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Suspension momentanée de l'aide humanitaire onusienne en Syrie

KEYSTONE/EPA SYRIAN RED CRESENT/SYRIAN RED CRESENT / HANDOUT

(sda-ats)

L'ONU a suspendu ses convois humanitaires en Syrie, a annoncé mardi un porte-parole à Genève. Les Nations unies réagissent au raid de la ville contre un convoi acheminant de l'aide près d'Alep. Ce raid a fait plusieurs morts dont un employé du Croissant-Rouge syrien.

"Tous les convois sont suspendus en attendant une nouvelle évaluation de la situation sécuritaire" en Syrie, a déclaré le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Jens Laerke. Il a aussi demandé la mise en place d'une "enquête" sur ce raid. Le convoi touché lundi transportait notamment de l'aide des Nations unies, a-t-il dit lors d'un point de presse.

"Un responsable (du Croissant-Rouge) et des civils ont perdu la vie" dans ce raid, a déclaré de son côté un porte-parole de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Benoît Carpentier, précisant que ce bilan pouvait évoluer. "Plusieurs civils ont été tués et blessés", a-t-il martelé.

Le président du CICR, Peter Maurer, a déclaré de son côté que l'attaque d'Alep était une "violation flagrante" du droit humanitaire international et qu'elle était "inacceptable".

Le raid a endommagé au moins 18 des 31 véhicules du convoi de l'ONU et du Croissant-Rouge syrien. Il livrait de l'aide à 78'000 personnes à Orum al-Koubra, a précisé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

Crime de guerre

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres et bénéficiant d'un large réseau de correspondants en Syrie, n'était pas en mesure de préciser de quelle nationalité étaient les avions ayant mené ces frappes. Mais aucun groupe rebelle syrien ne dispose de force aérienne.

"S'il s'avère que cette attaque impitoyable a délibérément visé des humanitaires, alors elle équivaut à un crime de guerre", a déclaré Stephen O'Brien, le patron des opérations humanitaires de l'ONU.

Sans directement accuser Moscou, le porte-parole du département d'Etat américain John Kirby a assuré que les Etats-Unis étaient "scandalisés" par l'attitude de la Russie, alliée du régime de Damas. Ils "soulèveront la question directement auprès de la Russie", a-t-il précisé.

L'armée russe dit pour sa part enquêter sur les "informations" concernant ce convoi touché, a déclaré mardi à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il a ajouté que la trêve ne pouvait reprendre que si les "terroristes" cessent leurs attaques contre les positions des forces du président syrien Bachar al-Assad.

Reprise des bombardements

D'Alep à la banlieue de Damas, les Syriens ont retrouvé le bruit des bombardements et des tirs nocturnes, après une semaine de fragile accalmie sur les principaux fronts de la guerre.

Les raids ont été surtout violents à Alep et dans sa province. "Plus de 40 frappes aériennes" ont visé les zones rebelles depuis l'annonce par l'armée syrienne de la fin du cessez-le-feu lundi en fin d'après-midi.

Au moins 36 civils ont été tués, selon l'OSDH, soit neuf de plus qu'en une semaine de trêve.

sda-ats

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