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L'«e-voting» coûterait jusqu'à 600 millions

Pour que toute la Suisse puisse voter sur Internet ou sur son portable, il faudrait investir entre 400 et 600 millions de francs. C'est l'estimation de l'actuelle chancelière de la Confédération Annemarie Huber-Hotz.

Quant aux Suisses de l'étranger, les premiers essais à leur intention devraient avoir lieu l'année prochaine. Mais il est d'ores et déjà clair que le Parlement de 2011 ne sera pas élu électroniquement.

Actuellement, des projets pilotes d'«e-voting» existent dans les cantons de Zurich, Genève et Neuchâtel. Mais pour arriver à une couverture nationale, il faudrait injecter encore entre 400 et 600 millions de francs, y compris pour l'harmonisation des registres.

Pour l'heure, les essais de vote électronique ont eu lieu uniquement lors de votations, où les citoyens doivent choisir entre un «oui» et un «non». Annemarie Huber-Hotz explique que des essais lors d'élections cantonales, avec des listes de partis et de noms, seraient également les bienvenus.

A noter qu'une première électorale sera tentée le 25 novembre dans le canton de Zurich, pour le deuxième tour du Conseil des Etats (Chambre haute du parlement fédéral), où deux candidats seulement sont en lice.

En l'état, un canton peut poursuivre ses essais sans autorisation spéciale de la Chancellerie après cinq tests concluants. Et la Confédération prend en charge 80% des coûts.

Question de sécurité

Mais Annemarie Huber-Hotz ne cache pas qu'il reste de nombreuses questions techniques à résoudre, notamment sur le plan de la sécurité. «Il faut garantir les mêmes standards qu'avec le vote traditionnel par bulletins», explique la chancelière.

C'est la raison pour laquelle l'ordonnance sur les droits politiques, qui doit entrer en vigueur en 2008, limite à 10% du corps électoral le nombre de citoyens qui peuvent être concernés par un essai de vote électronique. Ce qui représente quelque 470'000 personnes.

Devant de la dernière session du parlement, la chancelière de la Confédération a justifié cette limite en rappelant que durant les sept dernière années, une votation fédérale sur cinq s'est jouée avec une marge de moins de 10% entre les «oui» et les «non».

«Quand tous les cantons auront conduit des expériences pilotes sûres, nous pourrons sans problème lever cette clause», précise Annemarie Huber-Hotz.

Patience

Jusqu'ici, outre les trois cantons pilotes, seuls Saint-Gall et Berne ont manifesté leur intérêt pour le vote électronique. Des discussions ont aussi eu lieu avec le canton de Vaud. «Nous espérons pouvoir faire des essais en 2008 avec les Suisses de l'étranger», explique la chancelière.

Il ne faut cependant pas aller plus vite que la musique. Il n'y aura sans aucun doute pas de vote par Internet ou téléphone portable pour le renouvellement du Parlement en 2011, estime Annemarie Huber-Hotz.

Selon elle, il ne faut pas être trop gourmand. Il s'agit déjà de poursuivre les projets en cours et d'en lancer de nouveaux pour les votations. Et le reste suivra.

Entre satisfaction et regrets

Les Suisses résidant à l'étranger réclament depuis longtemps le vote électronique. En effet, cette technologie moderne leur permettrait d'exercer plus facilement leurs droits de citoyens. Dans certains pays en effet, les lenteurs des services postaux les empêchent aujourd'hui encore de recevoir à temps le matériel électoral ou de vote.

Les dernières nouvelles en provenance de la Chancellerie de la Confédération suscitent à la fois satisfaction et regrets auprès de l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE).

«Nous sommes très satisfaits que les Suisses de l'étranger soient inclus dans les essais, car ce sont eux qui sont en premier lieu intéressés par le vote électronique, déclare à swissinfo son directeur Rudolf Wyder. C'est une demande que nous faisions depuis longtemps.»

«Le vote électronique généralisé à l'horizon 2011 aurait été réaliste pour un pays développé comme la Suisse, regrette cependant le directeur de l'OSE. Il manque encore de volonté politique pour faire aboutir le vote électronique en Suisse. Il faut aller de l'avant.»

swissinfo et les agences

Projets pilote

Le 25 novembre, pour le deuxième tour de l'élection au Conseil des Etats, les citoyens de trois communes zurichoises, soit Bülach, Schlieren et Bertschikon, pourront voter par internet ou sur leur téléphone portable.

Deux autres projets pilote existent dans les cantons de Genève et de Neuchâtel. Ils ne concernent que le vote par Internet. A Genève, selon la Chancellerie cantonale, 40% des citoyens peuvent déjà voter en ligne, tandis qu'à Neuchâtel, l'essai concerne 4700 personnes.



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