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La céramique suisse essaie le marché américain


Parent pauvre de l’expression artistique en Suisse, la céramique contemporaine helvétique se fraie un chemin aux Etats-Unis.

Une exposition s’ouvre au Musée Contemporain de Baltimore.

Les ateliers commerciaux de poterie mettent peu à peu la clé sous la porte en Suisse et la formation en céramique de la Haute École d’Arts Appliqués de Genève va fermer dans trois ans. S’ils ne sont pas prophètes en leur pays, les céramistes helvétiques trouvent pourtant un début de reconnaissance aux Etats-Unis.

La première exposition de céramique suisse contemporaine s’ouvre en effet au Musée Contemporain de Baltimore. 12 céramistes, originaires de plusieurs cantons, ont été choisis par des galeristes suisses et montrent leur travail jusqu’au 25 mars à l’invitation de la principale organisation professionnelle américaine, le Conseil National pour l’Education et les Arts de la Céramique (NCECA).

L’exposition se prolonge jusqu’au 25 mars en marge du 39ème congrès annuel de la NCECA, ce qui devrait assurer aux céramistes suisses une bonne visibilité, non seulement auprès du public averti de Baltimore et de la côte est des Etats-Unis, mais aussi auprès des 5000 membres de la NCECA, qu’ils soient galeristes, collectionneurs, marchands, professeurs et collègues céramistes venus des quatre coins du pays.

Art ou artisanat?

«En Amérique, le travail avec l’argile est accepté comme une forme normale d’expression artistique, alors qu’en Suisse, la céramique est vue comme un artisanat, et donc pour un céramiste contemporain, la Suisse est une impasse», indique à swissinfo Patrick King, le responsable de l’exposition de Baltimore à l’Association Céramique Suisse dont le siège est à Sursee.

Peter King explique qu’en Suisse, la céramique est enseignée dans des écoles techniques qui forment aussi des électriciens ou des plombiers. Aux Etats-Unis par contre, la céramique est «reconnue comme l’un des beaux-arts et intégrée dans tous les programmes des écoles d’art des universités», comme le précise à Andrea Cooper, la directrice adjointe du Musée Contemporain de Baltimore.

Totalement insérée dans la sphère artistique, la céramique aux Etats-Unis est aussi un «marché très vibrant et dynamique avec des collectionneurs très nombreux qui ne se contentent pas d’acheter, mais qui s’intéressent vraiment à la céramique et assistent aux congrès et aux autres évènements qui lui sont consacrés», ajoute Andrea Cooper.

Etrange politique

La seule exception au sein du système suisse est la filière céramique et design de la Haute École d’Arts Appliqués à Genève, mais Patrick King, de l’Association Céramique Suisse, déplore sa fermeture prochaine parce que «le gouvernement essaie de trouver de moyens de faire des économies».

Curieusement, car en apparente contradiction avec la politique suivie en Suisse, ou plutôt l’absence de politique dans le domaine de la céramique, le gouvernement fédéral soutient l’exposition de Baltimore.

En effet, le vernissage a été présidé jeudi soir par l’ambassadeur de Suisse à Washington, Christian Blickenstorfer, et l’exposition elle-même bénéficie d’une aide financière de Pro Helvetia.

Quoi qu’il en soit, les céramistes exposant à Baltimore veulent avant tout savourer la reconnaissance qu’ils commencent à recevoir. «Je suis très heureuse que nous puissions exposer dans un musée d’art contemporain et j’espère que cela ouvrira d’autres portes pour nous et pour les autres céramistes suisses», déclare ainsi la bernoise Ruth Amstutz, qui a créé sur place, au Musée Contemporain de Baltimore, une installation in situ mêlant céramique, plastique et autres matériaux.

swissinfo, Marie-Christine Bonzom



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