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La recette de cette nouvelle taxe, soit 174 millions de francs par an, "permettra d'augmenter les retraites", a précisé Catarina Martins, dirigeante du Bloc de gauche, un des alliés du gouvernement (image symbolique).

KEYSTONE/AP/FRANCISCO SECO

(sda-ats)

Le Portugal prélèvera une taxe sur le patrimoine immobilier des contribuables fortunés, d'une valeur fiscale supérieure à 650'000 francs, selon le projet de budget remis vendredi soir par le gouvernement socialiste au Parlement. La mesure prendra effet en 2017.

Cet impôt servira à financer le système de retraite du Portugal, a annoncé en milieu de journée le Premier ministre socialiste Antonio Costa. "La taxation des grandes fortunes immobilières servira à renforcer la pérennité de notre système de Sécurité sociale et contribuera à la justice fiscale", a-t-il déclaré devant les députés.

Si la valeur fiscale de la totalité des actifs immobiliers d'un propriétaire dépasse 600'000 euros (650'000 francs), un taux de 0,3% sera prélevé sur la partie supérieure à ce seuil, selon le projet de budget. La recette de cette taxe, soit 160 millions d'euros par an, "permettra d'augmenter les retraites", a précisé Catarina Martins, dirigeante du Bloc de gauche, un des alliés du gouvernement.

Secteur immobilier fâché

Ce projet, à l'étude depuis septembre, a suscité l'ire du secteur immobilier. "Cet impôt aura des effets dévastateurs sur le secteur et entamera la confiance des investisseurs étrangers", redoute Luis Lima, président de l'Association des agents immobiliers du Portugal.

Les investisseurs et particuliers étrangers affluent en ce moment pour acquérir des maisons et appartements. Au premier rang des acheteurs étrangers figurent les Français (27%), dont de nombreux retraités attirés par des exonérations fiscales, suivis des Anglais (18%) et des Chinois (13%).

"C'est une attaque fiscale sans précédent contre le secteur immobilier" alors que "le marché était en pleine croissance, attirant toujours plus d'investissement étranger", s'est insurgé l'Association des propriétaires lisboètes (ALP).

"Avec cette mesure, le gouvernement se tire une balle dans le pied. Le Portugal ne peut pas changer constamment les règles du jeu", a commenté à l'AFP Henrique Moser, avocat du cabinet Telles, spécialisé dans l'immobilier.

Visas en or

Le seuil de 600'000 euros permettra toutefois d'épargner la plupart des bénéficiaires des visas "gold". Ces permis de séjour sont accordés à des investisseurs non-européens qui gagnent ainsi accès à l'espace Schengen.

Pays en mal d'investissement, le Portugal octroie depuis fin 2012 ces visas à des candidats prêts à débourser au moins 500'000 euros pour un achat immobilier, investir au moins un million d'euros ou encore créer dix emplois.

En quatre ans, 3888 visas "dorés", soit un investissement de 2,37 milliards d'euros, ont été accordés. 2879 sont revenus à des Chinois. Brésiliens et Russes en sont également friands.

Touristes

Autre coup dur pour l'investissement immobilier, le gouvernement a décidé d'augmenter le niveau d'imposition des locations touristiques, qui bénéficiaient jusqu'ici de taux inférieurs à ceux de la location de longue durée.

Cette mesure intervient alors que le nombre de touristes hébergés à Lisbonne via la plateforme de location de logements entre particuliers, Airbnb, a doublé en 2015, à 433'000 personnes contre 213'000 l'année précédente.

sda-ats

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