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Démocratie Les manifestations de corona-sceptiques questionnent les droits politiques

protest gathering

Le samedi 16 mai, la police a empêché des manifestants d'accéder à la Place fédérale de Berne.

(Keystone / Peter Klaunzer)

La Suisse est engagée dans la deuxième phase de son déconfinement en trois étapes. Ce qui n’a pas dissuadé des citoyens de se rassembler dans plusieurs villes germanophones pour protester contre les mesures du gouvernement liées à la pandémie de Covid-19.

Pendant trois week-ends consécutifs, des corona-sceptiques ont défié l'interdiction des manifestations politiques en Suisse - ainsi que l'interdiction générale des réunions de plus de cinq personnes - et se sont rassemblés dans les grandes ville de Suisse alémanique, en petit nombre, mais avec force, pour protester contre les restrictions à la liberté.

Que défendent-ils?

D'une part, ces manifestants s'inquiètent de la suspension des droits politiques et des pouvoirs extraordinaires exercés par le gouvernement pour lutter contre le virus.

«Ce n'est pas une manifestation, c'est une veille», a déclaré la semaine dernière à swissinfo.ch l'un des organisateurs bernois, Alex Gagneux. Pour lui, une telle «veille» devant le Parlement est nécessaire, car «la constitution a été suspendue» par des mesures «disproportionnées» du gouvernement.

>> Manifestations à Saint-Gall, Zurich et Berne le 8 mai dernier (RTS):

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manifestations

Les affiches brandies lors de ces rassemblements portaient des slogans comme «RIP démocratie, 1291-2020» et «#StayAwake for freedom and self-determination», un hashtag qui fédère aussi des groupes extrémistes aux États-Unis et ailleurs. D’autres proclamaient «Ne donnez aucune chance à (Bill) Gates», «Non aux vaccinations forcées» ou «Stop à l'hystérie Corona!»

Pourquoi cette floraison d'idées?

Dans un livre publié en 2018, «Total bullshit: getting to the heart of post-truth», le neuroscientifique fribourgeois Sebastian DieguezLien externe écrit comment l'idée de «conneries» - définie comme un mépris de l'idée de vérité, plutôt que comme un mensonge en tant que tel - est au centre de nombreux problèmes contemporains, y compris les théories du complot.

De telles idées se propagent facilement dans un environnement de fausses informations et de scepticisme, dit-il à swissinfo.ch. Elles sont souvent délibérément vagues, ce qui les rend aussi beaucoup plus difficiles à réfuter qu’à inventer.

Et souvent, ajoute-t-il, plutôt que d'être des histoires inventées de haut en bas à des fins politiques, de telles théories peuvent jaillir de la base, poussées par des gens qui vont au-delà d'un scepticisme sain pour se contenter de ne pas croire les faits qui leur sont racontés.

«Certaines personnes lisent uniquement ce qui confirme leurs croyances», indique Sebastian Dieguez. En face à face, «vous pouvez leur demander d'expliquer ce qu'ils essaient de dire, et d’étayer leurs affirmations avec des arguments. À plus grande échelle, il y a la vérification des faits, il y a des lois, des algorithmes, mais cela reste très difficile à contrer.»

Le casse-tête politique

De même, il est difficile de tracer la ligne de démarcation entre les protestations politiques légitimes, les perturbations provoquées par une conspiration et les préoccupations de santé publique. Les gens ont-ils le droit de protester pour quelque croyance que ce soit?

Sebastian Dieguez estime qu'il ne s'agit pas d'interdire les manifestations - qui, soit dit en passant, se multiplient en Suisse. C’est la clarté de l'information qui est essentielle: lorsque les communications s'embrouillent, des doutes surgissent et la bonne volonté des gens peut être détournée par des théories sans fondement.

Dans un éditorialLien externe intitulé «Tous les dissidents ne sont pas fous», le quotidien Berner Zeitung est allé dans le même sens: le gouvernement «n'a pas expliqué assez clairement ses atteintes à la liberté et aux droits économiques.»

De son côté, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a précisé lundi les règles du jeu. Les manifestations politiques sont désormais autorisées, pour autant qu’elles ne rassemblent pas plus de 5 personnes avec une distance de 2 mètres entre elles. «C’est une question de bon sens. Le droit de manifester est un droit politique», a souligné Daniel Koch, responsable de la cellule de crise Covid-19 de l’OFSP. 

Et comme le précise le quotidien Le TempsLien externe, le Conseil fédéral devrait se pencher fin mai sur le nombre de personnes autorisées à se rassembler. En attendant, d'autres manifestations sont prévues pour le week-end prochain.


Traduit de l'anglais par Frédéric Burnand, swissinfo.ch

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