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La situation à Idleb préoccupe la Commission d'enquête indépendante sur la Syrie (archives).

KEYSTONE/AP Syrian Civil Defense White Helmets

(sda-ats)

Les pays influents seraient coresponsables d'un "massacre" à Idleb, selon la Commission d'enquête indépendante de l'ONU. Au détour d'un rapport, le président de l'instance a lancé une pique mercredi à Genève contre son ex-collègue Carla Del Ponte.

Ces derniers jours, avant une possible offensive généralisée, l'aviation russe a mené des frappes à Idleb et des hôpitaux ont été visés. "Il y a des indications" sur la persistance d'attaques contre des infrastructures civiles et des centres de santé, a dit devant la presse le président de la Commission Paulo Sergio Pinheiro. "Nous enquêtons", a renchéri un autre membre, Hanny Megally.

Dans une déclaration en marge de leur nouveau rapport, les trois représentants appellent les parties à ne pas prendre l'"excuse" de la présence de 10'000 terroristes dans cette ville pour un "massacre" contre les civils. La Commission revient aussi notamment sur les nombreux autres groupes armés qui sont arrivés à Idleb après avoir pu quitter d'autres zones au terme d'accords avec le gouvernement.

"Pendant des mois", elle a alerté sur le problème de rassembler toutes ces factions dans une région, "une bombe à retardement" selon M. Pinheiro. Le président estime que les pays influents auprès des parties en conflit, qui ont soutenu ces déplacements de groupes armés, partagent la responsabilité d'éviter de nombreux décès en tentant de trouver une solution politique à Idleb.

"Inexcusable" pour les civils

Plus largement, si la situation dans cette ville venait à répéter celle observée à Raqa ou dans la Ghouta orientale, "ce serait un échec" important pour la communauté internationale, insiste M. Megally. Lundi, le chef des affaires humanitaires de l'ONU avait mis en garde contre la "pire catastrophe humanitaire du 21e siècle" en cas d'offensive généralisée dans les prochains semaines.

Plus largement, le rapport de la Commission conclut que de nombreux crimes de guerre ont été perpétrés entre mi-janvier et mi-juillet en Syrie. Elle relève un niveau de déplacements "sans précédent" en sept ans de conflit en Syrie, plus d'un million de personnes. Les affrontements ont été intenses dans six régions, dont Idleb.

"La plupart des batailles ont été marquées par des crimes de guerre", affirme l'instance. Elle mentionne des attaques indiscriminées, des assauts contre des sites protégés par le droit international humanitaire (DIH), le recours à des armes chimiques ou encore les déplacements forcés. Certaines armes chimiques auraient été fabriquées en Iran et adaptées en Syrie.

Aussi bien les forces pro-gouvernementales que les groupes rebelles, notamment les Kurdes, sont critiqués. "Il est entièrement inexcusable qu'aucune partie à ce conflit n'honore ses obligations à l'égard des civils déplacés", dit M. Pinheiro. Au total, plus de 6,5 millions de personnes ont fui les violences en Syrie sans pour autant se réfugier dans d'autres pays.

Maintien "illégal" sur des sites

Dans trois régions, les déplacements ont aussi été provoqués par des trêves locales. Ces "accords d'évacuation" forcée de civils avaient déjà été considérés comme des crimes de guerre par les trois enquêteurs. De janvier à juillet, des "dizaines de milliers de personnes" ont été affectées, ajoute une membre de la Commission, Karen AbuZayd.

Dans certaines zones contrôlées par le gouvernement près de la Ghouta orientale, des milliers de personnes restent maintenues de manière illégale dans des sites surchargés. Les violences ont détruit "si lourdement" des territoires qu'un retour de civils ne peut être prévu pour le moment, selon la Commission.

Autre question, celle des droits de propriété des personnes déplacées. Certains considèrent qu'une récente loi controversée constitue un moyen de dissuader les réfugiés de rentrer en Syrie.

Les trois enquêteurs recommandent qu'un tribunal indépendant aborde ces questions. Ils souhaitent que les femmes soient associées sur un pied d'égalité à ces discussions. En cas d'impossibilité de récupérer un bien, des compensations devront être établies.

M. Pinheiro s'en est aussi pris à la Tessinoise Carla Del Ponte qui s'était retirée il y a un an de la Commission en déplorant que le Conseil de sécurité ne saisisse pas la Cour pénale internationale (CPI). Celle-ci "n'a jamais vraiment compris ce qu'était une Commission d'enquête", a-t-il affirmé. Ni un bureau du procureur ni un tribunal, a-t-il aussi ajouté.

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ATS