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Démocratie directe numérique Ces politiciens suisses qui ont compris Twitter



Un regard dans les rangs du parlement suisse suffit à s’en convaincre: pour les députées et les députés suisses, les réseaux sociaux sont importants (image de 2015).

Un regard dans les rangs du parlement suisse suffit à s’en convaincre: pour les députées et les députés suisses, les réseaux sociaux sont importants (image de 2015).

(Keystone)

Avec les tweets incessants et souvent controversés du nouveau président américain Donald Trump, le monde entier a les yeux rivés sur Twitter. En Suisse aussi, le réseau social est apprécié par les politiciens. Beaucoup de députés le considèrent toutefois comme un moyen de communication à sens unique. Parmi les politiciens suisses, qui l’utilise vraiment pour écouter les citoyens? 

Le président des Etats-Unis Donald Trump: ses tweets, sa vie et sa manière de gouverner. Dans ce tweet, il tourne la justice en dérision:

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De nombreux politiciens suisses ont désormais des comptes Twitter. Il n’est pas rare que des conseillers nationaux se servent du service de messages courts pour des annonces importantes, pour se mettre en scène durant leur campagne ou pour se défouler, comme le montre ce tweet «Made in Switzerland» du député socialiste Eric NussbaumerLien externe:

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L’activité Twitter des parlementaires est particulièrement intense durant les quatre sessions de l’année. Les affaires politiques en cours sont commentées en utilisant le hashtag #parlCH, qui s’est imposé parmi les utilisateurs suisses du réseau social. Parfois, les politiciens laissent libre cours à leur colère lorsque les votes ne sont pas à leur goût dans les deux chambres. D’autres fois, ils photographient avec leur smartphone des actions imprévues de leurs adversaires politiques.

Ici, la députée socialiste Jaqueline BadranLien externe avait tweeté l’action de protestation de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice).

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Twitter est indubitablement populaire auprès des élus du peuple, notamment parce qu’il permet un accès privilégié aux médias. «Twitter est un puissant ‘réseau multiplicateur’, sur lequel de nombreux journalistes sont présents», explique l’experte en communication Marie-Christine Schindler.

Jusqu’au burn out

La plateforme de microblogage revêt aussi un potentiel addictif pour les parlementaires. La conseillère nationale UDC Natalie RickliLien externe a été victime d’un burn out en 2012. «Travail, politique, Facebook et Twitter – j’étais toujours sur le qui-vive. Les loisirs et la détentes étaient exceptionnels», avait-elle écrit sur Facebook, avant de se retirer pour un temps des réseaux sociaux. Aujourd’hui, Natalie Rickli est à nouveau active et figure parmi les députés les plus influents, à la cinquième place.  

Cet article fait partie de #DearDemocracy, la plateforme de swissinfo.ch pour la démocratie directe.

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Dans ce contexte, «influence» ne signifie pas le pouvoir ou la capacité d’imposer sa volonté dans les débats politiques. Avec le désormais établi mais controversé classement einflussreich.chLien externe, les spécialistes de l’agence Kublé ont mesuré l’influence politique avec ce qui est appelé le Klout-Score (voir ci-dessous). Toutefois, ni le Klout-Score, ni d’autres instruments de mesures utilisés par les médias (comme le nombre d’abonnés à un compte Twitter) ne permettent de savoir qui sait vraiment utiliser les réseaux sociaux.

Twitter et Facebook sont vraiment des médias de dialogue et pas des canaux de monologue. «A mon avis, de nombreux acteurs politiques ont une compréhension erronée des médias sociaux. Ils les utilisent comme organe de communication, donc comme médias de masse classiques», explique Christian Schenkel, responsable de la filière communication en ligne de l’école suisse de journalisme de Lucerne (le MAZ). Selon lui, les utilisateurs de Twitter ne veulent toutefois pas seulement être des destinataires mais aussi pouvoir participer au débat.

Des tweets à sens unique

Dix ans après la naissance de Twitter, l’échange mutuel dans la communication numérique n’est pas toujours une évidence pour les politiciens. Nombreux sont ceux qui fonctionnent encore avec le modèle de la transmission, sur internet comme au cours de leurs apparitions publiques. La question de savoir à quel point les conseillers nationaux sont ouverts au dialogue sur internet est donc bien plus intéressante. swissinfo.ch a ainsi évalué les profils Twitter des 50 députés qui ont le meilleur Klout- Score.

... contre les courts débats

Les élus qui ont du succès sur Twitter sont-ils aussi prêts à entrer en conversation? Le détenteur de la première place confirmerait cette hypothèse. 

(swissinfo.ch)

Le conseiller national le plus influent est aussi le plus ouvert au débat politique: Philippe NantermodLien externe, 32 ans, membre du Parti libéral-radical (PLR). Avec 59% de tweets qui engendrent un dialogue, il est celui qui répond le plus aux questions et commentaires des autres utilisateurs. Philippe Nantermod se réjouit de sa place au sommet du podium.

Il considère que sa présence sur les réseaux sociaux doit être assortie d’une certaine réactivité. Le député libéral-radical estime que discuter avec les autres est essentiel, et peut-être même «le principe même de la politique»: «Dans la rue, vous ne partez pas non plus sans rien dire, lorsque quelqu’un vous pose une question ou vous salue. Pourquoi devrait-on se comporter autrement sur internet?»

(swissinfo.ch)

Les parlementaires qui apparaissent après Philippe Nantermod dans notre classement ne sont toutefois pas les mêmes que ceux qui occupent les premiers rangs de «Einflussreichsten.ch». Ainsi, les politiciens à succès selon Klout-Score ne sont pas nécessairement ceux qui ont la meilleure capacité d’écoute. Par exemple, la députée socialiste Min Li MartiLien externe occupe la deuxième position, alors que «einflussreich.ch» la classe septième.

Min Li Marti s’entretient aussi souvent avec les autres utilisateurs, avec 54% de tweets qui alimentent une conversation. Pour elle, interagir avec les personnes qui la suivent est indispensable. «Je le fais délibérément. Je trouve que les médias sociaux n’ont de sens que s’il y a un dialogue. J’ignore seulement les insultes et les trolls.»

D’autres se montrent peu enclins à converser avec leurs abonnés sur Twitter, notamment le député socialiste Matthias AebischerLien externe et Martin CandinasLien externe du Parti démocrate-chrétien (PDC), qui occupent les dernières places du classement de swissinfo.ch. Même si leurs messages ont un écho dans leur communauté Twitter, les réactions qu’ils suscitent n’intéressent pas ces politiciens.


L’auteure

Adrienne Fichter était responsable de la rédaction médias sociaux de la NZZ et travaille comme journaliste indépendante.

Elle s’occupe de la démocratie directe numérique pour le dossier #DearDemocracy de swissinfo.ch, traitant notamment de la participation citoyenne via internet, la cyberadministration, la technologie civique et les données ouvertes.

A l’ère des «Fake News» et de la politique Twitter excessive de Donald Trump, l’importance de l’analyse politique ira croissant. Dans ce contexte, #DearDemocracy examine les tendances, les chances, les dangers et les réponses politiques.

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Pour Matthias Aebischer, les considérations temporelles et stratégiques jouent un rôle. Il explique avoir toujours adopté cette stratégie sur les réseaux sociaux. Il donne des réponses par e-mail, sauf lorsqu’il constate des fautes dans les commentaires des internautes. «Si quelqu’un prétend que je suis un fan de l’Union européenne, je réagis. La plupart du temps, d’autres l’ont toutefois déjà fait pour moi.» 

Martin Candinas a aussi consciemment décidé de renoncer au dialogue: «Si on commence avec cela, toujours plus de personnes attendent de pouvoir débattre. Je n’ai tout simplement pas de temps à consacrer à cela.»

Le manque de temps est l’une des principales raisons pour laquelle certains conseillers nationaux décident de ne pas s’engager dans des débats en ligne. Toutefois, ne jamais donner de réponses via les médias sociaux pourrait aussi sur le long terme avoir un effet négatif sur la réputation, indique le journaliste et formateur au MAZ Christian Schenkel.

Le spécialiste reconnaît toutefois qu’entretenir ses réseaux demande beaucoup de temps. «Celui qui se sert des réseaux sociaux dans ce but peut construire des relations à long terme. Cependant, cela nécessite une stratégie de communication claire et avant tout du temps, du temps, du temps. Celui qui n’est pas conscient de cela ferait mieux de renoncer à son engagement sur les réseaux sociaux.»

L’experte en communication Marie-Christine Schindler estime aussi qu’il est légitime de renoncer à une présence sur les réseaux sociaux, s’il s’agit de la stratégie de communication assumée d’un politicien. La limite de 140 caractères imposée par Twitter peut par exemple être un obstacle pour s’exprimer sur des sujets politiques. «Twitter et la politique ne s’entendent que partiellement bien. Beaucoup de sujet sont trop complexes pour être traités en si peu de signes, et les trolls ne facilitent pas la vie des politiciens.»

A l’inverse, le conseiller national socialiste Matthias Aebischer ne ressent pas la limite de 140 caractères comme un obstacle au dialogue, au contraire: «Les 140 caractères correspondent à ma nature. J’aime aller droit au but.»

Comment l’évaluation a-t-elle été faite?

swissinfo.ch analysé les conversations Twitter de 50 conseillers nationaux du 1er juin 2016 au 17 janvier 2017. Nous avons pris en considération les députés ayant le meilleur Klout-Score.

Le Klout-Score permet de mesurer l’activité et l’influence d’un individu sur les principaux réseaux sociaux. Il prend aussi en considération l’interaction générée par les tweets d’une personne. Le classementLien externe est apprécié mais aussi controversé. Diverses possibilités d’influencer le classement, comme s’enregistrer sur klout.com ou intégrer d’autres réseaux sociaux, ont démontré le caractère manipulable de l’outil.

Pour comparer l’ouverture au dialogue des politiciens, nous avons utilisé l’outil d’analyse «FanpageKarma.net». Celui-ci mesure la proportion de réponses aux tweets d’un utilisateur, c’est-à-dire les tweets qui créent une interaction avec d’autres utilisateurs de Twitter.

Plus le taux d’interaction est élevé, plus l’utilisateur débat avec les autres. Philippe Nantermod a obtenu le meilleur résultat avec 59%. Près de deux tiers de ses tweets interagissent avec d’autres utilisateurs.

Nous n’avons pas réalisé une comparaison similaire pour les pages Facebook des politiciens, car la plupart des outils d’analyse ne permettent pas d’évaluer les interactions des utilisateurs de ce réseau social.

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Avez-vous déjà écrit à un politicien sur Twitter? Avez-vous reçu des réponses ? Partagez vos expériences avec nous. 


(Adaptation de l'allemand: Katy Romy)

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