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Les enseignants du canton de Neuchâtel s'opposent à la détérioration de leurs conditions de travail, et ont notamment manifesté sur la place de la gare de La Chaux-de-Fonds.

KEYSTONE/LEO DUPERREX

(sda-ats)

Quelque 700 enseignants neuchâtelois étaient en grève mardi. Ils ont ainsi voulu manifester leur opposition au projet de grille salariale du Conseil d'Etat qui doit entrer en vigueur en janvier 2017.

Le bras de fer pourrait encore durer. A l'issue d'une assemblée générale mardi en fin de journée, les enseignants du Syndicat des services publics (SSP) ont décidé de reconduire le mouvement de grève mercredi. La décision a été prise à une écrasante majorité, a indiqué à l'ats Claude Grimm, secrétaire syndicale du SSP.

De son côté, le Conseil d'Etat n'entend pas retirer son projet de grille salariale comme l'exigent le Syndicat autonome des enseignants neuchâtelois (SAEN) et le SSP. "L'entrée en vigueur de la grille salariale n'est pas négociable", a répété la conseillère d'Etat Monika Maire-Hefti sur les ondes de la RTS. "Ma porte est toujours ouverte", a-t-elle assuré.

Depuis plusieurs mois, la situation n'a cessé de se tendre. Les syndicats attendent du gouvernement qu'il entame de nouvelles négociations.

"On ne lâchera pas, on ira jusqu'au bout", a déclaré le coprésident de la section enseignants du SSP région Neuchâtel Michel Gindrat. "Nous faisons une grève parce que nous voulons gagner", a-t-il ajouté sous les acclamations de quelque 600 personnes rassemblées sur la Place de la gare à La Chaux-de-Fonds.

Forte mobilisation

La grève d'aujourd'hui est massive et touche tout le canton, depuis les villes jusqu'aux écoles des villages", a souligné le coprésident de la section enseignants du SSP. Michel Gindrat a affirmé n'avoir jamais vécu une telle mobilisation du corps enseignant lors d'un mouvement de grève.

Devant la gare de la Métropole horlogère, les enseignants avaient déployé de nombreuses banderoles sur lesquelles l'on pouvait lire par exemple "L'Etat économise - l'école agonise", "Futurs profs en solde" ou "Ecole neuchâteloise à vendre".

Dans la matinée, un cortège funèbre a rejoint le Château de Neuchâtel, siège des autorités. Vêtus de noir, les quelque 200 participants ont simulé l'enterrement de l'école. Ailleurs dans le canton, des enseignants grévistes sont allés à la rencontre de la population pour expliquer les raisons de leur mouvement.

Environ 25% des effectifs au niveau de l'école obligatoire, quelque 530 enseignants, avaient annoncé leur intention de s'associer à la grève, selon des chiffres du Département de l'éducation et de la famille cités par les médias régionaux. Au plan post-obligatoire, la participation serait de 12%, soit environ 120 personnes.

Ras-le-bol des enseignants

"Cette mobilisation témoigne du ras-le-bol et de la colère des enseignants", a déclaré Claude Grimm. Le préavis de grève avait été lancé la semaine dernière lors de la journée syndicale de la section neuchâteloise du SSP.

Ce mouvement de protestation dans la rue vient s'ajouter à une grève administrative lancée fin septembre. Les syndicats avaient invité les enseignants à suspendre tout acte qui ne touche pas directement les élèves, comme le transfert de notes dans un système informatique.

Valoriser la profession

Les syndicats estiment que la nouvelle échelle salariale dévalorise la profession alors que les enseignants neuchâtelois sont déjà parmi les moins bien rétribués de Suisse. Ils estiment que le projet du Conseil d'Etat abaisse leurs perspectives salariales.

La fonction publique neuchâteloise n'était pas la seule à descendre dans la rue mardi. A Aarau (AG), entre 8000 et 10'000 enseignants et fonctionnaires ont manifesté contre les mesures d'économie touchant la formation et le personnel de l'Etat. Les enseignants ont remis une pétition munie de 48'000 signatures au président du Grand Conseil argovien contre les coupes dans la formation.

sda-ats

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