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Le président de l'ASB Herbert Scheidt (à gauche) veut que la Suisse avance encore plus vite sur les accords d'échange de données et des missions de promotion de la place financière conjointes avec les autorités fédérales (archives).

KEYSTONE/SIGGI BUCHER

(sda-ats)

L’Association suisse des banquiers (ASB) veut davantage d'accords d'échange automatique d’information pour un "alignement" sur les pays les plus actifs. Après le Brexit, elle renforce le dialogue avec Londres et prône davantage de coopération entre places financières.

La Suisse a conclu moins de 40 accords d'échange automatique de données fiscales (EAR), même si elle en a signé plusieurs ces dernières semaines. Des pays sont à près de 60, a dit mercredi soir à Genève devant la presse le nouveau président de l'ASB Herbert Scheidt. "Il y a une attente" et "nous devons faire plus et plus rapidement".

Mais il faudra aussi voir comment les autres Etats appliquent les standards. Et que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) n'accorde pas de "dérogation" permanente aux centres financiers américains. La sécurité et la protection des données devront aussi être respectées.

Lorsque ces conditions seront remplies, le cadre réglementaire ira "dans la bonne direction", insiste le président de la banque Vontobel. Sur le front intérieur, il souligne notamment l'importance de la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III).

Pas encore d'accord avec la France et l'Italie

Autre situation à régler, un positionnement après le Brexit est indispensable. "La Grande-Bretagne sera un partenaire important", dit M. Scheidt, de retour d'une mission sur place. L'Union européenne (UE) serait "très stupide" de minimiser les deux principales places financières européennes, selon lui, Londres et la Suisse où les liens entre Zurich et Genève commencent à s'établir.

Mais pas question de penser la relation britannique et avec d'autres places financières comme Singapour au détriment de l'UE. Contrairement aux affirmations de certains, les banquiers suisses souhaitent "encore et toujours" un accès au marché européen des services financiers, affirme le directeur général de l'ASB Claude-Alain Margelisch.

A terme, une exclusion risque de provoquer des "pertes nettes" pour les emplois dans le secteur en Suisse. Dans l'intervalle, l'ASB mise sur des accords bilatéraux intermédiaires, une obligation même avec certains Etats membres de l'UE depuis la directive européenne Mifid.

Après l'accord conclu avec l'Allemagne en 2015, M. Margelisch ne s'attend pas à un arrangement avec la France avant la présidentielle de mai 2017. Le référendum en Italie prévu dimanche pourrait aussi impacter l'avancée des discussions avec Rome.

Trump, Chinois ou encore fintech

L'élection de Donald Trump à la présidence américaine pourrait avoir un effet positif pour les banques suisses. L'environnement d'insécurité sur la scène internationale favorise le recours à la "stabilité" de la place financière suisse, souligne M. Scheidt. A condition que les banques investissent cet afflux sous peine de le voir confronté aux taux d'intérêts négatifs établis par la Banque nationale suisse (BNS).

Le plan de relance de M. Trump pourrait aussi avoir des conséquences positives sur la politique de la Banque centrale européenne (BCE) et par corrélation sur celle de la BNS, selon le directeur de l'Association de Banques privées de Suisse, Jan Langlo.

Plus largement, pour l'ASB, la formation bancaire, qui intéresse les Chinois, et la numérisation constituent aussi des défis. Des entreprises comme Google ne sont pas vues comme concurrentes des fintech (technologies financières). Elles ne ciblent pas les "activités bancaires", dit M. Margelisch.

L'ASB souhaite par ailleurs des missions de promotion conjointes avec les autorités fédérales à l'étranger. Elle travaille aussi sur une conférence de haut niveau en Suisse.

sda-ats

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