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Benazir Bhutto assassinée

L'annonce de la mort de Benazir Bhutto a provoqué une flambée de manifestations au Pakistan.

(Keystone)

L'ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a été tuée dans un attentat après une réunion électorale jeudi à Rawalpindi, près d'Islamabad. Des manifestations ont immédiatement éclaté dans le pays.

A l'instar du reste de la communauté internationale, la Suisse a fermement condamné cet attentat et se montre particulièrement préoccupée par l'évolution de la situation au Pakistan.

L'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, l'un des leaders de l'opposition actuelle, a été touchée par des balles ou par un fragment de bombe, selon les différentes versions des témoins.

Agée de 54 ans, elle est décédée dans un hôpital de Rawalpindi. «Elle est morte en martyre», a déclaré Rehman Malik, un responsable de sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP).

L'attentat, qui a fait une vingtaine d'autres victimes, a été commis quelques minutes après l'intervention de Mme Bhutto devant des milliers de partisans rassemblés dans la ville de Rawalpindi.

Risque de chaos

L'assassinat de Benazir Bhutto plonge la campagne pour les législatives du 8 janvier dans le chaos et suscite la crainte de manifestations massives et d'une flambée de violences dans le pays.

Des partisans de Benazir Bhutto ont d'ailleurs laissé exploser leur colère jeudi à l'annonce de sa mort. A Jacobabad (sud), la ville du Premier ministre pakistanais de transition, le principal tribunal et un autre bâtiment officiel ont été incendiés jeudi soir.

Une foule en colère a aussi mis le feu à plusieurs commerces, dont certains appartenant au Premier ministre Mohammedmian Soomro, nommé le 16 novembre par le président Pervez Musharraf à la tête d'un gouvernement de transition chargé d'organiser les élections législatives et provinciales prévues le 8 janvier.

D'autres partisans sont descendus dans les rues de Peshawar, dans le nord-ouest du pays ainsi que dans d'autres régions, scandant des slogans hostiles au président Pervez Musharraf, accusé par certains de complicité dans l'assassinat de l'ex-Premier ministre.

Nawaz Sharif, leader d'un parti rival de l'opposition et lui aussi ancien Premier ministre, s'est rendu à l'hôpital où avait été transportée en urgence Benazir Bhutto et s'est adressé à la foule. «Benazir Bhutto était également ma soeur, et je serai avec vous pour venger sa mort, a-t-il lancé. Ne vous sentez pas seuls. Je suis avec vous. Nous nous vengerons.»

De son côté, le président pakistanais Pervez Musharraf a condamné l'assassinat et a lancé un appel au calme.

Un symbole

A son retour au Pakistan après huit années d'exil, Mme Bhutto avait déjà été la cible le 18 octobre d'un attentat qui avait fait 139 morts dans la foule qui s'était massée à Karachi pour l'accueillir. Elle était sortie indemne de l'attaque.

Après cet attentat, elle avait accusé à plusieurs reprises des «hauts responsables» proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'être à l'origine de cette attaque, sans jamais le prouver.

«Je sais que je suis un symbole de ce que les soi-disant 'djihadistes', talibans et Al-Qaïda craignent le plus», avait écrit Benazir Bhutto dans son autobiographie: «Je suis une femme, dirigeante politique, qui lutte pour apporter la modernité, la communication, l'éducation et la technologie au Pakistan.»

L'assassinat de Benazir Bhutto, une tragédie annoncée? «Benazir Bhutto était consciente du danger, elle le savait réel. L'attentat de Karachi, quelques heures après son retour au Pakistan, était éloquent», constate Loretta Dal Pozzo, collaboratrice de la télévision suisse italienne en Asie, interviewée par swissinfo.

Avant d'ajouter: «Elle avait été menacée plusieurs fois de mort ces derniers temps, et avertie du danger par le président Musharraf... Mais elle n'a jamais souhaité pour autant renoncer aux meetings avec ses partisans».

Démocratie en danger

La communauté internationale a unanimement condamné l'attentat. Pour la plupart des gouvernements occidentaux, le meurtre de Benazir Bhutto est une atteinte à la fragile démocratie pakistanaise.

«Elle a été assassinée par les lâches qu'effraie la démocratie, a notamment déclaré le Premier ministre britannique Gordon Brown. Elle a peut-être été assassinée par des terroristes, mais on ne doit pas laisser les terroristes assassiner la démocratie au Pakistan.»

Le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) a également fait part de sa «consternation» à l'annonce de l'assassinat. «La Suisse condamne fermement cet acte que rien ne saurait justifier et qui met à mal le fragile processus démocratique dans ces pays», écrit-il dans son communiqué.

La Suisse appelle désormais les autorités pakistanaises à prendre les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du pays et «à faire en sorte que le processus démocratique se poursuive».

swissinfo et les agences

Benazir Bhutto

Née le 21 juin 1953 dans une famille de propriétaires terriens, Benazir Bhutto fut chargée d'assumer le lourd héritage politique de son père, Zulfikar Ali Bhutto, renversé par un coup d'Etat militaire en 1977 et exécuté.

Arrêtée à plusieurs reprises pendant le règne du général Zia-ul Haq, elle avait été chassée vers l'exil en 1984. Deux ans plus tard, elle revenait prendre la tête de manifestations de masse pour le retour du pouvoir aux civils.

Après la mort de Zia dans un mystérieux accident d'avion en 1988, Benazir Bhutto menait son parti à la victoire aux élections et devenait la première femme à diriger un pays musulman de l'ère moderne.

Elle fut réélue en 1993. Mais après sa défaite face à son rival de toujours, Nawaz Sharif, en 1996, un déluge d'accusations de corruption s'abattit sur Benazir, qui quitta le pays en 1999 peu avant qu'un tribunal ne la condamne pour corruption et lui interdise toute activité politique. Le verdict fut ensuite cassé, mais Benazir Bhutto resta en exil, entre Londres et Dubaï.

Son retour avait été marqué par un violent attentat contre son cortège le 18 octobre dernier.

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Procédure classée

Benazir Bhutto faisait l'objet d'une enquête à Genève à la suite de soupçons de blanchiment aggravé pesant contre elle et son mari.

La procédure visant l'ex-premier ministre est désormais classée, a déclaré le
procureur général du canton de Genève Daniel Zappelli. En effet, selon le droit suisse, la procédure s'éteint lorsque la personne visée par une enquête décède.

Soupçonné d'avoir touché des commissions illicites et des pots-de-vin des sociétés d'inspection SGS et Cotecna, le couple Bhutto avait déjà été condamné par voie d'ordonnance pour blanchiment simple en 2003. La somme incriminée avoisine les 13 millions de dollars.

Le couple avait fait opposition, relançant du même coup l'enquête. Cette seconde instruction avait permis à la justice genevoise d'entendre directement Mme Bhutto, qui avait assisté à trois audiences au Palais de justice.

Le juge d'instruction genevois Vincent Fournier avait indiqué en octobre dernier avoir bouclé son enquête et qu'il transmettait le dossier à la Chambre d'accusation. Un recours a été déposé contre cette mesure, a précisé jeudi M. Zappelli, sans donner plus de détails sur l'identité des recourants.

Le magistrat n'a également pas voulu se prononcer sur la suite de la procédure à l'encontre du mari de Mme Bhutto.

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