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Les proches des blessés se sont massés devant l'hôpital de Gao.

KEYSTONE/AP/YACOUBA CISSE

(sda-ats)

Un attentat-suicide visant des combattants de groupes armés signataires de l'accord de paix au Mali a fait 77 morts mercredi à Gao, principale ville du nord du pays. Il a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"Le nombre de victimes à déplorer est de 77 morts", a dit le porte-parole de l'armée française, le colonel Patrik Steiger, lors d'un point presse à Paris. "Les opérations de secours continuent" pour les blessés, a-t-il ajouté.

Les combattants, appartenant à la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), ou à des groupes armés pro-gouvernementaux, se préparaient pour les patrouilles mixtes prévues par l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés.

Ces patrouilles, auxquelles doivent également se joindre des militaires maliens, sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire récente du Mali.

Revendiqué par Al-Qaïda

Le gouvernement malien a fait état de "cinq kamikazes" parmi les tués. Mais, dans sa revendication, le groupe du djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, rallié à Aqmi depuis plus d'un an, n'a cité qu'un auteur.

Il l'a identifié comme "Abdelhadi al-Foulani", indiquant son appartenance à l'ethnie peule, dans un communiqué publié par l'agence mauritanienne Al-Akhbar et par SITE, centre américain de surveillance des sites djihadistes.

Le même groupe avait déjà revendiqué l'attentat-suicide à la voiture piégée contre l'aéroport de Gao, à quelques centaines de mètres de là, le 29 novembre 2016.

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a évoqué "des dizaines de morts", ainsi que "des dizaines de blessés", précisant que le camp abritait 600 combattants. Des corps ont été déchiquetés et des membres projetés par l'explosion, très puissante, selon un témoin.

Condamnations

Le véhicule utilisé dans l'attentat était aux "couleurs du Mécanisme opérationnel de coordination" (MOC), chargé d'organiser ces patrouilles, a souligné le président malien, s'indignant de cette "manière traîtresse".

La médiation internationale et les parties signataires de l'accord ont condamné "un attentat lâche et meurtrier commis par les ennemis de la paix".

Le président français François Hollande, qui a effectué le 13 juin une visite symbolique à Gao aux troupes de la force antidjihadiste française Barkhane et aux militaires maliens, a condamné l'attentat qui a frappé "les forces regroupées pour participer au processus de patrouilles mixtes dans le nord du pays", réaffirmant le soutien français à l'accord de paix.

Les Etats-Unis ont eux aussi condamné le "lâche" attentat de Gao. "Nous condamnons aussi dans les termes les plus fermes tous les efforts pour faire dérailler l'application de l'accord de paix au Mali", a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, Peter Kirby.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni mercredi pour discuter de la situation au Mali, a estimé que "les retards continuels menacent la viabilité de l'accord".

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ATS