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Un réfugié sur deux est une femme. Ici, Alice Escarti (à droite) avec la migrante Natsnet Berhane qu'elle accueille dans le cadre du projet de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) et de l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM)(archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Près de la moitié des plus de 60 millions de personnes qui fuient leur pays sont des femmes et des jeunes filles. L'Observatoire suisse du droit d'asile et des étrangers (ODAE) estime que les femmes obtiennent trop difficilement l'asile en Suisse.

Elles s'enfuient en raison des guerres ou parce qu'elles sont poursuivies pour des motifs religieux ou politiques, rappelle l'ODAE dans un rapport publié lundi. Elles quittent aussi leur pays d'origine, victimes de mariages forcés, de mutilations génitales ou de violences sexuelles et conjugales.

Mais le chemin de l'exil ne les met pas à l'abri. Si elles y survivent et parviennent en Suisse, elles ne sont pas encore tirées d'affaire. Ici, elles sont confrontées aux obstacles, qui jalonnent le parcours de l'asile. Souvent, leur situation spécifique n'est pas prise en compte et au final, elles n'obtiennent pas le statut de réfugiée.

L'auteure du rapport, Alexandra Büchler, dénonce que "les motifs de fuite invoqués par les femmes sont trop souvent catalogués comme des problèmes d'ordre privé". Pour Ruth-Gaby Vermot, présidente de l'ODAE, "les droits des femmes et des jeunes filles sont souvent bafoués, parce que la procédure de l'asile se réfère prioritairement à la situation d'un réfugié de sexe masculin".

Près de 40'000 demandes d'asile

En Suisse, 39'523 personnes ont déposé une demande d'asile en 2015. Parmi elles, 10'957 émanaient de personnes de sexe féminin. Et 489 demandes d'asile, c'est-à-dire presque le 5% de toutes les demandes présentées par des femmes, ont été déposées par des jeunes filles requérantes d'asile mineures non accompagnées.

L'ODAE va faire des propositions à Berne, qu'elles listent dans son rapport, pour tenter de changer la donne. Dans les grandes lignes, il insiste pour que la violence et les traumatismes subis par des femmes requérantes d'asile soient pris en considération dans la procédure d'asile.

Connaître les pays d'origine

En Suisse, la situation dans les infrastructures d'aide d'urgence, qualifiée d'inhumaine par l'ODAE, doit absolument être adaptée aux besoins des femmes et des enfants. Et les collaborateurs devraient être suffisamment formés aux spécificités des pays d'origine des migrantes exilées.

Il demande encore au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) de publier une statistique de l'asile séparée pour les hommes et les femmes. Celle-ci devrait contenir des informations détaillées sur les motifs de rejet des demandes d'asile.

http://beobachtungsstelle.ch

sda-ats

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