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Le cauchemar de la guerre civile


«L'Egypte est un baril de poudre»


Par Isabelle Eichenberger et Renat Kuenzi


La répression anti-Morsi met l'Egypte à feu et à sang. (AFP)

La répression anti-Morsi met l'Egypte à feu et à sang.

(AFP)

Sanglante évacuation des manifestations des partisans du président renversé Mohamed Morsi, des morts par centaines, état d'urgence: la presse suisse revient sur le renforcement politique des Frères musulmans et la guerre civile qui s’annonce en Egypte.

«En voyant les images qui nous parviennent actuellement du Caire, on est bien forcé de parler de guerre civile». Pour le Blick, «l'Egypte est un baril de poudre qui peut exploser à chaque instant. Une élite contrariée, une économie stagnante, une colère diffuse et sans frein dans un peuple de 84 millions de personnes, tout cela forme en effet un mélange explosif».

«L’Egypte s’est réveillée avec un goût de sang dans la bouche. (…) Le drame que les médiateurs internationaux ont tenté d’éviter en vain au cœur de l’été s’est bel et bien noué.» Pour 24 Heures/La Tribune de Genève, le massacre du Caire est «sans retour»: «Deux ans durant, l’armée et les Frères musulmans se sont montrés incapables de jouer avec sincérité le jeu démocratique, revenant au final à leur affrontement historique.» Et le quotidien francophone d’émettre la crainte d’«un scénario de guerre civile à l’algérienne».

Le Bund partage cette opinion: «L'Egypte, semble-t-il, se dirige vers ce que personne n’avait pensé être possible: un avant-goût de guerre civile sur le Nil… Bien que les islamistes soient minoritaires, ils restent forts numériquement, idéologiquement, et surtout extrêmement bien organisés et préparés.» Et le quotidien bernois de craindre «le déchirement d’une nation»: «Plus la guerre de la rue durera, avec peut-être bientôt des actions terroristes, et plus les soldats de l'armée se demanderont sur qui ils tirent: sur des ennemis publics ou sur leurs enfants, frères, neveux, voisins.»

Le correspondant du Temps confirme ces doutes en titrant son reportage: «Ce n’était pas que des Frères musulmans, c’était des Egyptiens», citant un manifestant déboussolé. Et de conclure, après avoir raconté cette tragique journée, heure après heure: «Pour les modérés de tous les bords, la journée résonne comme un échec immense.»

Favoriser le culte du martyre

Pour la Neue Zürcher Zeitung, en décrétant l’état d’urgence,l’armée égyptienne «tombe le masque». «Cette escalade de violence engendrera ce qui se manifestait encore peu en Egypte en comparaison avec les autres pays de la région: le culte du martyre, qui à son tour réveillera le besoin de vengeance. Vengeance sur qui? L'éventail est large: policiers, soldats, Israéliens, étrangers et coptes.»

La Südostschweiz (Coire) renchérit: les Frères musulmans ne sont bien sûr pas innocents dans l'escalade. «Depuis l'échec de leur gouvernement, l'organisation islamiste refusait tout dialogue et elle profitera désormais de la mort de femmes et d’enfants (…) car ses chefs vont faire du sang de ces nouveaux martyrs le carburant de leur machine à recruter et se seront assurés la solidarité d'autres groupes islamistes.»

La Wochenzeitung estime également que le régime égyptien, «donne le beau rôle aux Frères musulmans avec cette escalade et lui facilite les choses (…) mais, simultanément, ceux-là savent qu'ils resteront un acteur politique important aussi dans le futur».

Pour 24 Heures/La Tribune de Genève, c’est «comme si l’ex-président Moubarak tenait sa silencieuse revanche, du fin fond de la prison de Torah, où l’aurait rejoint son successeur, Mohamed Morsi.»

swissinfo.ch



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