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Neuf lignes internationales de Swisscom mises sur écoute

Le scandale des écoutes de la NSA touche aussi la Suisse. Les Verts demandent des comptes au Conseil fédéral et au Ministère public de la Confédération (MPC). Ils se réservent également le droit de déposer plainte.

"Le Service fédéral de renseignement allemand (BND) a écouté, pour le compte de la NSA, neuf lignes internationales de Swisscom avec des terminaux à Zurich et Genève", a indiqué mercredi devant les médias à Berne le député vert au Parlement autrichien, Peter Pilz. Les données transitaient notamment entre Genève et Prague.

De son côté, Swisscom n'a aucun renseignement sur une potentielle écoute illégale par les services secrets internationaux, a expliqué le numéro un suisse des télécommunications à l'ats. L'entreprise n'a aucun contrat avec des pays étrangers qui autorisent les écoutes.

Elle ne peut cependant protéger ses communications que sur son propre réseau. Swisscom ne peut fournir aucune garantie pour les données qui quitteraient son réseau.

La Genève internationale en danger

Forts de ce constat, les Verts demandent des éclaircissements au Département fédéral de la défense. Ils vont profiter de la session d'été pour poser différentes questions, dont celle de savoir si les renseignements suisses étaient au courant de cette pratique.

Les interrogations portent aussi sur les cibles de cette surveillance. S'agissait-il d'entreprises ou encore de diplomates à Genève? "Si tel est le cas, nous pensons que cette manière de faire est illégale", a précisé Regula Rytz, co-présidente des Verts. Pour le conseiller national vert zurichois Balthasar Glättli, le statut de la Genève internationale est mis en danger par ces écoutes.

"La surveillance s'est opérée via Swisscom même s'il n'est pas exclu que d'autres opérateurs soient touchés", a souligné Peter Pilz. Les Verts désirent donc également vérifier si les contrats de l'entreprise aux mains de la Confédération interdisent l'espionnage.

"Non" à la loi sur le renseignement

Au vu des conditions actuelles, les Verts s'opposent à la loi sur le renseignement (LRens). "La nouvelle législation fournit au Service de renseignement de la Confédération des nouvelles compétences difficilement contrôlables", estime la co-présidente du parti.

Selon Balthasar Glättli, la nouvelle loi obligera, en outre, les exploitants de réseau et les opérateurs télécom à renoncer à tous les cryptages qu'ils mettent en place pour protéger leurs clients des intrusions extérieures.

"S'il convient de lutter efficacement contre le terrorisme, cet espionnage ne doit pas se faire au détriment de la protection de la sphère privée", conclut Balthasar Glättli.

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