Le courtier zougois Glencore au pilori

Au siège zougois de Glencore, on rejette toute accusation.

Au siège zougois de Glencore, on rejette toute accusation.

(Keystone)

Faute de repreneur, la liquidation judiciaire de Metaleurop Nord a été prononcée.

Les avocats des salariés montrent du doigt Glencore, le courtier en matières premières zougois qui est un gros actionnaire de la maison mère Metaleurop.

Les jours de Metaleurop Nord étaient comptés. Exactement depuis le 17 janvier, c'est-à-dire depuis que Metaleurop SA a décidé de ne plus lui octroyer de nouveaux financements.

Glencore accusé

Les 830 employés de la fonderie de Noyelles-Godault dans le Pas-de-Calais vont donc être licenciés dans un délai de quinze jours. Et, faute d'argent dans les caisses de Metaleurop Nord, ils ne vont bénéficier que d'un plan social minimum.

Les avocats des salariés de la fonderie condamnée s'en prennent au courtier en matières premières zougois qui est actionnaire à 33% de Metaleurop.

«Glencore, accusent-ils, a repris ses billes pour les mettre dans des sociétés dans lesquelles elle est également actionnaire, en laissant tomber purement et simplement les salariés de Noyelles-Godault.»

Gangsters et complices

Depuis l'annonce de la faillite du groupe métallurgique, l'affaire a fait couler beaucoup d'encre. Le président français Jacques Chirac a même qualifié les managers de Metaleurop SA de «gangsters».

La critique n'a pas épargné Glencore. Le courtier zougois a carrément été accusé de «complicité» et de «pillage systématique» de Metaleurop SA.

Le groupe Metaleurop est notamment accusé d'avoir vendu à trop bon prix son unité d'électrolyse de zinc de Nordenham (Allemagne) à la société Xstrata, elle aussi basée à Zoug. Or Glencore possède quelque 40% de Xstrata.

De son siège zougois, Glencore rejette tout en bloc. Et parle de reproches «entièrement faux et ne reposant sur aucune base».

Extension de la procédure

Soupçonnant «une gestion de fait», les administrateurs judiciaires ont demandé l'extension de la procédure de redressement de Metaleurop Nord à la maison mère, Metaleurop SA.

Si cette extension était accordée, la maison-mère Metaleurop SA serait alors contrainte de puiser dans ses actifs pour éponger les dettes de sa filiale Metaleurop Nord.

Et cette confusion de patrimoine permettrait alors aux 830 salariés de la fonderie de négocier un plan social plus avantageux. L'audience est fixée au 21 mars.

swissinfo et les agences

En bref

- Glencore est actionnaire à 33% de Metaleurop, maison mère de Metaleurop Nord

- En 2002, Metaleurop Nord a perdu 150 000 euros par jour.

- Depuis 1894, l'usine de Noyelles-Godault a gravement pollué l'environnement.

- Des taux anormalement élevés de plomb ont été relevés dans les sols et des dizaines d'enfants sont atteints de saturnisme.

- Le coût de la dépollution du site a été chiffré à 20 millions d'euros par les autorités.



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