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La joie de la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi, distinguée de la récompense suprême à la Berlinale 2017.

KEYSTONE/AP/MARKUS SCHREIBER

(sda-ats)

La 67e Berlinale a décerné samedi soir son Ours d'or du meilleur film à "On body and soul", une romance de la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi. Favori des critiques, le Finlandais Aki Kaurismäki a reçu l'Ours d'argent du meilleur réalisateur.

Le film lauréat parle d'un homme et d'une femme se désirant mais ne parvenant pas à communiquer, sauf dans un rêve qu'ils partagent, où elle apparaît en biche et lui un cerf dans une forêt enneigée. Ils vont tenter de se rapprocher en évoquant leurs songes qui les emmènent loin de l'abattoir où ils travaillent.

"Nous voulions un film simple, clair comme de l'eau de roche et nous ne savions pas si le public allait nous suivre, car le film se voit uniquement avec un coeur empreint de générosité", a déclaré la réalisatrice en recevant son prix.

"Le jury est tombé amoureux de ce film, non seulement grâce à ses qualités, mais aussi car il nous rappelle un mot que nous utilisons parfois trop facilement: la compassion", a déclaré son président, le cinéaste néerlandais Paul Verhoeven.

Plaidoyer pour les réfugiés

Au terme d'un festival à la dimension politique assumée, le jury a décerné le prix du meilleur réalisateur au Finlandais Aki Kaurismäki, qui signe un plaidoyer pour les réfugiés dans "L'autre côté de l'espoir". Le film parle de la rencontre entre un migrant syrien échoué contre son gré dans la grisaille finlandaise, et un restaurateur local séparé de sa femme alcoolique, qui va lui venir en aide.

Il était favori pour l'Ours d'or, au côté de "Una mujer fantastica" du Chilien Sebastian Lelio, récompensé par le prix du meilleur scénario. Ce portrait d'une femme transgenre qui doit se battre pour exister à la mort de son compagnon a révélé l'actrice Daniela Vega, elle-même transgenre, qui a fait sensation à Berlin.

Mais c'est finalement la Sud-coréenne Kim Min-hee (la "Mademoiselle" de Park Chan-Wook) qui a été récompensée pour son rôle dans le film de son compatriote, Hang Sang-soo ("On the Beach at Night Alone"). Elle y joue une actrice malheureuse après un échec amoureux avec un réalisateur.

Un seul film africain

L'Autrichien Georg Friedrich, vu cette année dans deux films en compétition, a été couronné pour son rôle dans "Bright Nights". Il y incarne un père taiseux qui tente de renouer avec son fils adolescent lors d'un road trip en Norvège.

Parmi les autres prix décernés samedi soir, le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis a reçu le Grand prix du jury pour son film "Félicité", seul film africain en compétition. Il trace le portrait d'une chanteuse de bar à Kinshasa se battant pour son fils victime d'un accident.

Enfin, le Prix Alfred Bauer, en mémoire du fondateur du festival pour un film qui ouvre de nouvelles perspectives, a récompensé "Pokot" de la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland ("Europa, Europa"), qui signe un conte à la fois féministe et écologiste.

Deux coproductions suisses

Représentée dans plusieurs catégories à Berlin, c'est finalement par deux de ses coproductions documentaires que la Suisse s'est distinguée. Ainsi "Istiyad Ashbah" ("La chasse aux fantômes"), du réalisateur palestinien Raed Andon, a remporté le Prix du meilleur documentaire. Il est coproduit par la RTS, aux côté de la France, la Palestine et du Qatar.

Autre coproduction suisse, le documentaire nominé aux Oscars "I Am Not Your Negro" du réalisateur haïtien Raoul Peck, a, lui, obtenu le Prix du public dans la catégorie documentaire. Les deux films seront présentés en première Suisse dans le cadre du Festival international des droits humains à Genève, mi-mars. Ils sortiront ensuite au cinéma et seront diffusés sur la RTS avant la fin de l'année.

ATS