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De Singapour à la Suisse La formation professionnelle suisse en exemple

Apprentice at VPET conference

Un apprenti en action lors du Congrès VPET 2016.

(vpet-congress)

Singapour, les États-Unis et le Mozambique: trois pays, trois expériences d’apprentissage très différentes. Qu’espèrent-ils apprendre d’un congrès sur la formation professionnelle qui se tiendra prochainement en Suisse?

Tandis que Singapour, avec un taux de chômage de 2%, cherche à étendre ses offres éducatives, le Mozambique, qui affiche un taux de chômage de 25%, voit dans l’apprentissage la possibilité de donner aux jeunes des compétences et du travail. Aux États-UnisLien externe, seul 4% de la population active n’a pas d’emploi, mais le pays fait face à une diminution des travailleurs qualifiés.

swissinfo.ch a contacté un expert de chaque pays qui participe au 3e Congrès international sur la formation professionnelle (VPETLien externe) à Winterthour afin de comprendre le fonctionnement de l’apprentissage dans son propre pays.

Le système dual à la Suisse qui combine instruction en salle de classe et apprentissage dans une entreprise est souvent considéré comme un modèle par de nombreux pays.

Ong Ye Kung, Ministre de l’Éducation, Singapour


(ZVG)

Le ministreLien externe, qui connaît le système d’éducation suisse – il a obtenu un MBA de l’Institut de Managment et de Développement (IMD) de Lausanne – se dit honoré de prendre la parole lors de cet événement. «La Suisse et Singapour sont de petites nations qui doivent rester en contact avec le reste du monde pour subsister et qui mettent l’accent sur le développement de leur population. Si nous poursuivons le même objectif, notre approche et notre politique en matière d’éducation et de développement des talents sont différentes en raison des circonstances culturelles et historiques. Cela permet des enrichissements mutuels. Au fil des années, les différents ministres de l’Éducation se sont déplacés en Suisse, environ un fois par année, pour en apprendre toujours plus sur son système de formation.

Ong poursuit en affirmant qu’à Singapour, un changement de mentalité concernant l’apprentissage est nécessaire. «Même si des progrès ont déjà été réalisés, nous devons encourager davantage d’entreprises à former leur propre force de travail» poursuit-il. Parmi les initiatives impliquant des employeurs, notons le nouveau diplôme technique basé sur l’apprentissage de l’Institut d’éducation technique de Singapour et les programmes SkillsFutureLien externe (apprends tout en gagnant de l’argent; programme travail-étude)

«Le cœur de nos démarches consiste à vouloir proposer aux jeunes un large spectre de possibilités de formation, des études académiques aux apprentissages. Nous souhaitons que chacun puisse trouver une voie qui lui convienne, qui développe ses compétences et qui aboutisse à une carrière épanouissante». 

Kathryn P. Castelloes, Directrice de l’apprentissage, North Carolina Community Colleges, Etats-Unis


(ZVG)

Castelloes supervise les programmes d’apprentissage en Caroline du Nord et s’assure qu’ils répondent aux critères de l’État. Le modèle étatique combine les cours en classe et l’apprentissage sur le lieu de travail. Cela concerne diverses formations qui s’adressent à un public large, aux vétérans par exemple. Plus de 600 employeurs engagent des apprentis à travers l’État, mais la Caroline du Nord souhaite voir leur nombre augmenter.

Castelloes attend de ce congrès des idées innovantes et des pratiques efficaces. «J’aimerais aussi en apprendre plus concernant l’action politique qui pourrait être menée dans mon pays afin que l’offre d’apprentissages reconnus par notre système d’éducation s’étoffe» poursuit-elle.

Les entreprises comme Daetwyler, une firme spécialisée dans l’ingénierie de précision, proposent des apprentissages selon le modèle suisse en Caroline du Nord. «Daetwyler a commencé avec les apprentissages en 1995 et continue d’être un leader en la matière dans le pays. Le modèle suisse est toujours plus considéré comme un modèle à copier. Ce système gagne en popularité et sa promotion s’intensifie au fur et à mesure que le nombre d’entreprises formatrices augmente» note Castelloes.

+ la visite de swissinfo chez Daetwyler en Caroline du Nord en 2015Lien externe

Betsy DeVos secrétaire d’État américaine à l’Éducation s’exprimera également dans le cadre de ce congrès. Sa présence intervient peu de temps après que l’administration Trump a décidé d’allouer plusieurs millions à la promotion des programmes d’apprentissage et de formation technique.

Mzikazi Ntuli, Administratrice des subventions et conseillère pour le développement des programmes, ADPP, Mozambique


(ZVG)

«Le taux de chômage grandissant des jeunes constitue le souci de développement socio-économique principal de nombreux gouvernements africains. Sans compétence concrète pour tel ou tel travail, les jeunes et les moins jeunes ne peuvent profiter des opportunités qui leur permettraient de dégager un salaire décent», explique Ntuli. L’apprentissage dans son pays n’est pas très développé, raison pour laquelle la plupart des possibilités sont offertes par le secteur privé ou les ONG comme la sienne.

«L’éducation professionnelle est en train d’être réformée au Mozambique. Cela devrait aboutir à un système de formation mieux adapté à la demande, amenant sur le marché des jeunes gens aux compétences spécifiques pour de meilleures opportunités économiques» ajoute Ntuli. Près de 80% de la force de travail actuelle n’a pas atteint le premier niveau d’éducation selon les statistiques du gouvernement.

La contribution de Ntuli au congrès sera, pour reprendre ses mots, une authentique «success story» africaine: elle repose sur deux projets de l’ADPP qui visent à stimuler l’emploi et entrepreneuriat chez les jeunes, particulièrement les jeunes femmes, au Mozambique.

Mis à part l’enrichissement de ses connaissances en matière d’apprentissage, Ntuli s’intéresse à la façon d’intégrer la technologie dans les formations professionnelles pour développer des compétences pointues. «En Afrique, nous commençons à peine à amener la technologie vers l’éducation et la formation. J’ai envie d’en savoir davantage sur les facteurs qui permettent à la démarche de porter des fruits» conclut-elle. 

*Toutes les interviews ont été réalisées par email

 

VPET 18

swissinfo.ch est le partenaire média du 3e Congrès international sur la formation professionnelle qui se tiendra du 6 au 8 juin 2018 à Winterthour.

Environ 425 personnes de l’industrie, de la politique et de l’éducation sont attendues en provenance de 80 pays. Le congrès cherche à «offrir une plateforme pour un dialogue ouvert et l’échange de bonnes pratiques entre les acteurs de la coopération internationale en matière de formation professionnelle».

Le mot d’ordre est «Skills for Employability and Careers» (compétences pour l’employabilité et la carrière) – le congrès se concentrera sur les défis actuels rencontrés par l’économie. Les thèmes englobent la numérisation, l’apprentissage tout au long de la vie et le développement de plans de formation (curricula). A ne pas manquer non plus les apprentis qui présenteront certains aspects de leur formation au Skills Village (village des compétences).

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(Traduction de l’anglais: Lucie Cuttat), swissinfo.ch

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