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Avant la conférence de Paris


La Suisse propose une approche commune sur le climat


Par Mathieu van Berchem, Paris


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Taxer les transactions financières ou les énergies fossiles pour lutter contre le réchauffement climatique relève encore de l'utopie, estime Doris Leuthard, la ministre suisse de l'Ecologie. (Keystone)

Taxer les transactions financières ou les énergies fossiles pour lutter contre le réchauffement climatique relève encore de l'utopie, estime Doris Leuthard, la ministre suisse de l'Ecologie.

(Keystone)

Dès 2020, les pays développés devront financer la transition énergétique des pays en développement à hauteur de 100 milliards de dollars par an. Comment mesurer ces apports souvent très complexes? Dix-huit pays donateurs ont adopté la méthodologie proposée par Doris Leuthard.

«Jusqu’à récemment, la question du financement des politiques climatiques a été quelque peu négligée», reconnaissait lundi soir à Paris Doris Leuthard.

La cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) sortait de deux réunions multilatérales successives consacrées au financement des changements climatiques dans les pays en développement. Preuve qu’à moins de trois mois du lancement de la Conférence sur le climat (COP21), ce sujet s’annonce capital pour le succès – ou l’échec – du sommet de Paris.

A Copenhague en 2009, les pays développés s’étaient engagés à soutenir la transition énergétique des pays en développement à hauteur de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020. L’objectif est loin d’être atteint. Selon les estimations de l’ONG Oxfam, le montant pour l’année 2013 se situe entre 17 et 20 milliards.

«On ne nous a pas demandé d’étape intermédiaire», objecte la conseillère fédérale, qui rappelle que l’objectif est 2020. Doris Leuthard conteste d’ailleurs ces chiffres, qui selon elle sous-estiment la réalité.

Un pari réussi

C’est bien le problème: jusque-là, personne ou presque ne s’entendait sur la façon de compter. «Les données actuellement disponibles ne représentent pas un tableau complet des contributions», note le Département fédéral de l’environnement. Vendredi et samedi, Doris Leuthard a donc organisé, avec la responsable américaine Caroline Atkinson, conseillère de Barack Obama pour les questions climatiques, une rencontre de 18 pays donateurs, destinée à fixer des critères communs d’évaluation.

Un pari réussi: les Etats participant à la réunion, parmi lesquels l’Allemagne, la France, le Japon et le Royaume-Uni, se sont mis d’accord sur une «méthodologie» commune. Une approche qui inclut, de façon «transparente », l’activité du secteur privé ainsi que les financements réalisés dans un cadre multilatéral.

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) utilisera ces critères pour dresser, début octobre, son bilan des financements des politiques climatiques. On verra alors si les 100 milliards sont à portée de main, ou restent au contraire un objectif inatteignable. En somme, «si l’on est sur la bonne route ou pas», résume Doris Leuthard.

La bataille des chiffres fait rage

«La démarche menée par la Suisse est intéressante, estime Alix Mazounie, responsable des politiques internationales de l’ONG Réseau Action Climat. La bataille des chiffres fait en effet rage depuis deux ans. Avec des montants variant entre 3 et 175 milliards de dollars!» 

Le problème, poursuit Alix Mazounie, c’est que les bailleurs de fonds sont tentés d’établir des critères les plus larges possibles pour parvenir à un montant proche de 100 milliards. «Or, l’impact climatique des investissements privés est assez douteux et très difficile à mesurer, surtout si ceux-ci ne sont pas directement associés à une politique publique.»

Pour Romain Benicchio, conseiller politique principal à Oxfam, ce sont les politiques publiques qui seront déterminantes. «L’Allemagne a promis de doubler, de 2 à 4 milliards, ses financements climatiques à l’horizon 2020. C’est un exemple à suivre.»

Pour financer la transition énergétique, certains pays européens, mais aussi des groupes de pays en développement, avancent des solutions alternatives: taxer les transactions financières ou les énergies fossiles. «Utopique», répond la conseillère fédérale, qui estime qu’aucune majorité ne se dessinera autour d’un impôt nouveau.

Limiter le réchauffement à deux degrés

Pour l’heure, seuls 56 Etats ont remis leur «contribution nationale», c’est-à-dire leurs propositions de lutte contre le réchauffement climatique. Rappelons que l’objectif global est de maintenir le réchauffement en deçà de deux degrés. «Je crois qu’il y a un élan pour arriver à un accord à Paris, estime Doris Leuthard. Mais il ne faut pas se faire d’illusions: pour l’instant, on va plutôt vers 3 degrés de réchauffement.»

La conseillère fédérale est pressée de pouvoir travailler sur un texte, au moins un brouillon de résolution finale. «Les ministres, nous avons besoin d'un document de travail pour avoir des choses dans les mains et approuver ou refuser des idées», affirme Doris Leuthard. «Nous avons mis un peu de pression sur les chefs négociateurs et sur l'administration française.»

La COP21, échéance cruciale

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera et présidera la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 (COP21/CMP11). C’est une échéance cruciale, puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de deux degrés.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, dite «CCNUCC» («UNFCCC» en anglais), a été adoptée au cours du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994 et a été ratifiée par 196 «parties» prenantes à la Convention. 


Cette Convention-cadre est une convention universelle de principe, qui reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène. 

La Conférence des parties (COP), composée de tous les États «parties», constitue l’organe suprême de la Convention. Elle se réunit chaque année lors de conférences mondiales où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre les changements climatiques. Les décisions sont prises à l’unanimité ou par consensus. 

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