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L’islam en Suisse Dix ans de l’initiative anti-minarets: retour sur une votation âprement disputée

Il existe en tout et pour tout quatre mosquées avec minaret en Suisse. Leur construction est interdite depuis 10 ans dans la Constitution. 

(Reuters / Wikimedia / Keystone )

Il y a dix ans jour pour jour, une majorité du peuple et tous les cantons acceptaient une initiative populaire qui interdisait la construction de nouveaux minarets en Suisse. Retour sur des débats très vifs qui ont eu lieu à l’époque et sur ce qui a changé depuis.  

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Plus de la moitié des citoyens (53,4%) s’étaient prononcés sur cette initiative lors du vote du 29 novembre 2009. Celle-ci avait été acceptée par 57,5% des votants et par tous les cantons. Pourtant, tous les partis politiques, les Églises ainsi que les organisations islamiques à l’intérieur et à l’extérieur de la Suisse préconisaient son rejet. La proposition n’était soutenue que par l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) et l’Union démocratique fédérale (UDFLien externe / droite chretienne). 

Pas de coup de frein 

Aujourd’hui, dix ans après l’acceptation de cette initiative, le nombre de musulmans continue d’augmenter en Suisse et la construction de mosquées – certes sans minaret – s’est poursuivie dans plusieurs cantons. 

L’islam constitue la troisième religion de Suisse en importance. La communauté musulmane compte 450'000 membres et représente un peu plus de 5% de la population, mais elle est très hétérogène, en termes de provenance et d’attitude face à la religion. Environ 350 associations représentent les intérêts de cette communauté. Quant aux mosquées, on en dénombre 300, dont quatre seulement disposent d’un minaret construit avant l’interdiction de 2009. 

Des débats qui se poursuivent 

En 2009, les débats entre les deux camps avaient été vifs. Les partisans de l’initiative estimaient notamment que l’interdiction des minarets empêcherait une islamisation de la Suisse et enverrait un signal aux pays où les droits des chrétiens sont bafoués. Parmi les adversaires du texte, on soulignait volontiers que la très grande majorité des musulmans de Suisse ne posent aucun problème et que l’interdiction des minarets tenait surtout d’une démarche xénophobe. 

Dix ans plus tard, les esprits semblent un peu moins échauffés, mais les débats autour de l’islam se poursuivent. Des intervenants ont à plusieurs reprises mis en garde contre la stigmatisation et ont fait état d’une hausse croissante des cas de discrimination religieuse. 

Les débats concernent également la place à accorder à l’islam, qui n’est pas (encore) reconnu comme religion officielle. Autre débat récurrent: celui du voile.   Deux cantons ont mis en place une interdiction du port de la burka et, à l’échelle nationale, le Conseil des États (Chambre haute du parlement) va débattre très prochainement d’une initiative populaire demandant  «l’interdiction de se dissimuler le visage»Lien externe.

Enfin, la radicalisation religieuse reste un problème d’actualité. Des poursuites pénales sont pendantes contre des djihadistes qui sont partis de Suisse pour rejoindre des zones de conflit comme la Syrie et les débats sur leur citoyenneté ne sont pas clos. 



Version française adaptée par Olivier Pauchard

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