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La montagne prend de la hauteur…artistique

Nasdaq 80-09 de Michael Najjar

(Michael Najjar © 2008-2010)

Le festival de photographie de montagne se tient à Rossinière (Vaud), en plein cœur des Alpes. Un cadre somptueux pour cette deuxième édition du festival, élégante et pertinente, qui accueille une quarantaine d’artistes d’ici et d’ailleurs.

Rossinière, un morceau de paradis tombé sur terre comme par magie. Ce petit village du Pays-d’Enhaut (Vaud) semble avoir reçu sa beauté de Dieu, comme on reçoit la grâce.

En ce matin d’août lumineux, il impose sa nature resplendissante: le vert des cimes se mêle à l’azur du ciel dans une harmonie parfaite. Ici, la montagne offre au visiteur ses flancs décorés de chalets somptueux. Balthus, le peintre, eut le sien. Le célébrissime chalet Balthus, la carte postale du village.

Il faut dire qu’à Rossinière l’art n’est jamais très loin. Le village est adossé aux Alpes et à une solide réputation artistique qu’ont su exploiter deux Vaudois, Fanny et Louis Paschoud (tous deux issus du milieu du marketing culturel) en créant en 2008 le festival Alt. + 1000, consacré à la photographie de montagne.

Un parcours bucolique

Ce festival, qui deviendra biennal à partir de l’année prochaine, en est donc à sa deuxième édition; laquelle se tient à Rossinière jusqu’au 19 septembre. Dix expositions, réparties dans différents lieux du village, proposent au public un parcours bucolique où nature et culture se marient dans une douceur paisible. Un bonheur, on vous dit.

Muni donc d’une carte géographique distribuée à l’accueil, le visiteur suit le parcours comme un pèlerin. Une atmosphère recueillie se dégage des caves, des chalets, des granges, des maisons communales… dont les murs servent, pour l’occasion, de cimaises aux œuvres des 40 artistes exposés. Photos, installations et projections vidéo forment l’ensemble des dix expositions, dont une est présentée en plein air, entre collines et lac.

Parmi les 40 artistes figurent sept lauréats du concours Alt. + 1000, destiné aux photographes d’ici et d’ailleurs ayant moins de 40 ans. Sur les sept, cinq sont Suisses (Marion Burnier, Mathieu Gafsou, Anne Golaz, Stéphanie Gygax et le Studio A). A chacun d’eux est réservé un espace d’exposition.

Les autres photographes accueillis (une trentaine, de différentes nationalités) sont les étudiants du Royal College of Art de Londres. Le festival leur a donné carte blanche. Il expose leurs réalisations dans un même lieu: une vieille grange magnifique. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les lauréats du concours, autant que les étudiants du Royal College, rivalisent de créativité.  

Beaucoup d’entre eux articulent le rapport conflictuel nature/culture. La nature respectée ou au contraire saccagée, car détournée par l’homme à des fins commerciales. Certains artistes considèrent le sujet avec gravité, d’autres mettent l’humour qu’il faut pour en rire. Le Norvégien Bjorn Veno, par exemple, aborde le sujet  dans une vidéo surréaliste  où un homme nu ascensionne, avec une rage jouissive, ses oreillers et son duvet immaculés qu’il prend pour une montagne. L’installation s’appelle «A duvet to climb».

 

Nus comme Adam et Eve

Sublimer le désir de pureté prend une forme biblique chez Fatma Bucak. L’artiste turque cadre de dos un homme et une femme eux aussi nus, clin d’œil à Adam et Eve parachutés au bord d’un lac de montagne. Une nature idyllique d’avant le péché originel. Un paradis perdu par la faute des hommes, comme  le montre à sa manière l’Américain Daniel Shea. Ses photos vidéo racontent l’exploitation minière du charbon dans les Appalaches, chaîne de montagnes américano-canadienne, en partie démolie par l’industrie.

Les Alpes se trouvent, on s’en doute,  au cœur  du travail réalisé par les artistes  suisses du festival. Chez Marion Burnier, la montagne se profile de manière fugitive, comme dans un tableau abstrait, alors que chez Mathieu Gafsou, elle se fait concrète, pesant de tout son poids de roches et de neiges éternelles.

Mais pour certains Suisses, la montagne se confond avec la chasse. En témoigne le travail d’Anne Golaz qui sous le titre  ironique d’«Une belle mort»  a réalisé une série de clichés sur la traque d’un cerf entre le canton de Fribourg et l’Alsace. Chasseurs aux aguets, capture, mise à mort de la bête… Le tout mis en scène de façon très théâtrale par l’artiste qui laisse surgir une dimension dramatique en terminant sa série par l’empaillage des animaux.

Tragique ou insolite, la montagne est ici un personnage haut en couleur auquel Alt. + 1000 rend magistralement hommage.

Alt. + 1000

Ce festival de photographie de montagne se déroule à Rossinière (Vaud), jusqu’au 19 septembre.

Fondé en 2008 par Fanny et Louis Paschoud, le festival en est à sa deuxième édition.

A partir de 2012, il deviendra biennal.

Son but? Faire découvrir au public les différents visages de la montagne et s’interroger sur son identité: que reste-t-il des mythes qui lui sont liés? Est-elle encore source d’inspiration pour les créateurs d’aujourd’hui? Quelle perception en a-t-on lorsque les populations de la montagne disparaissent et que les références se limitent de plus en plus au monde urbain?

Pour l’édition 2011, le festival accueille les œuvres de sept lauréats du concours «Alt + 1000» qu’il a lancés,  ainsi que celles d’une trentaine d’étudiants du Royal College of Art de Londres.

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