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Affaire Kadhafi: la solidarité critique de l’Europe

Pour le chef de la diplomatie autrichienne Michael Spindelegger, l’UE a montré à Tripoli un ‘important signe de solidarité’ avec la Suisse.

(Reuters)

Les pays de l’Union européenne ont affiché lundi leur solidarité avec la Suisse dans l’affaire Kadhafi, ce qui lui a peut-être permis d’éviter le pire: une prise d’assaut de son ambassade à Tripoli par la soldatesque libyenne. Certains d’entre eux n’ont toutefois pas ménagé leurs critiques à l’encontre de Berne.

C’est le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, qui l’a affirmé lundi, à l’issue d’une réunion des chefs de la diplomatie de l’UE: dimanche soir, la Libye était prête à prendre d’assaut l’ambassade de Suisse à Tripoli.

C’est grâce à l’intervention de plusieurs Etats membres de l’UE (l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas) qui ont dare-dare dépêché leurs ambassadeurs sur place, dimanche soir et lundi matin, que Tripoli n’a pas mis sa menace à exécution, soutient Vienne.

«Memorandum of understanding»

C’est une expression de la «solidarité» que l’UE a témoignée à Berne dans l’affaire Kadhafi, depuis qu’elle a pris une dimension européenne. L’Espagne, qui occupe actuellement la présidence du club communautaire, et l’Allemagne ont de leur côté insisté lundi sur les efforts qu’ils ont entrepris – des négociations ont encore eu lieu à Berlin, ce week-end - afin de trouver une issue diplomatique à la crise.

Dans ce contexte, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a remis à ses homologues européens un projet de «memorandum of understanding» (MOU) daté du 18 février, qui n’a toutefois pas été signé (lire ci-contre).

Membres de la nomenklatura libyenne

Le différend entre la Suisse et la Libye s’est «européanisé» après que Tripoli eut annoncé, le 14 février, son intention d’interdire d’entrée sur son territoire tous les ressortissants des pays membres de l’espace Schengen, y compris ceux qui disposaient déjà d’un visa en bonne et due forme à ce moment-là – en réalité, explique un diplomate, la Libye a surtout filtré les arrivées d’hommes d’affaires, «à la tête du client».

Pour Tripoli, il s’agissait ainsi de riposter aux mesures que la Suisse avait elle-même adoptées, à l’automne de 2009, à l’encontre de plusieurs centaines de Libyens, qu’elle a privés du droit de circuler dans l’espace Schengen.

D’une part, Berne a introduit dans le Système d’information Schengen les noms de quelque 150 membres de la nomenklatura libyenne qui, selon elle, représentent une menace pour l’ordre public. D’autre part, elle a actionné une procédure, dite de consultation, qui lui a permis de s’opposer à l’octroi, par ses partenaires européens, de visas valables pour l’ensemble de la zone Schengen à 270 autres Libyens, en 2009. Ils n’ont pu bénéficier que de visas «à territorialité limitée» - celle du pays qui les ont accordés.

La Suisse a-t-elle abusé politiquement de Schengen?

Malte et l’Italie, qui ont d’importants intérêts économiques à défendre en Libye, ont réitéré lundi les critiques que leur avait déjà inspirées cette façon de faire helvétique. Elles l’accusent d’avoir politiquement abusé du système Schengen en vue de résoudre un différend purement bilatéral.

L’Allemagne et la France, au contraire, ont pris la défense de Berne: «Le sort des citoyens suisses (bloqués) en Libye mérite qu’on montre notre solidarité (avec Berne)», a notamment commenté le secrétaire d’Etat allemand aux Affaires étrangères, Werner Hoyer. «Je n’arrive pas à mettre sur le même pied un pays démocratique et un pays qui ne l’est pas», a pour sa part souligné son homologue français, Pierre Lellouche.

Révision en perspective

Tous se sont malgré tout entendus pour reconnaître qu’avant d’établir sa «liste noire», la Suisse aurait peut-être mieux fait de recueillir l’assentiment des autres pays de la zone Schengen – ils se plaignent de n’avoir été qu’informés de la décision unilatérale de Berne.

Dans ce contexte, a annoncé la nouvelle cheffe de la diplomatie européenne, la Britannique Catherine Ashton, les Etats membres de la zone Schengen se pencheront dès jeudi la question d’une possible révision des règles en matière d’octroi - et de refus - des visas.

Tanguy Verhoosel, Bruxelles, swissinfo.ch

Le compromis mort-né de Madrid

Compromis. Sous l’égide de l’Espagne, un compromis destiné à mettre fin à la crise entre la Libye et la Suisse avait été négocié le 18 février à Madrid. Selon nos informations, c’est le «frère guide», Mouammar Kadhafi, qui s’est opposé à sa signature.

1er temps. Dans un premier temps, prévoyait ce «Memorandum of understanding» (MOU) mort-né, la Suisse aurait supprimé sa «liste noire» et se serait engagée à ne plus s’opposer «systématiquement» à l’octroi de visas Schengen aux Libyens. La Libye, de son côté, aurait libéré Max Göldi et Rachid Hamdani, qui auraient pu quitter tous les deux le territoire libyen.

2e temps. Dans un deuxième temps, Tripoli et Berne auraient levé «toutes les autres restrictions mises en place après le 15 juillet 2008» et confié au gouvernement allemand la présidence d’un comité d’arbitrage sur «l’incident» qui a eu lieu ce jour-là – l’arrestation d’Hannibal Kadhafi à Genève.

3e temps. Troisièmement, la Suisse aurait exprimé ses «sincères regrets» suite à la publication des photos d’Hannibal Kadhafi dans la «Tribune de Genève», le 4 septembre. Suivant un calendrier précis, elle se serait engagée à retrouver, traîner en justice et sanctionner, pénalement et financièrement, les auteurs de la fuite.

Espagne. Enfin, l’Espagne aurait été chargée de surveiller la bonne application du MOU.

T. V.

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