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Les Gagnaux, une famille mozambicaine (II)

Pierre Gagnaux et son fils Stany.

(swissinfo.ch)

René Gagnaux a été assassiné en 1990, dans les derniers jours de la guerre civile. Le gouvernement n’a jamais découvert les auteurs du crime.

Malgré cette disparition, ses enfants n’ont pas quitté le Mozambique. Ils s’y sont intégrés et y ont fondé une famille. L’un d'eux a même été candidat à la marie de Maputo.

Le 2 mai 1990, René Gagnaux est en route vers un village proche de son hôpital. Des témoins affirment qu’un groupe de jeunes armés l’ont obligé à descendre de son véhicule et l’ont fusillé.

Les auteurs de ce crime n’ont jamais été retrouvés. «Nous ne savons même pas s’il s’agissait de rebelles, de troupes gouvernementales voire de bandits. Dans la confusion de la guerre civile, tout était possible», déclare son fils Pierre.

Les funérailles du médecin suisse ont été suivies par sa famille, ses amis, mais aussi de ministres et également d’anciens patients. René Gagnaux a été incinéré et ses cendres ont été répandues dans le fleuve Incomati.

Une année plus tard, le médecin recevait à titre posthume la médaille Bagamoyo, la plus importante décoration du pays ainsi que la nationalité mozambicaine.

Action politique

Pour sa part, Luc Gagnaux (43 ans) a étudié la photographie, mais il travaille actuellement dans un grand supermarché de Beira, la seconde ville du Mozambique. Marié avec une Mozambicaine, il a deux enfants.

Le fils aîné, Philippe Arthur (44 ans) est celui des trois enfants qui semble avoir suivi les traces de son père. Après avoir étudié la médecine en Suisse, il a estimé que se contenter de soigner les malades n’était pas suffisant pour améliorer la situation des Mozambicains. A la médecine, il a donc ajouté l’action politique.

En 1998, Philippe a participé aux premières élections municipales jamais organisées au Mozambique. Nommée «Ensemble pour la ville», sa liste indépendante à réussi obtenir 30% des voix dans la capitale Maputo, grâce aux boycott des élections par le RENAMO.

L’un des membres les plus connus de cette liste, élu plus tard à l’Assemblée municipale de Maputo, était Carlos Alberto Cardoso. Ce célèbre journalisme mozambicain d’origine portugaise a été assassiné le 22 novembre 2000.

Selon la presse locale, il est mort pour avoir à fait une série de dénonciations dans les colonnes de son journal. Mais le crime n’a jamais été élucidé.

Lors des dernières élections municipales qui se sont déroulées en décembre 2000, Philippe Gagnaux s’est porté candidat à l’exécutif de Maputo. Il est arrivé au 3ème rang en recueillant 10% des voix.

Comme pour le reste de sa famille, sa relation avec sa terre d’adoption est forte. Il a épousé lui aussi une Mozambicaine et a trois enfants.

Sur la terre des ancêtres

Durant les pires années de la guerre civile, René Gagnaux avait envoyé ses enfants en Suisse pour y étudier et pour ne pas avoir à souffrir du rationnement. Son épouse également a passé quelques années hors du pays.

Cependant, malgré l’assassinat de René, la famille Gagnaux a décidé de rester et de s’établir au Mozambique.

Pierre Arthur Gagnaux (39 ans), est le benjamin de la famille et également le plus mozambicain. «Je suis le seul à être né au Mozambique et je parle les dialectes locaux comme le ronga et le xangana» explique-t-il dans le portugais clair et sans accent des habitants de Maputo.

Après avoir achevé une formation d’ingénieur naval à Lausanne, Pierre Arthur Gagnaux a décidé de retourner au Mozambique en 1991. «Je ne me sentais pas très bien sur la terre des mes ancêtres», déclare-t-il.

Marié pour la seconde fois avec une Mozambicaine, Pierre Arthur a deux enfants. Outre son travail comme chef de la logistique de la coopération suisse à Maputo, le mozambicano-suisse comme scénographe dans les productions cinématographiques mozambicaines.

«Ce n’est pas un travail que je fais très régulièrement, mais pour lequel j’ai une grande passion», déclare-t-il. Lors de ses prochaines vacances, il collaborera avec une équipe portugaise qui tourne un long-métrage à Maputo.

La veuve de René Gagnaux n’a pas non plus abandonné le Mozambique. «Elle a rencontré quelqu’un il y a quelques années et ils vivent maintenant ensemble dans un quartier de la banlieue de Maputo, raconte son fils Pierre. La vie continue.»

Des trois enfants de René Gagnaux, un seul vit en Suisse. Marc Arthur (44 ans) a épousé une Thaïlandaise et travaille comme ingénieur en mécanique à Genève. Le couple a un enfant.

swissinfo, Alexander Thoele
(Traduction du portugais: Olivier Pauchard)

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