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Grand Basel L’art et le charme du design automobile

Le salon Grand Basel a pour la première fois ouvert ses portes au public jeudi dernier. Le logo géant de cette exposition d’automobiles exclusives est suspendu au-dessus des portes d’entrée de la foire de Bâle. L’occasion de découvrir toute une série de voitures d’exception, d’Alfa-Romeo à Zagato – oldtimer, bolides et super cars de hier à aujourd’hui. 

Je me demande si le seuil des 12'000 visiteurs sera atteint. En tout cas, les organisateurs, ambitieux dès le départ, se montrent satisfaits. «Il s’agit de chefs-d’œuvre, de voitures significatives.» Ou encore: «Ces voitures sont de l’art.»

La halle 1 ne s'est remplie que lentement jeudi dernier. Les deux jours précédents étaient réservés aux collectionneurs et aux VIP. Jeudi, donc, c'était la première journée d'exposition ouverte au public et je me sentais en excellente compagnie. Il s'agissait principalement de visiteurs, dont beaucoup étaient munis d'une caméra, ou du moins d’un smartphone sorti à hauteur de poitrine. Il n'y avait que quelques femmes, la plupart accompagnées et rarement seules ou entre elles. Quand on célèbre tant de splendeur et de beauté, on se sent un peu comme dans une église. L’écho des pas et les conversations feutrées se diffusent dans la salle d'exposition modérément peuplée, presque vide.

A une extrémité du couloir central d'exposition, baptisé Grand Avenue, le professeur Paolo Tumminelli se trouve au centre d'un groupe de visiteurs intéressés par le design. Il y a soudain ici une concentration particulièrement élevée de femmes. Carré ou rond? telle est la question que l'on tente de discuter en groupe. Plutôt rond, c’est anthropomorphe et ça plaît aux gens. Et les courbes des corps sur quatre roues deviennent ainsi aussi des objets féminins de désir et des sirènes qui nous séduisent par leur chant séduisant.

On trouve ensuite une irritation évidente, au milieu du concept minimal d'exposition, une Fiat Panda rouillée avec des sièges usés sur une moquette de gazon artificiel. C'est drôle et cela a du sens, car la Fiat est certainement aussi une icône du design. Mais affubler la voiture du slogan «Save the Panda» pour la placer ainsi au niveau d'une espèce menacée d'extinction est plutôt embarrassant et dénote une faute de goût face à un si bon design.

Grand BaselLien externe est une invention du groupe MCH, qui gère également Art Basel ou encore Baselword, la foire du luxe et de la haute horlogerie qui a récemment connu des difficultés financières à la suite du retrait du Swatch Group. En plus des fans habituels de belles voitures, qui resteront un rêve inaccessible pour le visiteur normal, les organisateurs s'adressent en priorité aux concessionnaires et collectionneurs du monde entier.

Sont présentées ici des automobiles qui ne sont pas seulement exposées, mais qui ont fait l’objet d’une véritable curation par un groupe d'experts. Ce dernier a sélectionné une centaine de véhicules de grande valeur culturelle, d'importance historique et avec un design exceptionnel. Les voitures ont été garées dans des vitrines semblables à des boxes, un concept d'exposition modulaire spécialement développé pour Grand Basel. La valeur d’assurance des véhicules se monte à 300 millions de francs. La plupart des objets exposés proviennent de Suisse. Dans la publication gratuite qui accompagne l'exposition, le titre le répète: «Les voitures sont de l'art!» En feuilletant le magazine, on y apprend qu’il existe des gens qui collectionnent des véhicules tels que ceux montrés ici comme des timbres. Environ un quart des voitures étaient à vendre.

L’exposition va bientôt se faire itinérante. Grand Bâle sera en février à Miami et un peu plus tard dans l'année à Hong Kong.