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Le conseiller fédéral Alain Berset (au centre) a dû braver la pluie dimanche lors de l'inauguration du nouveau bâtiment du Musée national à Zurich.

KEYSTONE/ENNIO LEANZA

(sda-ats)

Alain Berset et Johann Schneider-Ammann ont entamé le marathon des discours du 1er août samedi. Le ministre de la culture a ouvert les feux à l'inauguration du bâtiment du Musée national à Zurich, tandis que le président de la Confédération a traversé les Alpes.

"La nature pleine d'humour de Dimitri, son rayonnement positif et son rire vont nous manquer", a dit M. Schneider-Ammann à Lòdano, dans le Val Maggia tessinois, évoquant le décès d'une figure de la région, le clown tessinois mort le soir du 19 juillet après un malaise, à l'âge de 80 ans.

Concernant le problème de la sous-enchère salariale, qui occupe de plus en plus les débats au Tessin, le président de la Confédération a affirmé qu'il peut être résolu en commun et à l'aide des mesures d'accompagnement. Ce qui est important, c'est que le marché du travail reste ouvert, a ajouté le libéral-radical.

Il est très important pour la cohésion nationale que les autres parties du pays entretiennent des relations fortes avec le Tessin, a poursuivi le ministre. A ce titre, la nomination du Tessinois Jörg De Bernardi au poste de vice-chancelier apporte une grande aide pour renforcer les liens entre l'administration fédérale, le Conseil fédéral et les autorités tessinoises.

Les tunnels renforcent les liens

L'ouverture du tunnel ferroviaire de base du Gothard raccourcit en outre les temps de parcours entre la Suisse alémanique et le canton méridional, ce qui va encore rapprocher les deux parties du pays, a souligné Johann Schneider-Ammann. Avec le vote positif pour un deuxième tube routier au Gothard, la cohésion nationale s'est également renforcée en février dernier.

M. Schneider-Ammann a encore loué la commune de Lòdano pour sa disposition à accueillir des réfugiés érythréens. A ses yeux, cette forme de solidarité et cette ouverture envers les personnes qui ont besoin de protection sont une grande force de la Suisse.

Une seule Suisse

"Il ne peut y avoir deux Suisse, il n'y en a qu'une", a lancé pour sa part Alain Berset à Zurich. La clef du succès, selon le ministre de l'intérieur, est la préservation des équilibres sociaux et régionaux.

S'exprimant dans le cadre de l'inauguration du nouveau bâtiment du Musée national à Zurich, le ministre de la culture a souligné que la construction de cette nouvelle aile de l'institution est un exemple d'une dimension du futur dont la Suisse a aussi besoin. "Une extension confiante, mais aussi respectueuse de notre propre image, ne peut que nous faire du bien".

L'esprit du temps, en Suisse comme ailleurs, est marqué par le repli sur soi, la peur de l'avenir et le maintien des acquis, d'après le conseiller fédéral. Ceci bien que la révolution numérique semble faire fi des frontières, et malgré les possibilités insoupçonnées qu'elle révèle.

Débat et compromis

Notre identité fluctuante peut paradoxalement s'avérer une grande force, car elle nous pousse à nous inventer nous-mêmes, selon M. Berset. Elle a fourni à la Suisse une longueur d'avance par rapport à l'Europe, dont les Etats membres doivent se réinventer ensemble pour des raisons politiques, économiques ou démographiques.

En tant que petit pays, la Suisse a besoin de "stratégies intelligentes". Il s'agit de penser l'économie à travers des scénarios et des options, mais sans mettre en danger l'identité et les institutions.

Le pays ne peut se muer en une société "dans laquelle la méfiance réciproque rend impossible un débat sensé et étouffe dès le départ tout compromis", avertit Alain Berset.

Le Brexit a encore montré clairement qu'avec la globalisation, une forte tension a vu le jour entre capitalisme et démocratie. Or bien que la Suisse soit très globalisée et très démocratique, M. Berset se dit convaincu qu'elle a une bonne chance de surmonter ces tensions.

sda-ats

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