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Multilatéralisme Retrait américain du Conseil des droits de l’homme: une «triste» décision

Comme l’Union européenne ou la Chine, la Suisse déplore la sortie des Etats-Unis du Conseil des droits de l'homme, basé à Genève. Seul Israël s’en félicite. L’ancienne ministre suisse Micheline Calmy-Rey a dénoncé la politique opposée à la coopération internationale du président américain Donald Trump.  

Les réactions se sont multipliées après que les Etats-Unis aient annoncé mardi leur décision de sortir du Conseil des droits de l’homme (CDHLien externe) de l’ONU. L'ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a entre autres estiméLien externe que cette institution avait une position partisane défavorable à Israël. Elle a aussi accusé la Russie, la Chine, Cuba et l'Egypte de s'être opposés à la volonté des Etats-Unis de réformer le Conseil.

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Le gouvernement helvétique «regrette» la décision américaine. «La Suisse est convaincue qu’un engagement actif des Etats-Unis aux travaux du Conseil a un effet positif sur la situation des droits de l’homme dans le monde», a estimé mercredi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAELien externe) dans un communiqué. Il précise toutefois que la Confédération respecte cette décision souveraine. «On doit s'attendre à d'importantes conséquences pour le Conseil», a quant à lui expliquéLien externe l'ambassadeur suisse auprès de l'ONU à Genève Valentin Zellweger.

«Dans la continuité de la politique de Donald Trump»

Interviewée par la Radio Télévision Suisse (RTS), l’ancienne ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a estimé que le retrait américain s'inscrit «dans la continuité de la politique de Donald Trump», citant notamment la sortie des accords de Paris ou de l'Unesco. «Il est triste de voir que le président des Etats-Unis mène une politique opposée au multilatéralisme et à la coopération internationale», a-t-elle déclaré.

«On doit s'attendre à d'importantes conséquences pour le Conseil»
Valentin Zellweger

Fin de la citation

Micheline Calmy-Rey a toutefois concédé que le CDH est «perfectible, en particulier sur le point de la critique systématique d'Israël». Pourtant, les corrections proposées par les Etats-Unis «ne vont pas du tout dans le sens» de la construction du Conseil, a-t-elle souligné.

Peu d'éloges, beaucoup de critiques

Israël est le seul Etat à s’être félicité de la décision américaine de se retirer du CDH. «Depuis des années le CDH a prouvé qu'il était une organisation anti-Israël biaisée, hostile qui a trahi sa mission de défense des droits de l'Homme», ont déclaré les services du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

L'Union européenne (UE) a déclaré que la décision de Washington «risquait de saper le rôle des Etats-Unis en tant que champion de la démocratie». La Chine, bien que souvent ciblée par des défenseurs des droits de l'homme, s'est dite «déçue» par l'annonce américaine.

Human Rights WatchLien externe a admis que le CDH avait «des défauts», notamment celui d’inclure des pays qui violent les droits de l'Homme comme la Chine, l'Arabie saoudite et le Venezuela. L’ONG a toutefois qualifié le retrait des Etats-Unis de «contre-productif», estimant qu’il risque de donner plus de possibilités, par exemple à la Chine, «de compromettre les mécanismes des Nations Unies pour la défense des droits de l'Homme».  Un point de vue partagé par Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty InternationalLien externe.

Un moment critique

Le retrait américain intervient à un moment où les Etats-Unis sont vivement critiqués pour leurs pratiques migratoires. Plus de 2000 enfants ont été séparés de leurs parents depuis l'entrée en vigueur en avril de la politique dite de «tolérance zéro». 

Ces images d’enfants en pleurs ont notamment fait scandale:

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Les Etats-Unis et le Conseil: une relation houleuse

Le Conseil des droits de l'homme se réunit trois fois par an pour examiner les violations des droits de l'homme dans le monde. Il dispose d'enquêteurs indépendants pour examiner des situations telles que la Syrie, la Corée du Nord, la Birmanie ou le Soudan du Sud. Ses résolutions ne sont pas juridiquement contraignantes mais portent une autorité morale.

Lorsque le Conseil a été créé en 2006, l'administration du président républicain George W. Bush n'en avait pas voulu.

Sous le président Barack Obama, les États-Unis ont été élus pour un maximum de deux mandats consécutifs au conseil par l'Assemblée générale des Nations unies. Après une année d'absence, les Etats-Unis ont été réélus en 2016 pour son troisième mandat qui est en cours.

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swissinfo.ch/kr avec l'ats et la RTS (12h45 du 20.06.2018)

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