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La Suisse tente de dépasser les antagonismes



Attaqué par un front mondial d'ONG, miné par les divergences entre gouvernements, le processus de libéralisation des marchés négociée au sein de l'OMC est aujourd'hui en panne. La Suisse multiplie les efforts pour sortir de l'impasse.

Le Forum économique de Davos partage le privilège avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'incarner, aux yeux des antiglobalisations, le pouvoir jugé exorbitant des sociétés transnationales et des règles économiques faites pour les servir.

Nombre d'ONG considèrent en outre que le Forum de Davos n'a aucune légitimité. «On peut également se demander d'où ces ONG tirent leur propre légitimité», rétorque Luzius Wasescha, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux.

Ce vieux routier des négociations commerciales juge au contraire que le Forum de Davos est fort utile: «Dans le monde complexe que nous connaissons, nous ne pouvons que saluer tous les forums où les décideurs se retrouvent. Ils peuvent ainsi clarifier leur position. Mais le Forum de Davos n'est pas une plate-forme de négociation, contrairement à l'OMC».

Luzius Wasescha est cependant bien conscient des efforts à fournir pour améliorer l'architecture du commerce mondial. «Les changements extraordinairement rapides dans l'économie provoquent des angoisses légitimes dans la population. La lenteur des négociations commerciales multilatérales et de leur mise en oeuvre entraîne, elle, des frustrations dans bon nombre de gouvernements», analyse le haut fonctionnaire.

Ce cocktail explosif est à l'origine de l'échec de la conférence ministérielle de l'OMC à Seattle en novembre 1999. Reste à savoir comment sortir de cette impasse.

Le gouvernement suisse a depuis quelques années intégré les ONG dans les consultations qu'il opère avant de négocier des traités internationaux. «Les ONG font aujourd'hui partie des décideurs au même titre que les représentants des gouvernements ou de l'économie», juge Luzius Wasescha.

Il concède que des efforts pourraient encore être faits pour améliorer ce dialogue. «Mais nous croyons fermement que c'est d'abord le rôle du Parlement. Raison pour laquelle la Suisse soutient la création d'une entité parlementaire qui accompagne les activités de l'OMC», relève Luzius Wasescha.

Le délégué aux accords commerciaux tient également à rappeler les démarches déjà accomplies par la Suisse pour que l'ouverture des marché profite au plus grand nombre: «La Suisse a été à l'origine du débat commerce et environnement à l'OMC et qui a abouti, lors de la conférence de Marrakech, à la création d'un groupe chargé de ces questions».

Luzius Wasescha rappelle également que la Suisse a été extrêmement active, lors du sommet social de Genève, pour faire avancer la question des normes sociales.

Concernant les pays en développement, la Suisse a depuis longtemps ouvert son marché pour les exportations des pays les moins avancés (PMA). «Nous sommes d'ailleurs en train d'examiner une nouvelle étape de cette libéralisation», signale Luzius Wasescha. Soutenant une idée lancée par le commissaire européen Pascal Lamy, la Suisse pourrait supprimer les droits de douane et les quotas pour les produits en provenance des PMA.

La Suisse est également sensible aux difficultés rencontrées par nombre de pays du Sud, lors des négociations à l'OMC. «Nous sommes toujours présents lorsque l'OMC a besoin de fonds pour financer ses activités d'assistance technique et nous regrettons qu'un certain nombre de pays refuse - pour des raisons comptables - d'augmenter le budget de 700 000 francs consacré à l'assistance technique pour qu'il passe à 10 millions de francs».

Frédéric Burnand

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