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Sylvie Durrer a dirigé la délégation suisse devant le Comité de l'ONU pour l'élimination des discriminations à l'égard des femmes (archives).

KEYSTONE/LUKAS LEHMANN

(sda-ats)

La Suisse est passée mercredi à Genève à la moulinette du Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW). Inégalités salariales, sexisme, voile intégral, elle a expliqué sa politique pour tenter d'améliorer la situation.

Les spécialistes de l'ONU ont eux ciblé leurs questions sur la réserve suisse sur le droit matrimonial par rapport à la Convention de l'ONU. Selon la délégation suisse, elle ne pourra pas être levée avant 2050.

L'interprétation "étroite" du Tribunal fédéral (TF) sur l'égalité, des quotas de représentation politique ou le mandat du Bureau fédéral de l'égalité (BFE) ont été évoqués. De même que la santé, l'éducation, les procédures judiciaires, les personnes handicapées, la fiscalité, le commerce d'armes légères ou l'action de femmes sur la prévention de l'extrémisme violent.

L'autonomie économique des femmes en Suisse "est encore incomplète", a admis de son côté la cheffe de la délégation suisse, la directrice du BFE Sylvie Durrer. Mais la Suisse "a fait de réels progrès" et "s'engage résolument", notamment pour renforcer la sensibilisation de la population.

Et Mme Durrer de citer les lignes directrices adoptées dans le programme de législature 2015-2019 et plusieurs rapports et réunions récents. Les femmes sont confrontées à des obstacles dans l'emploi, les postes à responsabilité où la situation est "insatisfaisante", l'égalité salariale ou les retraites.

Harcèlement psychologique

Une coalition d'une trentaine d'organisations avait dénoncé lundi ce décalage et la pauvreté qui touche aussi davantage les femmes. Une des expertes de l'ONU a elle demandé pourquoi la Suisse ne sanctionne pas les entreprises qui ne garantissent pas davantage de représentation féminine dans les postes dirigeants.

Mme Durrer a rappelé les mesures prévues par le Conseil fédéral pour la conciliation d'un emploi et de la vie privée ou l'évaluation tous les quatre ans des salaires dans les entreprises de plus de 50 employés. Ou encore celles du droit de la famille.

Une étude aura lieu en 2017 sur le stalking, nouvelle forme de harcèlement psychologique à l'égard des femmes. La Suisse veut aussi renforcer son dispositif contre les violences.

Sur les migrants, la protection contre la discrimination pour des raisons racistes ou religieuses "est une composante essentielle" de la politique du gouvernement, a ajouté Mme Durrer. La crise migratoire et les actes terroristes ont durci le débat sur le voile intégral. Mais la Suisse fera en sorte que les femmes musulmanes ne soient pas discriminées, a promis Mme Durrer.

Ciblée par les ONG

Lundi, parmi les critiques des ONG, FIZ/PROCORE avait regretté que la législation contre la traite ne mette l'accent que sur les poursuites. La hausse de la répression en matière de prostitution a contribué à rendre l'activité plus clandestine qu'auparavant, selon elle.

Terre des femmes Suisse a ciblé l'absence de l'octroi de l'asile aux femmes pour des persécutions liées au sexe. La parité n'est toujours pas non plus atteinte au Parlement fédéral, a déploré la Commission fédérale pour les questions féminines.

Après les précédentes recommandations du Comité de l'ONU, un plan d'action avait été établi en 2010. Le Comité rendra son rapport fin novembre, avec de nouvelles demandes.

sda-ats

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