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Manuel Valls, socialiste français, fils de Luisangela

Manuel Valls, tessinois par sa mère, pourrait être le candidat du parti socialiste français à la présidence en 2012.

(swissinfo.ch)

Manuel Valls vient de sortir un livre «Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche». Ce «jeune loup» du parti socialiste, maire d'Evry et député de l'Essonne en région parisienne, veut réformer le parti. Portrait d'un français aux origines multiples... notamment helvétiques.

- «Parlez-moi de votre mère...»
- «Ouhla! Ciel! Je ne savais pas que j'étais chez une psy!», lâche, surpris, Manuel Valls. Mais l'animal politique ne se laisse pas déstabiliser longtemps. Déjà le jeune ténor du parti socialiste enchaîne: «elle est tessinoise... les Galfetti... les Gobe...elle a 70 ans maintenant».

Et de décrire cette femme, Luisangela, «très méditerranéenne, excellente skieuse», qui a quitté la Suisse à 20 ans. «Mon oncle, Aurelio Galfetti, est resté en Suisse, il est architecte. Il a restauré le Castel Grande de Bellinzone»... Le député-maire d'Evry vient de passer en pilote automatique.

Il faut dire que ce quadragénaire du PS a l'habitude des médias. Avec la sortie de son livre en pleine guerre des chefs à la tête du PS, le député-maire n'a jamais été autant sollicité par les commentateurs politiques français. Sur le petit écran ou dans la presse, il enchaîne les interviews.

Dans ces conditions, difficile d'obtenir un rendez-vous quand on se présente comme journaliste suisse (il aura fallu un mois et demi d'appels quasi quotidiens à son assistante pour obtenir une demi-heure dans son bureau de l'Assemblée Nationale à Paris). Mais enfin, le voici, celui qui pourrait être un des candidats à la présidence en 2012 : un député en habits de travail – chemise blanche, à fines rayures, et cravate rose – un visage méditerranéen au menton marqué, d'où ressortent des yeux bleus, décidés.

Fils d'un Espagnol... et d'une Tessinoise

De Manuel Valls, on connaît surtout les origines catalanes : ce père artiste peintre qui arrive en France dans les années quarante pour échapper à l'ambiance de plomb du régime franquiste. Quand le maire d'Evry parle de sa «double culture», il fait référence à la France et à l'Espagne (le petit Manuel est d'ailleurs né à Barcelone et ne deviendra français qu'en 1982).

Mais c'est aussi un enfant de Biasca et Ludiano, les villages de ses grands-parents, au Tessin. «J'y suis beaucoup allé, quand j'étais gamin. Ma grand-mère nous accueillait. J'aimais beaucoup les balades, les dîners dans les grotti, les petites chapelles le long des chemins de montagne, au milieu des chèvres... presque une 'carte postale Heidi' côté italien».

Un voyage qu'il a effectué avec ses propres enfants en louant quelques années de suite une maison au-dessus de Ludiano. «J'essaie de passer en Suisse de temps en temps, voir le cimetière de mes grands-parents. Cette région est toujours présente dans ma mémoire, comme une musique douce, agréable, familiale...»

Mais au-delà du lieu de villégiature, il ne lui reste plus grand lien avec la Suisse. La politique? il la suit de très loin. Le passeport? il aurait pu l'acquérir, il y a une quinzaine d'années, lors d'une révision de la loi sur la nationalité.

Mais ne l'a pas fait : «Je ne voyais pas ce que ça pourrait m'apporter». Reste la culture italienne, la langue italienne – qu'il comprend, même si autour de la table familiale, on parlait espagnol et catalan.

Politicien, avant d'être français!

A 17 ans, le jeune Valls étudie l'histoire à la Sorbonne. C'est là qu'il rencontre l'amour de sa vie: la politique. Il commence alors comme animateur d'un syndicat étudiant, quelques années avant sa naturalisation! Il devient le plus jeune conseiller régional de son époque, travaille avec deux premiers ministres, est élu maire, et devient enfin député. Un parcours sans faute.

«C'est quelqu'un de très solitaire. Déterminé. Audacieux. Il possède une grande capacité à ne pas trop tenir compte de l'opinion d'autrui et c'est ce qui fait sa force», explique le socialiste Jean-Paul Huchon, qui le connaît depuis son passage au cabinet de Michel Rocard, premier ministre en 1988, l'un de ses premiers postes à responsabilité.

Mais Valls peut aussi déranger. «Trublion d'Evry», «électrochoc pour socialistes», «la relève», c'est ainsi que les médias parlent de lui. Car le maire d'Evry défend des positions atypiques pour le parti socialiste: 'oui' aux quotas d'immigration, à l'allongements des années de travail ou encore aux sélections à l'entrée de l'université. Des positions défendues par la droite actuellement au pouvoir. D'ailleurs, les mauvaises langues le surnomment le «Sarko de gauche».

Ces prises de position, il les assume au quotidien dans sa commune. Ses leitmotivs: sécurité et laïcité. A Evry, une ville jeune et populaire de la banlieue parisienne, il double la police municipale, approuve l'instauration du couvre-feu lors des émeutes de novembre 2005 et s'oppose à un supermarché qui ne vend que des produits halal.

Atypique mais toujours socialiste

Celui qui a refusé une place dans le gouvernement actuel – Nicolas Sarkozy avait voulu le débaucher lors de «l'ouverture» aux personnalités du centre et de gauche - se veut réformateur au sein de son parti.

Sa dernière suggestion: changer le nom du PS. «Le socialisme, ça a été une merveilleuse idée, une splendide utopie. Mais c'était une utopie inventée contre le capitalisme du 19ème siècle! [...] C'est juste devenu un mot-prison qui empêche d'avancer», écrit-il dans son livre. Des propositions pour renommer le parti? Il se garde bien d'en faire.

Quel que soit son nom, «la gauche a encore de beaux combats devant elle», assure-t-il. Et pour ce fils d'immigrés, la priorité devrait être la lutte contre les inégalités modernes - les inégalités de nom, de couleur, d'adresse.

swissinfo, Miyuki Droz Aramaki, Paris

Faits

Naissance en 1962 à Barcelone, d'un père artiste peintre espagnol réfugié en France et d'une mère tessinoise.

Il adhère au parti socialiste à 17 ans - trois ans avant d'acquérir la nationalité française!

Lorsqu'il est étudiant en histoire à Paris, il anime le syndicat étudiant socialiste, l'UNEF-ID, et rejoint les réseaux rocardiens.

En 1986, il est élu conseiller régional d'Île-de-France. A 24 ans, c'est le plus jeune à occuper cette fonction dans le pays.

Deux ans plus tard, il intègre le cabinet de Michel Rocard, alors Premier ministre, en tant que conseiller pour les affaires étudiantes.

En 1997, c'est Lionel Jospin qui l'appelle à Matignon. Manuel Valls devient son chargé de la communication et de la presse.

Aux législatives de 1997, il subit une défaite à Argenteuil face au communiste Robert Hue.

En 2001, il est élu maire d'Evry, une ville de 50'000 habitants, ancrée à gauche, en banlieue parisienne. L'année dernière, 60% des votants l'ont réélu à ce poste.
Depuis 2002, il est aussi député de l'Essonne, réélu en 2007.

Au PS, il appartient à l'aile droite du parti, dite «blairiste» ou sociale-démocrate. Il appelle à la refondation du parti, à la conciliation entre la gauche et la pensée libérale.

«Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche» est le troisième livre de Manuel Valls.

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