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La vulnérabilité de l'Allemagne a été une nouvelle fois démontrée par le piratage des routeurs du principal opérateur de télécommunications du pays, Deutsche Telekom, dont le siège est à Bonn.

KEYSTONE/EPA DPA/OLIVER BERG

(sda-ats)

Au lendemain de la plus importante cyber-attaque jamais enregistrée, l'Allemagne s'est inquiétée mardi de la multiplication des piratages informatiques, notamment en provenance de Russie. Elle craint qu'ils perturbent le jeu politique à moins d'un an des législatives.

Ce type d'offensives, que "la doctrine de la Russie" appelle "conflits hybrides", "appartient désormais au quotidien et nous devons apprendre à y répondre", a déclaré mardi la chancelière Angela Merkel.

La vulnérabilité de la première puissance européenne a été une nouvelle fois démontrée lundi par le piratage des routeurs du principal opérateur de télécommunications du pays, Deutsche Telekom, qui a perturbé les connexions de près d'un million de foyers.

Mme Merkel, interrogée sur une éventuelle responsabilité russe dans l'offensive contre Deutsche Telekom, a indiqué que l'enquête suivait son cours pour "déterminer d'où ces attaques provenaient, ce qui n'est pas facile".

Mais, dans le journal berlinois Tagesspiegel, des sources du secteur de la sécurité attribuent l'attaque au logiciel Mirai, développé par le groupe de hackers russes Sofacy, également connu sous les noms APT28 ou Pawn Storm.

Double objectif

Mirai, qui infecte d'abord un réseau d'objets domestiques connectés, allant du babyphone aux caméras de surveillance, avant de lancer des attaques à plus grande échelle, avait déjà été utilisé pour pirater en 2015 le Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand. Cette offensive avait été attribuée à la Russie par les services de renseignement.

"Le 'malware' (logiciel malveillant) était mal programmé, il n'a pas fait ce pour quoi il était conçu, sinon les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves", a indiqué mardi le porte-parole de Deutsche Telekom, Georg von Wagner.

Selon les experts cités par le Tagesspiegel, l'attaque contre Deutsche Telekom poursuit sans doute "un double objectif", en mettant à nu la faiblesse d'une grande entreprise tout en préparant une offensive "de plus grande ampleur", par exemple lors du sommet du G20 organisé en juin à Hambourg (nord).

Au-delà du cas Deutsche Telekom, il existe des "indications selon lesquelles des cyber-attaques se produisent dans le seul but de créer de l'incertitude politique", a estimé mardi Bruno Kahl, le patron des renseignements extérieurs allemands, dans le quotidien Süddeutsche Zeitung.

"L'Europe est au centre de ces tentatives de déstabilisation et l'Allemagne tout particulièrement", a-t-il poursuivi, précisant que des "éléments" pointaient en direction de la Russie.

Au début du mois, Angela Merkel avait déjà accusé directement la Russie d'être à l'origine d' "attaques en ligne" ou de tentatives de désinformation qui "pourraient jouer un rôle pendant la campagne" des législatives, lors desquelles elle briguera un quatrième mandat.

"Nous devons pour cela informer les gens, et continuer d'exprimer très clairement nos convictions politiques, on ne doit pas se laisser irriter. On doit savoir que cela existe, et apprendre à fonctionner avec", a-t-elle martelé mardi.

sda-ats

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