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Le conseiller fédéral Alain Berset n'a pas manqué d'humour mardi à Paris devant le Sénat français (archives).

Keystone/ANTHONY ANEX

(sda-ats)

Le conseiller fédéral Alain Berset a adressé mardi un message aux Européens depuis le Sénat français. Il les a mis en garde contre le nationalisme à l'occasion du 500e anniversaire du Traité de Paix perpétuelle entre la France et la Suisse.

M. Berset a ouvert un colloque au Sénat français consacré à cette Paix perpétuelle. Il s'est exprimé devant une centaine de personnes, dont une douzaine de professeurs et d'historiens qui intervenaient ensuite au cours de journée. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a également participé au lancement de cette commémoration.

De Marignan au traité européen

Le chef du Département de l'Intérieur (DFI) a d'abord rappelé le contexte historique de cet accord signé en 1516 dans sa ville de Fribourg. Il a rappelé que 14'000 Suisses étaient tombés l'année précédente à Marignan.

"Que des descendants de ces terribles aux bras noueux, spécialisés dans le corps-à-corps par dépeçage, aient fini par créer la Croix-Rouge et soient devenus d'infatigables promoteurs de la paix en Europe et dans le monde, c'est une ironie de l'histoire qui traduit une évolution que Darwin peinerait à nous expliquer", a-t-il affirmé, provoquant des rires dans la salle.

Après avoir rappelé la rupture de ce pacte par les Français lors de l'invasion "confraternelle" de 1798, M. Berset s'est déclaré convaincu que le traité de 1516 "préfigurait" celui de l'UE. Il a saisi l'occasion pour faire un parallèle avec l'Union européenne d'aujourd'hui. L'Europe "ne doit sa paix actuelle qu'au fait que ses fondements sont coulés dans le ciment d'accords passés entre tous ses Etats", a-t-il assuré.

Le conseiller fédéral a ensuite fait allusion implicitement aux divisions qui règnent aujourd'hui au sein de l'UE. Après le Brexit en juin et avant les élections françaises et allemandes de 2017, il a lancé une mise en garde contre la remise en cause des accords européens, comme le promet notamment le Front national en France.

Les "dégâts" du nationalisme

"Vouloir dénoncer les clauses juridiques qui ont vu grandir l'Europe, ce n'est que servir la cause du nationalisme", a-t-il prévenu. Il a mis en garde contre "les dégâts que cette idéologie ne manque jamais de causer".

M. Berset a reconnu que cela pouvait "paraître étrange" qu'un conseiller fédéral se montre "extrêmement attaché aux accords internationaux à l'origine de l'UE ", même si la Suisse "s'est toujours politiquement refusée à l'Europe. Il s'est donc justifié, non sans humour.

"Bien que n'étant pas mariés avec l'Europe, les Suisses vivent en concubinage", a-t-il assuré. "Nous ne sommes peut-être pas des amants fougueux, mais à tout le moins des gens sérieux en quête d'une relation stable", a-t-il ajouté. "Autant dire qu'à chaque fois que l'Europe saigne, c'est un peu comme si notre cœur s'était brisé", a dit M. Berset.

Accord-cadre pour les régions frontalières

A l'occasion de son déplacement à Paris, M. Berset a aussi signé un accord-cadre avec la ministre française de la Santé Marisol Touraine. Ce texte vise à "faciliter et promouvoir la coopération transfrontalière régionale dans le domaine de l'organisation et la prise en charge des soins de santé", a expliqué le DFI dans un communiqué.

Le cadre juridique donne désormais la possibilité aux régions frontalières de signer des accords dans ce domaine. Elaboré "étroitement" avec les cantons concernés, le texte devrait donner aux habitants des régions frontalières "un meilleur accès à des soins de qualité". Il garantit aussi "un recours plus rapide aux secours d'urgence".

sda-ats

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