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La cherté du franc a fortement impacté les affaires de l'industrie suisse du textile et de l'habillement en 2015. Alors que les exportations de textiles se sont contractées de 10,9% à 1,1 milliard de francs, celles de vêtements ont perdu 8,9%, à 727 millions.

"Les membres de notre fédération sont des PME à orientation internationale. Elles exportent 80% de leurs produits et emploient près de 50'000 personnes à l'étranger (contre 13'400 en Suisse)", a rappelé mardi Andreas Sallmann, selon la version écrite de son discours. Le président de la faîtière Swiss Textiles s'exprimait lors de la conférence de presse annuelle de la branche, organisée à Aarburg (AG) dans l'entreprise Zimmerli Textil.

Même si les carnets de commandes ont été bien remplis durant les douze mois sous revue, la suppression du taux plancher euro-franc a donc mis à rude épreuve les quelque 200 sociétés réunies au sein de l'association. Outre une érosion des marges, Swiss Textiles évoque une utilisation des capacités diminuée de 10% au cours des derniers mois. Avec 70%, elle est actuellement "au plus bas depuis des années", peut-on lire dans le communiqué.

Par ailleurs, près d'un membre sur dix de la faîtière a été contraint de s'inscrire au chômage partiel, de réduire les effectifs ou de délocaliser partiellement à l'étranger. Sondés le mois dernier sur leur situation commerciale courante, 15% des patrons la considéraient comme bonne, contre 51% comme neutre et 34% comme mauvaise.

Produits novateurs

Afin de garder la tête au-dessus de l'eau dans ce contexte difficile, la plupart des entreprises ont pris des mesures, relève l'association. Et de citer la hausse de l'efficacité de la production, la baisse de la consommation d'énergie ou encore la négociation des prix avec les fournisseurs.

Outre en optimisant leurs coûts, de nombreuses sociétés ont réagi par un surcroît d'efficience, la conquête de nouveaux marchés, ainsi que des produits novateurs. Swiss Textiles cite l'exemple de voitures truffées de textiles, des suspensions aux sièges en passant par les réservoirs à essence.

Supprimer les droits de douane

Malgré les efforts des membres de l'association, son directeur Peter Flückiger escompte pour 2016 "une stagnation des exportations et des emplois, ainsi qu'une poursuite des délocalisations insidieuses". Rien qu'au premier trimestre, les ventes hors des frontières se sont contractées respectivement de 2,2% pour les textiles et de 0,4% pour les vêtements.

Soucieuse de limiter la casse, Swiss Textiles revendique la suppression de tous les droits de douane sur les matières premières et intermédiaires. Selon l'organisation, une telle abrogation allègerait chaque année les coûts directs de la branche à hauteur de 10 millions de francs. Une somme à laquelle s'ajouterait celle liée à la simplification des procédures administratives.

sda-ats

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