver leur voisin.
Légende photo: Réunis à Zurich Paradeplatz, Credit Suisse ou UBS seront peut-être un jour appelés à intervenir pour sauver leur voisin. (Keystone)

Alors que la crise financière atteint l'Europe, le crash d'une grande banque suisse n'est pas exclu. Que se passerait-il? Deux spécialistes répondent.

Professeur à l'Université de Fribourg, Sergio Rossi est spécialiste de macroéconomie et d'économie monétaire. Michel Juvet est, lui, stratégiste à la banque Bordier à Genève.

swissinfo: Si UBS et/ou Credit Suisse étaient touchés par la crise, l'Etat suisse serait-il en mesure d'injecter des milliards comme le font les Américains et les Européens?

Sergio Rossi: Il faut faire la distinction entre le gouvernement suisse et la Banque nationale. Le gouvernement n'a pas les moyens de sauver l'une, voire les deux grandes banques suisses. Et il ne le voudra pas.

S'agissant de la Banque nationale, il faut voir si la crise qui pourrait toucher UBS, par exemple, a des effets systémiques. Si c'est l'ensemble du système bancaire suisse qui est en difficulté, elle interviendra.

La Banque nationale injectera des liquidités, mais n'aura pas non plus les moyens d'éviter une hypothétique insolvabilité d'UBS, par exemple. Car il faut bien voir que nous ne sommes pas dans une crise de liquidités, mais d'insolvabilité, et même de panique sur les marchés financiers.

Michel Juvet: Si l'on doit injecter de l'argent public, il faudra passer par un processus parlementaire. On l'a déjà vu avec la compagnie aérienne Swiss/Swissair.

Et là, le vote de lundi au Congrès américain montre que la réaction des politiques peut être irrationnelle. On pourrait assister en Suisse au même genre de débats qu'aux Etats-Unis, entre les ultra-libéraux qui ne veulent aucune intervention de l'Etat et la gauche qui voudra qu'il s'implique fortement.

Ce serait donc compliqué. Et long. Cela m'étonnerait beaucoup que l'on arrive à faire les choses aussi rapidement qu'on l'a fait au Bénélux avec la compagnie de banque-assurance Fortis.

swissinfo: Le rachat par une banque étrangère serait-il une option?

Sergio Rossi: Oui. Mais à mon avis, une autre option serait préférable. Si UBS risque de partir en faillite, il faut que Credit Suisse puisse en acheter une partie au moins. Pour ce faire, la Commission de la concurrence devrait décider exceptionnellement de suspendre la loi, qui interdit ce genre de fusions.

Car ce rachat ne découlerait pas d'une volonté de faire davantage de profit. Il servirait à sauver la planète bancaire suisse, à éviter par exemple qu'UBS ne tombe aux mains d'un fonds souverain et soit dirigée par Singapour, la Chine ou un pays du Moyen-Orient.

Michel Juvet: Une fusion avec Credit Suisse serait forcément dommageable pour l'emploi, parce qu'il faudrait couper dans les doublons, et le réseau serait surdimensionné. Par contre, elle aurait l'avantage de permettre à la place financière suisse de défendre ses positions, en particulier sur le secret bancaire.

De l'autre côté, une reprise par une banque étrangère ferait moins de dégâts sur l'emploi en Suisse, mais serait plus gênante pour la défense du secret bancaire.

Cela dit, nous sommes encore dans des scénarios d'«économie-fiction». On imagine les conséquences d'un effondrement, mais on n'en est pas là.

Sergio Rossi et Michel Juvet.
Sergio Rossi et Michel Juvet.  

swissinfo: Quelles seraient les conséquences d'un crash d'UBS s'il avait tout de même lieu?

Sergio Rossi: Les actionnaires d'UBS pourraient en partie perdre leurs avoirs. Et même les déposants. Grâce à un fonds créé par les banques, il serait possible de récupérer ses économies jusqu'à hauteur de 30'000 francs. Mais si vous avez 50'000 francs en banque, vous en perdrez 20'000...

Ce crash toucherait aussi toutes les personnes et entreprises qui ont des relations d'affaires avec UBS. Des lignes de crédit négociées pourraient être fermées, et certaines entreprises pourraient rencontrer des difficultés à se financer ailleurs.

Cela dit, UBS n'est pas trop en danger. Je dirais qu'actuellement, le risque de faillite est de 20 à 30%. Personne ne sait toutefois vraiment ce qui reste dans les bilans d'UBS et en quoi consiste réellement sa stratégie d'abandon de la banque d'investissement.

swissinfo: Par rapport à d'autres pays, la Suisse semble relativement «zen» face à cette crise. Est-ce la sérénité que donne la certitude d'être à l'abri ou de la naïveté?

Michel Juvet: J'ai quand même l'impression qu'on a une espèce de naïveté. On se dit qu'on a eu tellement de croissance l'année dernière que rien ne peut nous arriver cette année...

Cela se voit bien dans le débat «la Suisse entrera-t-elle ou pas en récession?» On parle d'un éventuel problème bancaire, mais on n'ose pas trop y penser et les idées qui sont lancées ne vont guère plus loin que «il faudra faire quelque chose».

Or, la récession, si on n'y est pas encore, on y va. Ce sera pour la fin de cette année, ou le début de l'année prochaine. Elle sera probablement un peu plus douce qu'ailleurs, mais elle sera quand même là.

swissinfo: Mais au niveau des autorités suisses – la Banque nationale, les ministères des Finances et de l'Economie – les choses vont-elles dans le bon sens?

Sergio Rossi: Je crois qu'ils font du bon travail, sérieux et rigoureux. Le problème est qu'ils s'y sont mis trop tard. La Commission fédérale des banques surtout, et la Banque nationale aussi en partie, n'ont pas regardé de suffisamment près ce que faisaient les banques.

Il faut admettre que cela aurait été difficile, vu les activités des banques hors du territoire suisse – aux Etats-Unis notamment, où elles ont eu leurs problèmes.

Sur le plan mondial, il aurait fallu empêcher cette fuite en avant des marchés, avec la titrisation de produits très complexe et dont le contenu, dans le meilleur des cas, n'a pas la valeur que les modèles mathématiques lui attribuent. Ces modèles, que tout le monde utilise, ne prenaient pas en compte les situations de crise. Ils étaient construits sur des bases statistiques complètement fausses.

Interview swissinfo, Pierre-François Besson et Marc-André Miserez


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Nic, Suisse
Le paradoxe gastronomique Manger est un plaisir. Bien manger est plus qu'un plaisir. L'envie de découvrir une nouvelle table découle souvent de la lecture de la presse quotidienne. Dans ce domaine, il y a deux écoles. Celle qui parle de ce qu'on mange et celle qui parlent de ceux qui font à manger. En tant que client, je paye pour ce que mange et je respecte les choix et opinions du patron. Actuellement, la tendance est plutôt à savoir si le chien du patron mange les restes du client. C'est un problème qui n'est pas propre à la gastronomie. Prenons un exemple. La finance. Je suis abonné au Temps. Tous les lundis, les spécialistes débattent de la meilleure façon d'emballer la merde: structurés, options, call put, total warant. What is that ? C'est la cour des miracles. Les analystes dissertent à longueur de colonne sur d'hypothétique possibilité de gain sans jamais parler du fond du problème. La multiplication des pains. Ma première leçon d'économie, je l'ai prise dans Luky Luke sur cette réplique définitive mais au combien réaliste : <> Quand vous avez compris cela, vous avez compris le capitalisme et le communisme. En effet, les deux systèmes se rejoignent sur la finalité des choses, mais pas dans la pratique. Le capitalisme sous-entend que le mélange des deux ingrédients génère une plus-value qui justifie la vente de deux portions. Le communisme suppose que le partage des aliments, aussi faible en soit la quantité, est une forme de justice qui justifie que le portion est suffisante pour deux personnes. Ce n'est pas parfait, mais nous avons assimilé ces règles. Le problème, c'est qu'aujourd'hui ce n'est plus valable. Et je retourne à la finance. UBS a besoin d'argent. Les clients n'ont plus confiance et l'avenir est sombre. L'Etat verse 6 milliards pour une portion de haricot + une portion de lard UBS. C'est un pari difficile car le joueur de casino ne goûte que très peu ce plat gras qui laisse des traces partout ou l'on passe. Mais la Suisse a les moyens de prendre ce risque, alors acceptons-le. Ce qui passe moins bien, c'est la partie de poker au sous-sol entre la BNS et UBS. Les règles frisent la triche. La BNS joue découvert, l'UBS cartes cachées. Elle veut jouer gros, mais elle n'a pas un sous. Normalement, l'histoire aurait dû s'arrêter là. Et bien non ! La BNS a emprunter 60 milliards pour que l'UBS puisse continuer à jouer. Les intérêts, 3 milliards par an, seront pris en charges par l'organisateur de la soirée. Merci à tous en bonne continuation.
Nic, Suisse
Le grand casse de l'UBS Sans crier gare, le Conseil Fédéral nous balance un plan de sauvetage de l'UBS de 70 millards. La banque affirmait pourtant il y a peu que la situation s'était normalisé, que le retour au bénéfice était prévu pour 2009. Ces affirmations résument à elles seules le comportement de l'UBS. Cette grande banque ne cessent de mentir sur sa situation réelle. Plus personne ne croit les dirigents lorsqu'ils affirment qu'il n'y a aucun risque pour les épargnants. Pour restaurer la confiance, il faudra plus qu'un plan de sauvetage. La solution proposé par le CF comporte d'énormes risques pour les finances fédérales. Il sera inefficace car la banque a définitivement perdu la confiance des clients. De plus, il est totalement immoral. C'est une récompense à la piraterie bancaire! Reprenons depuis le départ. A qui profite ce plan? Ce plan profite aux dirigeants, aux ex-dirigeant de la banque et aux actionnaires. Les premiers ne méritent en aucun cas ce coup de main providentiel. Pour les seconds, personne ne les a obligé à acheter des action UBS, ni à les conserver. Une action est par nature un placement à risque. Si les actionnaires estiment avoir été trompé par les dirigent de la banque, c'est à eux qu'ils doivent demander leur argent via des procédures civiles et pénales. Si est la volonté du CF et du parlement est de venir en aide aux banquiers et actionnaires, alors il faut le dire! Dans le cas contraire, ce plan rate la cible. Le bon sens voudrait que les bénéficiaires de ce plan soient les épargnants, les clients hypothécaires et les entreprises. En tant que garant des institutions financières, l'Etat a une responsabilité vis à vis de ses citoyens. L'épargne doit être garantie à 100% pour tous les épargnants. Les titres de quelle sortes que se soit sont exclus de toute garantie. Le fond de garantie interbancaire et subsidiairement l'Etat ont le devoir de garantir l'épargne. Il en va de la crédibilité du pays. Les clients hypothécaires doivent avoir la possibilité de changer d'établissement. Les banques cantonales sont en mesure d'assurer ce service simplement et rapidement. L'Etat apportera sa garantie pour une période de 5 ans à l'établissement qui reprendra le client aux conditions actuelles. La clientèle commerciale doit être assuré de pouvoir poursuivre ses activités. L'Etat accordera une licence bancaire à Postfinance qui renforcera la structure destinée à la clintèle Entreprise. Les clients que l'UBS ne serait plus en mesure de financer auraient ainsi la possibilité d'avoir un partenaire sûr et fiable. L'Etat apportera les liquidités nécessaires à cette opération. Par ces mesures, l'Etat apporte confiance et sécurité là où cela est nécessaire. Le risque de récession en sera très largement diminué. Le coût de ce plan est tout à fait supportable pour les finances publiques. Les employés qui auraient perdu leur emploi à UBS serait en partie repris par les autres banques. Le plan du CF est très dangeureux. Les actifs transférés de l'UBS sont et resterons invendables. Quels clients trouver pour des titres qualifiés de pourri? Les banques avides d'argent facile sont aujourd'hui en faillite. Alors, dans dix ans, l'UBS pourra les racheter à vil prix pour solde de tout compte. La ficelle est un peu grosse et rappèle furieusement Swissair. UBS est loin d'être tiré d'affaire, même avec le plan du CF. Rien, mais alors absoluement rien ne nous garanti que la banque ne sortira pas de son chapeau de nouvelles créances pourries dans six mois ou une année. C'est même probable. Et l'Etat sera alors obligé d' allonger les millards pour ne pas perdre l'argent déjà investi. Il faut également penser aux conséquences morales. Une telle aide créé un précédent que le Crédit Suisse pourra à son tour exigé. Il faut s'y attendre à plus moins brève échéence. Non, la confiance dans les banques ne reviendra pas par cette voie. Le capitalisme en sera totalement décrédibilisé. Un système économique sain se doit de sanctionner les aventuriers du capitalisme sauvage. C'est aux dirigeants de la banque de sauver le navire. Et avec des capitaux privés. En cas d'echec, la justice doit poursuivre tout les hauts dirigeants de la banque d'affaire UBS et la direction général du groupe, séquestrer les millards de bonus accumulé depuis 2004 et envoyer pour quelques années derrière les barreaux ces criminels de la finance. Alors les clients retrouveront la confiance dans le système bancaire!
Nic , Suisse
Le petit jeu de Peter Kurer

Peter Kurer (PK), le nouveau directeur de l'UBS, nous a été présenté comme un gars intelligent. Pourquoi ne pas le croire? Visiblement, cet avis est partagé par le Conseil Fédéral (CF) qui semble lui accorder sa confiance. Avec lui, fini la grande vie, place à l'humilité.
Le citoyen lambda a donc été sidéré lorsque PK a annoncé, avec l'arrogance usuel des dirigeants de l'UBS, que son salaire annuel serait de 10 millions et qu'il n'était nullement exlu de verser des bonus du même ordre.
Les journeaux de tous bords ont crié à l'outrage. Le CF s'est mis hurler avec les loups que, via d'obscur directive, il allait mettre le holla. Nul doute que les oreilles de PK ont dû sifflé.

Comment le brillant PK a-t'il pu commettre une pareille bourde?
Et bien, c'est simple. Ce n'est pas une bourde! Après avoir créer le scandale, PK fais des excuses
publiques, renonce à son bonus et incite ses collègue à faire de même. C'est trop beau, c'est trop gentil!

Le petit malin PK vise trois but :

1)Focaliser le débat sur les bonus (il n'y a aucun problème à rendre quelques centaines de millions de bonus lorsque l'on reçoit 70 millards de l'autre côté).
2)Redorer l'image des dirigeants de la banque en faisant semblant d'avoir compris la leçon.
3)Donner l'impression au CF qu'ils sont prêt a lui obéir comme comme de petit enfants qui ne feront plus de bêtise.

Il y a là un cynisme absolu. Un mépris sans limite pour le peuple et ses institutions.
Et nous devrions aider ces gens-là! Quo vadis?
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SANG-FROID OFFICIEL

UBS et Credit Suisse sont «bien capitalisée et une intervention [de l'Etat] n'est pas nécessaire», a affirmé mardi une porte-parole du département fédéral des Finances (DFF).

«Le DFF est en contact étroit avec la Commission fédérale des banques et la Banque nationale suisse, qui suivent étroitement l'évolution des marchés», a ajouté la porte-parole.

Interrogée sur la possibilité d'un scénario catastrophe, elle a indiqué que le ministère avait prévu un tel scénario du pire. Mais «on n'est pas dans ce cas de figure».


L'EUROPE DÉBOURSE

Benelux: 11,2 milliards d'euros injectés par les gouvernements des trois pays pour éviter l'effondrement du géant Fortis (banque - assurance, plus de 62'000 employés).

Allemagne: 35 milliards d'aide d'urgence de l'Etat, des banques privées et de la Banque centrale européenne pour éviter la faillite d'Hypo Real Estate (crédit immobilier et financement aux collectivités locales).

Grande-Bretagne: 23 milliards pour sauver la banque Bradford & Bingley, après Northern Rock.

Islande: 600 millions pour nationaliser la 3e banque du pays et lui éviter le naufrage.

Russie: 50 milliards de dollars mis à disposition par la Banque centrale pour fournir des liquidités au marché bancaire.

France, Belgique et Luxembourg: 6,4 milliards d'euros d'argent public pour l'augmentation de capital de la banque Dexia.


UBS EN ASSEMBLÉE JEUDI

La première banque suisse tient jeudi à Bâle une assemblée générale extraordinaire pour élire quatre nouveaux administrateurs. Objectif: renforcer les compétences de son organe de surveillance.

Les actionnaires pourraient apprendre jeudi l'existence de dépréciations supplémentaires, au moment où la crise financière s'approfondit.

Au 2e trimestre 2008, UBS a essuyé une perte nette de 358 millions de francs et de 11,9 milliards au 1er.


REBOND BOURSIER

L'indice SMI (Swiss Market Index) des principales valeurs de la Bourse suisse a clôturé en gagnant 2,38% à 6654,89 points mardi.

Le Dax de la Bourse de Francfort a fini sur une hausse de 0,41% et à Paris, le CAC 40 a grimpé de 1,99%.

Wall Street ouvrait en hausse, porté par l'espoir des marchés que le plan Paulson sera finalement adopté par le Congrès américain.