Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste La lutte contre l’oubli sous présidence suisse

Le mémorial de l'Holocauste à Berlin. 

Le mémorial de l'Holocauste à Berlin. 

(Keystone)

Les victimes de la Shoah ne doivent pas tomber dans l’oubli. C’est le but que poursuivent les 31 Etats membres de l’«Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste» (IHRA), dont la Suisse a repris la présidence annuelle le 7 mars. 

C’est non loin du mémorial aux victimes de l’Holocauste à Berlin, plus précisément à l’ambassade de Suisse, que le président sortant de l’IHRALien externe, l’ambassadeur roumain Mihnea Constantinescu, a remis la charge dans les mains de son successeur, le Suisse Benno Bättig, secrétaire général du Département fédéral des affaires étrangères. 

Berlin est le siège du secrétariat de l’IHRA. En raison de l’histoire, la capitale allemande fait aussi partie des principaux lieux de commémoration de l’Holocauste. De nombreux Etats membres de l’alliance n’ont pas été impliqués dans le génocide perpétré par les nazis ou ne l’ont été que marginalement, par exemple pour avoir fermé leurs frontières aux personnes persécutées. Mais tous partagent la volonté ferme de ne pas oublier les horreurs de l’Holocauste et les souffrances des victimes en promouvant la recherche historique et l’enseignement. 

C’est une tâche qui devient de plus en plus difficile. Année après année, le nombre des survivants de la Shoah – et donc de ceux qui peuvent raconter les événements directement aux jeunes – se réduit. Mais ce sont justement les rencontres personnelles avec des survivants qui impressionnent et sensibilisent les étudiants, souligne Benno Bättig.

Passage de témoin à l’ambassade de Suisse à Berlin avec, de gauche à droite, l’ambassadeur italien Sandro De Bernadin (prochain président de l’IHRA), l’ambassadrice de Suisse à Berlin Christine Schraner Burgener, Benno Bättig (président actuel) et l’ambassadeur roumain Mihnea Constantinescu (président sortant). 

(swissinfo.ch)

Il faut donc trouver de nouvelles manières de perpétuer la mémoire de l’Holocauste. Il n’est en effet pas dit que les terribles événements du passé resteront présents de manière indélébile dans l’esprit des générations futures. Cette mémoire doit être préservée et transmise de manière adaptée aux différentes générations, selon le nouveau président de l’IHRA. 

Les gens derrière l’histoire 

Pour ce faire, la Suisse se consacrera notamment à la nouvelle application «Fuir l’Holocauste», qui permet aux utilisateurs de s’immerger dans la vie de quatre personnes persécutées. Grâce à une série d’instruments multimédias, le destin de ces quatre personnes prendre vie et forme. 

«Nous devons parler la langue des jeunes et utiliser leurs canaux de communication. Les témoignages personnels nous rappellent que derrière l’histoire, il y a des personnes», explique Benno Bättig. Par ailleurs, cette application réunit de manière évidente les priorités de la présidence suisse: l’enseignement, les jeunes et les réseaux sociaux. 

En 2017, la Suisse assurera l’organisation de deux assemblées plénières de l’IHRA, la première à Genève et la seconde à Berne. La Suisse soutiendra également la publication d’un recueil de mémoires de survivants ainsi que trois expositions itinérantes. 

Mémoire collective 

L’IHRA a été fondée en 1998 dans le but d’empêcher que le souvenir de l’Holocauste disparaisse de la mémoire collective. La Suisse y a adhéré en 2004 et a été le premier pays à avoir instauré un organe consultatif national au sein duquel les représentants de l’instruction publique, des organisations juives, des organisations Sinti et Rom et du monde politique élaborent un agenda commun. 

La présidence suisse de l’IHRA se base sur les valeurs de notre pays, souligne Benno Bättig, pour qui «la Suisse s’est toujours engagée en faveur du respect des droits de l’homme». 

L’an prochain, c’est l’Italie qui reprendra la présidence.


(Traduction de l'allemand: Olivier Pauchard)

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