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Un taux de participation élevé a été enregistré dans de nombreux bureaux de vote.

KEYSTONE/EPA/RAED QUTENA

(sda-ats)

Les Koweïtiens ont voté samedi en grand nombre pour les élections législatives. Elles ont été marquées par le retour de l'opposition dans un émirat agité depuis des mois par la réduction des subventions gouvernementales, consécutive à la chute des revenus pétroliers.

Un taux de participation élevé a été enregistré dans de nombreux bureaux de vote, certains faisant état d'une participation de 80% à leur fermeture (18h00 en Suisse), selon la télévision d'Etat. Les résultats définitifs ne seront pas annoncés avant dimanche matin.

Ce scrutin législatif voit le retour de la plupart des groupes de l'opposition, dont les islamistes. Ils avaient boycotté les deux précédentes élections.

Des électeurs disent d'ailleurs avoir été encouragés par leur retour. Les deux précédents scrutins législatifs avaient été largement boudés par la population.

"Le retour de l'opposition (au Parlement) est nécessaire pour trouver un équilibre politique", assurait Ibrahim Al-Tulaihi, venu voter au sud de la capitale Koweït. "Ils sont plus à même de surveiller les actions du gouvernement."

Mesures d'austérité

Le scrutin de samedi fait suite à la dissolution du Parlement le 16 octobre, provoquée par une fronde de députés à la suite des mesures d'austérité et, en particulier, l'augmentation des prix des produits pétroliers. Ce thème a été au coeur de la campagne électorale.

"Le prochain Parlement doit empêcher le gouvernement d'augmenter les prix", explique Maasooma Abdallah, retraitée, à la sortie d'un des bureaux de vote du pays, où des espaces distincts sont réservés aux quelque 483'000 hommes et femmes appelés à voter.

Dans ce pays de 4,4 millions d'habitants, dont 70% d'étrangers, qui se targue d'avoir été la première monarchie du Golfe dotée d'un système parlementaire (en 1962), le Parlement dispose de certaines prérogatives, notamment de contrôler l'action du gouvernement et des ministres.

Trente membres de l'opposition

Mais le pouvoir réel demeure entre les mains de la famille Al-Sabah, qui règne depuis 250 ans.

Trente personnalités de l'opposition parmi les 293 candidats, dont 14 femmes, sont en compétition pour les 50 sièges du Parlement et leurs résultats constituent l'un des enjeux du scrutin.

La moitié des candidats de l'opposition sont issus de mouvements islamistes, le reste étant des nationalistes et des libéraux.

Etat-providence remis en cause

Lors de rassemblements électoraux, des opposants ont appelé à de vastes réformes démocratiques, à la lutte contre la corruption et à la justice sociale.

Ils ont notamment critiqué les mesures d'austérité et la réduction des subventions gouvernementales, décidées pour faire face à la chute des revenus pétroliers. C'est justement la remise en cause de l'Etat-providence qui a fédéré candidats de l'opposition et progouvernementaux durant la campagne.

Quelle que soit l'issue du scrutin, le prochain gouvernement sera dirigé par une personnalité influente de la famille Al-Sabah. Les postes-clés des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense ont ainsi toujours été détenus un de ses membres.

sda-ats

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