L'opposition nicaraguayenne a annoncé mardi la formation d'une "Coalition nationale" pour affronter le parti du président Daniel Ortega aux élections de 2021. Une fois l'accord signé, les militants ont fait quelques "manifestations express", dispersées par la police.

"Nous, sept organisations, avons lancé la Coalition nationale" pour reconstruire la démocratie, selon une déclaration fondatrice lue par Yubrank Suazo, un responsable politique de l'opposition. Le texte a été signé par des représentants des sept mouvements dans un bâtiment du centre de Managua, en présence de nombreux militants de l'opposition, malgré la mobilisation policière aux alentours.

La coalition est notamment formée par l'Alliance civique pour la justice et la démocratie (ACJD) et l'Unité nationale blanche et bleue (Unab), deux plateformes surgies dans le sillage des manifestations anti-gouvernementales de 2018.

Un mouvement paysan né de la lutte contre un projet de canal interocéanique, défendu par le gouvernement, et le parti indigène Yatama en font également partie, ainsi que deux partis de droite, le Parti libéral constitutionnaliste (PLC) et le Parti de la restauration démocratique (PRD).

Les Forces démocratiques nicaraguayennes, composées d'ex-combattants "Contras", qui avaient lutté contre la révolution sandiniste menée par Daniel Ortega entre 1979 et 1980, ont également rejoint la coalition. "Les portes restent ouvertes" à d'autres formations, a déclaré l'opposant Carlos Tünnermann.

Intimidations et menaces

Après la signature de l'accord, les militants ont fait quelques "manifestations express", aussitôt dispersées par les forces de l'ordre. Au moins huit journalistes indépendants couvrant ces manifestations ont été molestés, sur la place de Metrocentreo et dans l'église Divina Misericordia.

"Ils sont arrivés à 100 policiers dans le centre commercial de Metrocentro, ils ont frappé et bousculé tout le monde", a dit le photographe de l'AFP Inti Ocon, dont le matériel a été abîmé. Le journaliste indépendant Yetsin Espinoza a affirmé pour sa part qu'un policier anti-émeute lui avait dit: "Je vais te tuer, toi et ta famille".

L'opposant Oscar Rosales a dit avoir été arrêté et maltraité par les forces de l'ordre. "Ils m'ont donné des coups de pied dans les côtes", a-t-il déclaré. "Ils m'ont traîné pendant quinze minutes, m'ont mis un canon de fusil dans la bouche et m'ont dit qu'ils allaient me tuer", a ajouté M. Rosales devant l'ONG Commission permanente de droits humains (CPDH).

Crise politique

Le Nicaragua, dirigé par l'ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega, traverse une grave crise politique depuis avril 2018. Une première contestation contre une réforme de la sécurité sociale s'est transformée en une vague de manifestations réclamant le départ du président, accusé d'avoir instauré une dictature corrompue, ainsi que des élections anticipées.

La répression a été sanglante. Plus de 325 personnes ont été tuées, près de 70'000 se sont exilées, des centaines d'opposants ont été emprisonnés. Le pays est plongé dans une profonde récession économique.

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