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Les oeuvres d'art spoliées par les nazis pourraient retrouver leur propriétaire d'origine. Durant les cinq prochaines années, la recherche de l'origine des oeuvres sera encouragée par l'Office fédéral de la culture (OFC) à hauteur de 2 millions de francs.

En Suisse, le problème a été mis en lumière avec la collection controversée de Cornelius Gurlitt, collectionneur décédé en mai 2014. Il avait hérité d'un important patrimoine artistique de son père, un marchand d'art controversé sous le troisième Reich. La collection comprend des Picasso, des Monet ou des Chagall, retrouvés dans son appartement à Munich.

Cornelius Gurlitt avait fait part de sa volonté de léguer sa collection au Musée des Beaux-Arts de Berne. Une commission a été créée en Allemagne pour retracer l'origine des centaines oeuvres d'art. Début janvier, cinq pièces volées par les nazis sur quelque 500 cas suspects ont été identifiées avec certitude.

Publication transparente

Le but de ce soutien est de sensibiliser les musées qui n'ont pas encore entrepris ce genre d'enquête à s'intéresser et à rechercher la provenance d'oeuvres potentiellement spoliées par les nazis.

Les résultats devront ensuite être publiés, "afin de rendre ce processus transparent et responsable", a expliqué Isabelle Chassot, la directrice de l'OFC, lundi devant les médias. Les musées qui n'ont pas attendu cette aide pour enquêter seront soutenus dans la publication des résultats obtenus.

Une mise au concours permettra de choisir les projets qui seront financés. Les demandes de contributions devront être déposées d'ici fin avril 2016. La décision de l'OFC se basera sur le prestige des institutions, l'importance des biens culturels, l'urgence des mesures, le rapport coût/utilité et le niveau d'autofinancement.

Car les contributions fédérales ne prendront en charge pas plus de la moitié du coût total des projets, avec un maximum de 100'000 francs et un minimum de 20'000 francs par projet.

Formation musicale encouragée

Dans le cadre du message culturel 2016-2020, Isabelle Chassot a également abordé le soutien à la formation musicale. L'initiative encourageant la musique et le chant auprès des jeunes âgés de 6 à 20 ans a été adoptée par le peuple en 2012.

La mise en oeuvre du programme "jeunesse et musique" sera lancée cette année, à travers la formation d'une centaine de moniteurs de musique, la création de camps de musique et l'encouragement des jeunes musiciens ou chanteurs talentueux. Ces mesures bénéficieront d'un budget de 2,5 millions de francs sur cinq ans.

Par ailleurs, les cours donnés par des écoles de musique subventionnées devront être meilleur marché pour les enfants et les jeunes, par rapport aux tarifs adultes. La formation musicale en général recevra 1 million pour cette période.

Pour des films 100% suisses

Autre nouveauté: la promotion de films et de documentaires suisses ou de coproductions suisses. Ce soutien est toutefois assorti de nombreuses conditions. Seuls les films disposant d'un budget important (2,5 millions de francs au minimum pour les fictions, 500'000 francs pour les documentaires) seront aidés.

Pour encourager le tissu économique local, les productions subventionnées seront tenues de tourner en Suisse principalement: 80% des dépenses d'une fiction et 60% d'un documentaire devront être faites sur sol helvétique. "La culture n'est pas seulement un moteur à innovation, mais aussi un important acteur économique, avec un chiffre d'affaires de 70 milliards", a commenté la Fribourgeoise.

Le budget 2016 dévolu à cette mesure se monte à 3 millions de francs. Ce programme n'entrera en vigueur qu'en juillet.

Editeurs soutenus

Les maisons d'édition suisses recevront un coup de pouce pour s'adapter à la numérisation de leur secteur. Le montant global pour 2016-2020 s'élève à 9,25 millions de francs. Les subventions seront attribuées sur concours.

Les grandes maisons d'édition actives depuis 4 ans au moins recevront des contributions s'échelonnant entre 7500 et 80'000 francs par an. Les petits éditeurs "qui se distinguent par leur rayonnement" toucheront des primes d'encouragement variant de 5000 à 7500 francs par an.

La directrice de l'Office de la culture s'est défendue de subventionner les maisons d'édition selon le principe de l'arrosoir. "Des critères vont être fixés. Et le soutien ira aussi à la production littéraire suisse", a-t-elle argumenté.

sda-ats

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