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Guide d’art et d’histoire de la Suisse


Voyage dans le temps, à la découverte de trésors architecturaux méconnus


Par Martina Kammermann


L'Abbaye de Saint-Maurice dans le canton du Valais doit son origine au sanctuaire élevé sur le tombeau de saint Maurice et de ses compagnons, des soldats thébéens morts pour cause de leur foi chrétienne vers l’an 300.  (GSK)

L'Abbaye de Saint-Maurice dans le canton du Valais doit son origine au sanctuaire élevé sur le tombeau de saint Maurice et de ses compagnons, des soldats thébéens morts pour cause de leur foi chrétienne vers l’an 300. 

(GSK)

En septembre paraît la 1000e édition du «Guide d’art et d’histoire de la Suisse». L’occasion d’un voyage en images dans les archives de la collection la plus vendue du pays, puisque l’on trouve ses guides sur tous les sites les plus importants. Regard sur quelques monuments plutôt méconnus, mais qui méritent assurément le détour.

Le miracle bleu

La «Flèche Bleue» en gare de Marin-Epagnier, sur la ligne Neuchâtel-Berne. (bls historic)

La «Flèche Bleue» en gare de Marin-Epagnier, sur la ligne Neuchâtel-Berne.

(bls historic)

Les passionnés de chemin de fer se souviennent de la «Flèche Rouge» des CFF comme de la première automotrice rapide de Suisse. On a par contre tendance à oublier la «Flèche Bleue», apparue pour la première fois en gare de Berne en 1938. En avance sur leur temps, ces rames électrifiées furent pourtant la vraie innovation dans l’histoire des réseaux régionaux. Une voiture peut encore en être admirée aujourd’hui au Musée des transports de Lucerne, tandis qu’une rame restaurée en 2014 roule encore pour des courses historiques.

Edition 960, 2014

La patrie de Barry

L’armée de Napoléon passe le Grand St-Bernard. Gravure sur bois en couleurs de François Georgin (1801–1863). (akg-images)

L’armée de Napoléon passe le Grand St-Bernard. Gravure sur bois en couleurs de François Georgin (1801–1863).

(akg-images)

La traversée des montagnes a marqué de tous temps l’histoire suisse, et les hospices ont toujours joué un rôle important comme lieux de refuge. Celui du Grand Saint-Bernard est intéressant à plus d’un titre: c’est ici que l’on élève les fameux chiens de sauvetage, c’est ici que le futur empereur Napoléon a fait halte en 1800 à la tête d’une armée de 46'000 hommes, et c’est dans l’église du lieu que l’on peut admirer, outre le chœur en bois, un trésor d’objets de culte de toute beauté.

Edition 556, 1994

La guerre perdue

Le mémorial St-Jacques à Bâle. A gauche, sur une vieille carte postale et à droite en 2002, habillé aux couleurs du FC Bâle par les fans du plus prestigieux club de foot de Suisse. (Keystone)

Le mémorial St-Jacques à Bâle. A gauche, sur une vieille carte postale et à droite en 2002, habillé aux couleurs du FC Bâle par les fans du plus prestigieux club de foot de Suisse.

(Keystone)

Le mémorial St-Jacques à Bâle n’attire certes pas autant de monde que le stade de foot du même nom, pourtant ici aussi, on parle de victoire et de défaite. Cet ensemble de sculptures réalisées en 1872 par Ferdinand Schlöth rappelle un certain 26 août 1444, qui vit les troupes françaises anéantir presque complètement une armée confédérée. Une défaite qui sera plus tard mythifiée en symbole national de courage et de résistance.

Edition 912, 2012

Le plus beau cimetière de Suisse

Le cimetière du bois à Schaffhouse. (Ernst Mueller/GSK)

Le cimetière du bois à Schaffhouse.

(Ernst Mueller/GSK)

Edifié en 1914, le cimetière du bois de Schaffhouse a représenté pour son époque une œuvre de pionnier, unique en Suisse. C’était la première fois que l’on aménageait une forêt existante en cimetière. L’idée est venue d’Allemagne. Les groupes de tombes alternent avec de grandes surfaces boisées et de larges allées. Aujourd’hui, le cimetière couvre 17 hectares et constitue un des plus beaux parcs de Suisse.

Edition 949, 2013

Forteresse imprenable

Les «Tre Castelli» de Bellinzone font partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. (Keystone)

Les «Tre Castelli» de Bellinzone font partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

(Keystone)

Au Moyen Age, Bellinzone passait pour imprenable, et aujourd’hui encore, on peut voir pourquoi: les murailles, les tours, les portes et les trois châteaux témoignent de ce que fut la puissante forteresse médiévale. C’est au 15e siècle que les ducs de Milan ont édifié ces ouvrages pour barrer la route du sud aux belliqueux Confédérés. Depuis 2000, cet ensemble remarquable de fortifications est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Edition 866, 2010

Dans l’arène

Windisch, l’ancienne Vindonissa, vue d’en haut, 2004. (RDB)

Windisch, l’ancienne Vindonissa, vue d’en haut, 2004.

(RDB)

Au temps de la Rome antique, chaque colonie importante avait son amphithéâtre, car le divertissement était particulièrement important dans la dure vie des légionnaires. Les arènes offraient au public des combats d’animaux et de gladiateurs. Avec ses 11'000 places assises à l’origine, l’amphithéâtre de Windish est le plus grand et le plus ancien sur sol suisse.

Edition 885, 2011

Le Corbusier en privé

La villa Le Corbusier à Corseaux, 1957. (RDB)

La villa Le Corbusier à Corseaux, 1957.

(RDB)

Le célèbre architecte et designer Le Corbusier est né en 1887 à La Chaux-de-Fonds. Etabli très tôt à Paris, il construisit en 1924 une maison pour ses parents à la sortie de Vevey. Il a utilisé le volume de cette petite maison rectangulaire jusqu’au dernier centimètre. Une fenêtre unique de 11 mètres de long offre la vue sur le Lac Léman. Aujourd’hui, la villa se visite comme un musée, avec son mobilier, ses tableaux et des photos de famille d’origine.

Edition 908, 2012

Oasis de verdure

Le Jardin botanique de Berne – lieu de calme. (Adrian Moser/GSK)

Le Jardin botanique de Berne – lieu de calme.

(Adrian Moser/GSK)

Depuis 1859, le Jardin botanique de Berne s’étend sur plus de deux hectares d’un coteau ensoleillé dominant la rivière Aar. En plus des serres pour plantes exotiques, un alpinum, un arboretum ainsi qu’un jardin pour plantes vivaces et un autre pour plantes médicinales offrent au visiteur une large palette de la flore d’ici et d’ailleurs. Le jardin public est un lieu de détente apprécié de la population de la capitale.

Edition 874, 2011

Comme au Moyen Age

La fresque romane «Le Festin d’Hérode» (vers 1200) dans l’abside centrale de l’église du couvent St Jean de Müstair. (Keystone)

La fresque romane «Le Festin d’Hérode» (vers 1200) dans l’abside centrale de l’église du couvent St Jean de Müstair.

(Keystone)

L’église du couvent St Jean, édifié au 8e siècle pour les femmes à Müstair, dans le canton des Grisons, recèle un trésor unique: des fresques murales de couleurs vives datant du haut Moyen Age montrent des scènes de la vie du Christ. C’est le plus grand ensemble de fresques de cette époque encore conservé. Avec de nombreuses décorations murales, ces fresques couvraient autrefois l’entier des murs de l’église. La mise à jour de cet ensemble dans les années 1940 avait fait sensation.

Edition 733. 2003

Un air de Versailles

Le château de Waldegg, 1994. (RDB)

Le château de Waldegg, 1994.

(RDB)

Le château de Waldegg fait partie des constructions baroques les plus marquantes de Suisse. Les magnifiques salles du château, édifié à la fin du 17e siècle, sont encore largement équipées de leur mobilier d’origine. Les jardins monumentaux montrent également à quel point l’aristocratie soleuroise de l’époque avait adopté le style de vie de la noblesse française. Un petit Versailles helvétique.

Edition 977, 2015

La dernière maison de paille

La «Salzmehus» à Kölliken. (Rudolf Hunziker/GSK)

La «Salzmehus» à Kölliken.

(Rudolf Hunziker/GSK)

Jusqu’au 19e siècle, les maisons rurales du Plateau suisse avaient souvent des toits de chaume. Un des derniers exemples de ce type de couverture se trouve à Kölliken, dans le canton d’Argovie. Avec son toit pyramidal, très couvrant et en pentes abruptes, la «Salzmehus» est un exemple typique des constructions de l’époque. Si son aspect extérieur n’a pratiquement pas changé depuis sa construction en 1802, elle dispose à l’intérieur de tout le confort moderne.

Edition 953, 2014

Un grand hôtel devenu temple de la culture

Le Centre culturel LAC, «Lugano Arte e Cultura», 2015. (Keystone)

Le Centre culturel LAC, «Lugano Arte e Cultura», 2015.

(Keystone)

A partir de 1850, on a construit beaucoup d’hôtels en Suisse. Les pieds dans le lac de Lugano, l’Hôtel du Parc, devenu plus tard Grand Hôtel Palace a longtemps été la principale attraction touristique de la région. Mais après sa fermeture en 1969, il est resté vide pendant des décennies, en se dégradant lentement. Finalement, c’est la ville de Lugano qui a racheté l’imposant édifice, pour le transformer en Centre culturel. Aujourd’hui, les façades fidèlement restaurées côtoient un nouveau bâtiment au modernisme spectaculaire.

Edition 978-979, 2015

Un classique de la Renaissance

Un détail de la fresque de l’église Sainte Marie des anges de Lugano, 2007. (Keystone)

Un détail de la fresque de l’église Sainte Marie des anges de Lugano, 2007.

(Keystone)

Juste à côté du nouveau Centre LAC et de l’ancien Grand Hôtel Palace, on trouve le couvent et l’église Sainte Marie des anges. Cet ensemble de constructions raconte 500 ans d’histoire de la ville. Particulièrement impressionnantes sont les fresques murales peintes par Bernardino Luini en 1529. La principale, qui couvre près de 110 mètres carrés, représente la passion du Christ en couleurs vives. Un pur chef-d’œuvre de la renaissance classique.

Edition 978-979, 2015

Gare en mutation

La gare de St-Gall a été construite en 1913 par l’architecte Alexander von Senger. (Keystone)

La gare de St-Gall a été construite en 1913 par l’architecte Alexander von Senger.

(Keystone)

La fameuse bibliothèque de l’abbaye n’est pas le seul édifice imposant à voir à St-Gall. La gare, achevée en 1913, se nappe elle aussi d’un faste tout baroque. Sa grande halle de quais couverte a été la dernière construite en Suisse, en 1913. Et le prochain chapitre de son histoire est déjà en train de s’écrire, puisqu’en 1918, les CFF inaugureront une halle d’arrivée en verre, extension moderne du bâtiment historique.

Edition 950, 2013

Guide d’art et d’histoire de la Suisse – 1000 numéros

Depuis 1936, le Guide d’art et d’histoire de la Suisse étudie et présente les monuments et les sites architecturaux de valeur du pays. Il est édité par la Société d’histoire de l’art en Suisse, et sort en septembre sa 1000e édition. Sur 45 pages de format A5 en moyenne, des spécialistes présentent à chaque fois un site. Une édition paraît le plus souvent dans plusieurs langues nationales, et certaines sont traduites en anglais, en espagnol, en chinois et en japonais.

Au début, les publications se sont concentrées sur les cathédrales et les couvents, puis dès les années 1950 sont apparus les châteaux, les hôtels de ville, les bâtiments privés et industriels, les musées, les moyens de transport historiques ou les universités. Avec plus de cinq millions d’exemplaires, le Guide est la collection de livres la plus vendue en Suisse.

Comme tous les médias, cette publication restée très transitionnelle doit aussi s’adapter à l’esprit du temps. Le Guide paraît donc depuis 2015 aussi en format numérique. Il produit également l’application Swiss Art To Go, pour les fans d’architecture. 


(Traduction de l’allemand: Marc-André Miserez), swissinfo.ch

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