Justice internationale Carla Del Ponte: «Bachar al-Assad est au top des criminels»


Par
Frédéric Burnand avec les agences


Carla Del Ponte, lors de la présentation à Genève du dernier rapport de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie.

Carla Del Ponte, lors de la présentation à Genève du dernier rapport de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie.

(Keystone)

La commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a présenté mercredi un rapport accablant sur la bataille d’Alep achevée en décembre 2016. Membre de la commission, la suissesse Carla Del Ponte estime que le président Bachar al-Assad doit absolument être jugé.

Sur 37 pages, le rapport de la commissionLien externe établie par le Conseil des droits de l’homme en 2011 (quelques mois après le début du conflit) documente les exactions commises tant par les groupes armés rebelles que les forces gouvernementales syriennes et leur allié russe.

«Toutes les parties ont commis de graves violations des lois humanitaires internationales constitutives de crimes de guerre», conclut le rapportLien externe qui couvre la période allant du 21 juillet, date du début du siège d'Alep par les forces du régime, au 22 décembre 2016, reprise de la ville.

Pour la première fois, la commission présidée par le Brésilien Paulo Pinheiro met directement en cause le régime dans le bombardement d'un convoi humanitaire en septembre près d'Alep. «Tous les rapports, images satellites, témoignages et expertises médico-légales sur le terrain (...) impliquent les forces syriennes», selon ce rapport, qui accuse ces dernières d'avoir «ciblé délibérément» le convoi. Damas a toujours démenti son implication, tout comme la Russie.

Rapport après rapport, la commission a documenté la responsabilité écrasante du régime de Bachar al-Assad dans les atrocités commises. «Cela fait six ans qu'il est responsable d'un grand nombre de morts civils. Il faut absolument juger Assad. Il est au top des criminels», déclare Carla Del Ponte dans un entretienLien externe accordé à la RTS.

De fait, Carla Del Ponte est connue pour sa ténacité et son franc-parler. Une réputation établie dès ses débuts comme procureure du canton du Tessin, puis de la Confédération suisse dès 1994.

Nommée en 1999 par le Conseil de sécurité des Nations unies au poste de procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Carla Del Ponte acquière une renommée internationale et devient l’une des stars d’une justice internationale en plein développement.

Forte de cette expérienceLien externe, elle est nommée le 28 septembre 2012, au sein de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie constituée de quatre enquêteurs. 

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