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Une avancée majeure dans la foulée de la COP21 de décembre dernier à Paris (archives)

KEYSTONE/EPA/GUILLAUME HORCAJUELO

(sda-ats)

Les ministres de l'environnement des 28 Etats membres de l'UE ont accepté vendredi de ratifier l'accord de Paris sur le climat, selon une procédure collective accélérée. Ce feu vert garantit son entrée en vigueur dès cette année.

"Ce que certains pensaient impossible est aujourd'hui réel", a annoncé sur Twitter le président du Conseil européen Donald Tusk. "Nous avons ici aujourd'hui un jour historique", a salué pour sa part le commissaire européen au Climat, Miguel Arias Canete, après cet accord politique agréé à l'unanimité, et ceci malgré les réticences exprimées par certains pays comme la Pologne.

"L'Europe se rapproche de son rendez-vous avec l'histoire des négociations climatiques", s'est félicitée Ségolène Royal, présidente de la COP21 qui avait eu lieu en décembre à Paris. La ministre française de l'environnement s'est exprimée à l'issue de la réunion extraordinaire avec ses homologues européens à Bruxelles.

Cet accord va désormais être soumis aux députés européens le 4 octobre à Strasbourg. "Une fois approuvé par le Parlement européen la semaine prochaine, l'UE sera en mesure de déposer ses instruments de ratification", a encore précisé la Commission européenne.

Pas de marchandage

Les Européens ont mis les bouchées doubles pour ne pas apparaître à la traîne sur le front climatique, depuis que la Chine (principal émetteur avec 20%) et les Etats-Unis (18%), ont ratifié l'accord mondial sur le climat au début du mois de septembre au sommet du G20.

La Pologne réclamait pourtant des garanties préalables sur la manière dont les pays de l'UE devront se répartir l'effort collectif européen de réduction des émissions polluantes.

"Nous ne pouvons pas commencer un marchandage ici sur les objectifs climatiques nationaux", avait averti le secrétaire d'Etat allemand à l'environnement, Jochen Flasbarth, exhortant les pays réticents, dont la Pologne précisément, à s'engager sans tarder.

Inde dimanche

Pour entrer en vigueur, l'accord doit être ratifié par au moins 55 pays représentant au total 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le premier seuil, celui du nombre de pays, a déjà été franchi la semaine dernière.

A ce jour, 61 Etats représentant 47,8% du total des émissions ont ratifié le texte. De son côté, l'Inde (environ 4% des émissions globales) a annoncé qu'elle le ratifierait ce dimanche.

Avec les 28 pays de l'Union européenne, qui comptent ensemble pour 12% environ des émissions globales de gaz à effet de serre, le second seuil, celui des émissions, va donc maintenant être également franchi.

Etape décisive

L'accord de Paris entrera mécaniquement en vigueur passé un délai de 30 jours, cimentant cette initiative internationale adoptée le 12 décembre dernier à l'issue de la COP21. L'objectif déclaré est le suivant: contenir la hausse de la température moyenne de la planète "nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels et de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C".

L'accord jette les bases d'une maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l'origine des dérèglements climatiques en fixant le cadre d'engagements politiques, économiques et financiers. Il prône parallèlement une transition énergétique rapide vers des sources plus propres, comme le solaire ou l'éolien.

La hausse des températures sur la Terre s'accélère et "il est nécessaire de doubler, voire tripler les efforts" prévus pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, ont alerté jeudi sept éminents climatologues de plusieurs pays dans une analyse diffusée à cinq semaines de la tenue de la COP22 le 7 novembre à Marrakech.

sda-ats

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