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LUTTE CONTRE L'ÂGISME «Nous créons aujourd'hui notre discrimination future»

Una persona anziana e due bambini seduti attorno a un tavolo stanno conversando.

Il contatto intergenerazionale consente uno scambio benefico sia per gli anziani che per i bambini: è la via scelta da un gruppo di ricercatori per combattere stereotipi e discriminazioni fondati sull'età.

(Thomas Kern)

Il est plus répandu que le sexisme et le racisme et menace de frapper chacun d’entre nous. Pourtant la majorité des gens l'ignore: c'est l'âgisme, soit la discrimination fondée sur l'âge. Un groupe de chercheurs suisses veut maintenant lutter contre cette discrimination.

Professeur à la Haute école spécialiséeLien externe de Fribourg, Christian Maggiori est l'un des rares spécialistes de l'âgisme en Suisse. Avec son équipe de chercheurs, il développe un programme de sensibilisation à l'âgisme pour les enfants des écoles primaires.

Mais pourquoi les enfants ? «C'est parce que des études ont montré que tout ce qui concerne les stéréotypes, les images sociales, les préjugés que les gens peuvent avoir à l'égard de certains groupes de la population - en l'occurrence, les personnes âgées - est intégré dès le plus jeune âge. A partir de 12-13 ans, il devient pratiquement impossible de les supprimer. Bien que l'on puisse se rendre compte qu'un comportement donné est inadéquat, on ne peut pas éliminer ce qui est devenu un automatisme», répond Christian MaggioriLien externe.

Christian Maggiori

(unil.ch)

Auto-discrimination

Et le spécialiste d’ajouter: «Au fil des années, ces stéréotypes évoluent, se fortifient, mutent. Et quand on vieillit, on est victime des stéréotypes qu'on avait envers les personnes âgées. Or, ceux-ci déterminent l'image que la personne âgée a d'elle-même. En d'autres termes, nous créons aujourd'hui notre discrimination de demain.»

L'idée du projet intergénérationnel dirigé par Christian Maggiori est donc de «commencer très tôt à travailler avec les enfants, afin qu'à l'âge adulte, ils aient une image la plus correcte possible et la plus actuelle possible des personnes âgées.»

Les victimes ne le savent pas

En phase exploratoire, le projet a déjà reçu le Prix prestigieux Lien externede la Fondation Leenards. Le professeur se réjouit que les médias en aient parlé, car cela «nous a permis de donner de la visibilité au problème de l'âgisme, d'en discuter et d’entamer la sensibilisation de la population».

C'est précisément l'objectif de Christian Maggiori. Car l'autre grande particularité de l'âgisme, par rapport à d'autres discriminations, est l'ignorance du problème: «Souvent les victimes ignorent qu'elles le sont et les auteurs d'attitudes âgistes, même involontaires, ignorent qu'elles ont un comportement inadapté. Cela crée une sorte de cercle vicieux: on ignore, donc on sous-estime», souligne le chercheur.

L'ignorance des victimes a été clairement révélée par une étudeLien externe sur la relation entre l'âgisme et les décisions prises par les personnes âgées, menée par Christian Maggiori l'an dernier en Suisse romande. Environ 35% des personnes interrogées ont répondu par l'affirmative à la question générale de savoir si elles avaient connu une ou plusieurs situations de traitement injuste ou inadéquat lié à l'âge au cours de l'année précédente. Mais à une série de questions plus précises sur les traitements discriminatoires typiques liés à l'âge - par exemple, s'ils ont été traités comme des enfants ou si leur opinion a été ignorée en raison de leur âge - la proportion de ceux qui ont répondu qu'ils avaient vécu une ou plusieurs de ces situations est passée à 80%.

pyramide des âges
(OFS)

Lacunes du droit pénal

La Suisse n'est pas un cas isolé. Le chercheur rappelle qu'en 2008, une enquête européenneLien externe menée dans 28 pays, dont la Suisse, a révélé que l'âgisme est plus fréquent que le sexisme et le racisme, tant au niveau européen que suisse. Mais la Suisse est en retard par rapport à d'autres pays en termes de législation, observe le professeur, citant l'exemple de la France, où la discrimination fondée sur l'âge est punissable par la loi.

L'absence de moyens juridiques pour lutter contre les comportements liés à l'âge en Suisse est considérée comme une grave lacune par le professeur, qui se félicite du lancement prévu d'une initiative populaire pour y remédier. «Ce serait un pas important qui obligerait le gouvernement et le parlement à prendre position», commente-t-il. Sans compter le large débat qui permettrait enfin de sensibiliser collectivement sur l'importance de la question.

Un long travail en perspective

Ce n'est que récemment que le problème est sur la table. Une émergence probablement liée à l’accroissement des personnes âgées par rapport aux autres générations. Il devient donc de plus en plus urgent de s'attaquer au problème.

«Il y a tant à faire. Nous ne sommes qu'au début de notre connaissance des manifestations, des origines et des conséquences de l'âgisme. Mais nous savons clairement que l'âgisme est présent partout dans notre société, qu'il a un impact réel sur l'individu affecté, ainsi que sur l'ensemble de la société et son fonctionnement», dit le spécialiste.

(1)

graphique

L'évolution de l'âge médian de 1971 à 2017 indique le vieillissement constant de la population suisse.


Traduit de l'italien par Frédéric Burnand

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