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Dossier électronique du patient Le prochain bastion de la sphère privée vacille

Avec qui les applications partagent-elles nos données? 

Avec qui les applications partagent-elles nos données? 

(Keystone)

Des montres connectées qui envoient nos données médicales, des applications qui montrent notre position géographique, nos données personnelles sont de plus en plus difficiles à protéger. Désormais, ce sont les dossiers des patients qui seront numérisés et centralisés par les médecins. Nous nous mettons de plus en plus à nu. Pour le plus grand bonheur des criminels? 

Le dossier électronique du patient est indéniablement pratique. Vous n’aurez ainsi plus besoin de répéter les mêmes informations, lorsque vous changez de médecin. Dans le dossier électronique, les données médicales sont consultables par les soignants qui doivent décider d’un traitement sur cette base. 

Mesures de sécurité recommandées pour les objets connectés  

De plus en plus d'objets sont connectés à Internet, mais les fabricants et les utilisateurs se préoccupent souvent trop peu de leur sécurité. C'est l'avertissement lancé par la Centrale d'enregistrement et d'analyse pour la sûreté de l'information (MELANILien externe) de la Confédération, dans son rapport semestrielLien externe publié le 20 avril. 

Qu'il s'agisse d'applications conçues pour être intégrées à des vêtements ou à des accessoires, comme les montres intelligentes ou les moniteurs d'activité physique, de véhicules sans conducteur ou de systèmes de contrôle de bâtiments, tout ce qui peut être relié à Internet le sera à l'avenir. Ce qui présente des risques, souligne le rapport. 

MELANI émet par conséquent des recommandations qui sont publiées en détail sur Internet. Ainsi, tous les appareils reliés à Internet doivent être dûment protégés (mot de passe individuel, accès restreint) et faire l'objet d'actualisations régulières. Il est important de reprendre rapidement les mises à jour disponibles. (source: ats)

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Les premiers patients qui le souhaitent devraient pouvoir ouvrir leur dossier électronique à la mi-2018, a décidé le gouvernement suisse. «Le défi sera de créer le système le plus sûr possible, de sorte que, d’une part, le patient puisse décider lui-même qui peut consulter ses données et, d’autre part, que les personnes non autorisées ne puissent en aucun cas y avoir accès», souligne Beat Rudin, préposé à la protection des données du canton de Bâle-VilleLien externe et président de PrivatimLien externe, l’association des commissaires suisses à la protection des données. 

«Aujourd’hui, les pirates ne sont plus seulement des cracks de l’informatique qui essaient d’infiltrer un système, mais le piratage devient désormais un produit commercial, c’est-à-dire que vous pouvez engager des pirates informatiques pour essayer d’obtenir des données», explique Beat Rudin. 

Avant le dossier électronique du patient, nous sommes déjà devenus des citoyens et êtres humains plus transparents. Chaque nouvelle technologie a démontré notre soif de données. Qui aurait pu s’imaginer, il y a 20 ans, que nous livrerions aujourd’hui presque tout de nous. 

Données médicales 

Des montres, des bracelets ou des applications pour le fitness nous promettent une meilleure condition physique. Toutefois, ces gadgets utilisent également nos données et les partagent avec des tiers, si l’on oublie d’adapter les réglages de sécurité. Une assurance-maladie propose par exemple des rabais pour obtenir les données de fitness des assurés:Lien externe celui qui utilise un podomètre, enregistrant les pas effectués, peut recevoir jusqu’à 150 francs par année de son assurance s’il fait 10'000 pas par jour. 

Ceux qui s'entraînent avec certaines applications ne sont jamais seuls. 

Ceux qui s'entraînent avec certaines applications ne sont jamais seuls. 

(Keystone)

«Actuellement, nous sommes souvent amenés à croire que nous obtenons quelque chose de moins cher, si nous livrons des données. La question qui se pose est toutefois de savoir si c’est vraiment moins cher de faire 10'000 pas par jour ou si c’est simplement un peu plus cher de ne pas le faire», remarque Beat Rudin. 

Les données de localisation 

Il n'y a pas seulement les caméras de surveillance qui nous ont à l'oeil. Nos téléphones portables aussi. 

Il n'y a pas seulement les caméras de surveillance qui nous ont à l'oeil. Nos téléphones portables aussi. 

(Keystone)

Ceux qui utilisent une application qui implique une géolocalisation partagent automatiquement leurs données avec le concepteur de l’app ou avec des tiers, selon les réglages. C’est notamment le cas des smartphones, des appareils photo ou des caméras avec une fonction GPS. Avec ces informations, un pirate informatique rusé peut suivre assez précisément les mouvements d’une personne. 

Là aussi, le préposé à la protection des données met les utilisateurs en garde: «Le danger est que des personnes puissent obtenir des données qui peuvent être utilisées contre vous. Suivre vos mouvements permet aussi de savoir ce que vous faites habituellement le jeudi soir, par exemple qu’il n’y a personne chez vous.» 

Les données d’utilisation 

Auto Tunnel

Beaucoup de nouvelles voitures envoient des données aux constructeurs automobiles.

(Keystone)

Les objets peuvent parfois aussi récolter des données. Les voitures modernes envoient pas exemple aux fabricants automobiles de nombreuses informations, via le réseau de téléphonie mobile, et cela à l’insu des automobilistes, comme l’explique une émission pour les consommateurs de la télévision suisse alémanique, SRFLien externe. L’avantage de ce système est qu’il constitue une bonne protection contre les vols. 

«La grande question aujourd’hui est de savoir à qui ces données appartiennent. Ma voiture, donc mes données? Ou les données appartiennent-elles au fabricant? Peut-il les utiliser pour ne pas être tenu pour responsable de quelque chose ou utilise-t-il mes données contre moi, en les livrant à la police? Je dois pouvoir choisir quelles données je mets à disposition et à quel moment. Aujourd’hui, mes données sont souvent utilisées sans mon consentement explicite», indique Beat Rudin. 

Données personnelles 

Le réseau social Facebook a annoncé récemment que ses utilisateurs pourraient dans le futur écrire en pensant les mots. 

Le réseau social Facebook a annoncé récemment que ses utilisateurs pourraient dans le futur écrire en pensant les mots. 

(Keystone)

Facebook, Instagram, LinkedIn font office de vitrine numérique dans laquelle nous nous présentons de manière plus ou moins détaillée. Beaucoup y partagent des informations personnelles, comme leur date de naissance ou une partie de leur parcours professionnel. Les annonceurs dépendent de ces profils, car ils peuvent ainsi leur proposer de la publicité personnalisée. 

«Ici, le danger est que les données que je partage soi-disant seulement avec mes amis soient aussi disponibles pour des gens qui sont tout sauf mes amis. Ils peuvent ainsi les utiliser contre moi. Lorsque j’observe les jeunes d’aujourd’hui, je constate qu’ils ont déjà une conscience plus aiguë de ce qu’ils postent, quelle déclaration ils font au sujet de qui. Ils sont souvent plus réservés que la génération de plus de 50 ans», constate Beat Rudin.

Loi sur la protection des données 

Le gouvernement suisse veut renforcer la protection des données et l’adapter aux technologies et à la société d’aujourd’hui. En décembre 2016, il a mis en consultation un avant-projet de révision totale de la loi sur la protection des données (LPD)Lien externe. En révisant la loi, le Conseil fédéral entend notamment rendre le traitement de données plus transparent et renforcer le droit de chacun à disposer de ses propres données. La consultation prendra fin en avril 2017 et l’entrée en vigueur de la nouvelle loi est prévue à l’été 2018. 

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(Traduction de l'allemand: Katy Romy)

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