Revue de presse Avalanche de superlatifs pour le retour gagnant de Federer




Tout le monde aime Roger - et pas seulement la presse à Melbourne.

Tout le monde aime Roger - et pas seulement la presse à Melbourne.

(Keystone)

Après six mois loin des courts à soigner son genou et son dos, Roger Federer remporte à l’Open d’Australie son 18e titre en Grand Chelem, contre un Rafael Nadal pourtant donné favori. Un retour gagnant qui a largement de quoi déchaîner la presse.

«Une victoire pour l’éternité», «Le plus grand de l’histoire», «Miracle mondial», «Fantastique et simplement géant», «Les étoiles brillent pour Federer», «Federer est plus grand que le Cervin». «Merci Roger!» Vous en voulez encore? Il n’est qu’à parcourir des yeux la devanture d’un kiosque à journaux ce matin pour voir s’aligner les superlatifs jusqu’à plus soif.

Et bien sûr la photo du héros du jour truste elle aussi toutes les «unes». Pour la ‘Basler Zeitung’, quotidien de la patrie de Roger, les mots sont d’ailleurs inutiles. Juste une photo du vainqueur de Melbourne brandissant son trophée, sans le moindre texte. Et en pages intérieures, l’affirmation que «bien que nous ne soyons encore qu’à fin janvier, cette victoire est d’ores et déjà le résultat sportif de l’année». Quant à savoir si l’enfant du pays est «le plus grand de tous les temps», le journal admet tout de même que seul l’avenir le dira. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’il est déjà «le plus grand de l’histoire».

Elégant et humain

Comme tous les autres, ‘Le Temps’ rappelle que cette victoire, Federer l’attendait depuis quatre ans et demi, depuis son dernier titre remporté à Wimbledon en juillet 2012. Alors, «comment a-t-il réussi ce retour triomphal, alors qu’il y a quelques mois encore, il ne savait pas s’il pourrait rejouer au plus haut niveau? C’est que, même relégué au 17e rang mondial, le maître n’a plus rien à prouver. Roger Federer ne se soucie plus de marquer l’histoire. Il aime jouer au tennis, tout simplement».

Et le quotidien romand de mettre en exergue cette citation du maître: «Le tennis est un sport cruel, sans match nul. Mais j’aurais aimé partager cette victoire avec Rafa». Suprême élégance.

«Mais pour une fois, il a quand même aussi eu un peu de chance, relèvent avec d’autres le ‘Tages-Anzeiger’ et le ‘Bund’. Après deux jours de pause, il a pu arriver en finale plus frais et mieux préparé que Nadal. Et persévérant comme il l’est, il a su saisir sa chance au bon moment».

Pour le tabloïd alémanique ‘Blick’, «la perception que nous avons de Federer s’est fortement modifiée ces derniers temps. Les défaites parfois sévères l’ont rendu plus palpable, les larmes plus humain. Sa conversion de prodige du tennis en père de quatre enfants nous a touchés et c’est pour cela que ce comeback nous va droit au cœur. Nous nous identifions plus fortement à lui».

Roger qui êtes au cieux

Encore dans le registre dithyrambique, ‘24 heures’ et ‘La Tribune de Genève’ disent «Merci Roger, tout simplement». Simplement? Pas tout à fait, du moins s’il s’agit de poser la question de l’avenir de ce «jeune» champion de 35 ans et demi. «Et maintenant? Abrupte, la question n’interpelle pas Roger Federer. Non, lui flotte pour toujours au-delà de la temporalité, éternel dieu du tennis». Alléluia.

De manière plus profane, la ‘Neue Zürcher Zeitung’ salue cette cinquième victoire à Melbourne comme étant «vraisemblablement le plus grand et le plus important titre de sa carrière». Car il représente, «plus que tous les précédents, une libération personnelle», obtenue après trois finales perdues contre Djokovic.

Pour la ‘Berner Zeitung’ aussi, le Bâlois vient de livrer à Melbourne sa plus grande performance. «Pour aucun de ses désormais 18 titres en Grand Chelem, il n’avait dû travailler aussi dur. C’est la première fois qu’il doit livrer trois matches de cinq sets en un tournoi et battre au plus haut niveau quatre joueurs du top 10, avec une finale contre sa bête noire».

Hommage mondial

Icône planétaire, Roger Federer suscite également ce matin l’enthousiasme de la presse internationale, avec parfois des accents de déjà-vu. Ainsi, ‘The Australian’ applaudit une performance qui «pourrait être saluée un jour comme la meilleure de sa brillante carrière» et «une finale pour l’éternité, contre un autre vétéran, Rafael Nadal». En Australie également, le ‘Daily Telegraph’ a vu «le roi Federer retourner le temps et s’asseoir à nouveau sur son trône».

En France, ‘L’Equipe’ voit en le joueur suisse «un diamant éternel». «Si le Barça est plus qu'un club, Roger Federer est plus qu'un champion. Ce dimanche 29 janvier, il a réconcilié les anciens et les modernes, les Rolling Stones et les Beatles, les croyants et les athées».

Poursuivant dans la métaphore joaillière, ‘Le Soir’ de Bruxelles rappelle que «les diamants sont éternels», tandis que pour ‘Dernière Heure - Les Sports’, en Belgique également, Federer est «le plus grand de tous les temps».

En Espagne, patrie de Nadal, ‘El Pais’ titre «I love you Federer», mais non sans rendre hommage aux deux finalistes. «Quand on joue au tennis comme Roger Federer et Rafael Nadal, c’est plus qu’une compétition, c’est une forme de vie. Dans chaque partie se joue plus qu’une victoire. Federer est l’évolution finale du tennis, la technique convertie en quelque chose de beau et de puissant».

Au Danemark, ‘Ritzau’ s’enthousiasme pour la qualité d’un «captivant duel de rois, un match attendu avec passion, et qui a tenu toutes ses promesses». Un match que le journal finlandais ‘Ilta-Sanomat’ qualifie de «thriller». Quant au Norvégien ‘VG’, qui se demande si Federer est «le plus grand sportif de tous les temps?», eh bien… après tout cela, on ne voit guère qui pourrait encore répondre non. Du moins aujourd’hui.

swissinfo.ch

×