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Mali


Le CICR craint une extension du conflit


Par Matthew Allen, à Davos


De très nombreux Maliens ont déjà dû fuir les combats. (Keystone)

De très nombreux Maliens ont déjà dû fuir les combats.

(Keystone)

Les combats qui opposent les forces armées franco-maliennes aux groupes islamistes pourraient s’étendre aux pays voisins. En effet, les flots de réfugiés traversant les frontières exacerbent des tensions déjà existantes, avertit le président du Comité International de la Croix-Rouge Peter Maurer.

Toute la région sub-saharienne a connu une hausse du nombre des armes en circulation et des tensions politiques depuis les soulèvements du Printemps arabe il y a deux ans. Le 11 janvier, l’armée française est intervenue en soutien du gouvernement malien, afin de stopper l’avancée de groupes islamistes en provenance du nord vers la capitale Bamako.

Désormais, des pays tels que le Nigéria, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Niger sont devenus des zones à risque.

Présent au Forum économique mondial (WEF) de Davos, le président du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) Peter Maurer a fait part de ses préoccupations dans une interview accordée à swissinfo.ch.

swissinfo.ch: En 2010, les soulèvements du Printemps arabe avaient été perçus comme le signal de temps meilleurs pour la région. Aujourd’hui, craignez-vous que la situation tourne mal?

Peter Maurer: Le fait que les changements n’aient pas toujours été suivis d’effets positifs, mais qu’ils aient aussi entraîné bon nombre de problèmes, ne constitue pas une grande surprise. Les transformations politiques et les vides de pouvoir ont aussi souvent pour résultat des conflits et des tensions.

Des problèmes liés au Printemps arabe sont apparus dans des pays comme la Libye, et particulièrement au sud du Sahara. Toute cette région a vu l’augmentation du nombre d’armes et de conflits, ce qui nous préoccupe beaucoup.

Le CICR devra consacrer davantage de temps, d’énergie et de ressources à cette région, parce que je m’attends à voir d’autres conflits émerger.

swissinfo.ch: Nous assistons actuellement à une guerre au Mali. Quels sont les autres pays qui vous préoccupent?

P. M. : Des pays vulnérables comme le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Nigéria sont tous exposés aux conséquences directes du déplacement de réfugiés en provenance du Mali.

Ces pays sont confrontés à davantage de tensions qu’avant le conflit au Mali. Ils ont clairement indiqué que leurs économies et leurs systèmes politiques ont été mis sous pression par l’afflux des dizaines de milliers de personnes fuyant ce pays. Nous nous attendons donc à de nouveaux conflits sous une forme ou sous une autre.

swissinfo.ch: Quelle est la situation actuelle sur place, au Mali?

P. M. : Il est très difficile de dire selon quel schéma le conflit va évoluer. Certains combattants semblent tout simplement s’évanouir dans le désert. Nous ne savons pas s’il y aura de grandes batailles.

Nos équipes sont sur place, à Mopti et dans d’autres régions, et tentent d’accéder à des zones où des combats ont récemment eu lieu. Elles nous indiquent que des gens ont fui la montée de la violence, mais qu’il n’y a pas de déplacements de masse. Des blessés sont aussi arrivés, mais pas en grand nombre.

swissinfo.ch: La Syrie représente également un pays prioritaire pour le CICR. Quelle est la situation en ce moment?

P. M. : Nous y sommes confrontés à une extension du conflit et à une augmentation de la violence armée. Où que nous allions, nous constatons une profonde crise humanitaire et d’énormes besoins émanant de la population.

Au milieu de l’année dernière, les combats étaient encore assez sporadiques, mais ils sont désormais omniprésents. Nous voyons aussi des groupes qui combattent pour des motifs religieux ou ethniques, ce qui ne correspond pas vraiment aux clivages d’origine.

L’an dernier, nous avons été en mesure de fournir de l’eau potable à environ 15 millions de Syriens et nous avons distribué des vivres à presque 3 millions. Ceci dit, nous devons faire davantage, mais le niveau de sécurité ne nous permet pas l’accès nécessaire aux victimes.

swissinfo.ch: Quels sont les points positifs émanant du Printemps arabe que le CICR a pu constater?

P. M. : Nous voyons beaucoup de changements positifs, par exemple en Tunisie. Mais notre travail ne s’arrête pas avec la mise en place d’une transition démocratique. Nous avons ainsi désormais accès aux prisons libyennes, de sorte que nous pouvons procéder à une grande opération de contrôle des conditions de détention. C’est un travail différent de celui effectué précédemment, mais qui revêt pour nous des connotations positives.

Il s’agit d’une redéfinition de notre engagement humanitaire et non pas de sa fin.


(Traduction de l'anglais: Olivier Pauchard), swissinfo.ch

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